Un million d’utilisateurs européens ont quitté Facebook au deuxième trimestre

jeudi, 01.11.2018

Empêtré dans une accumulation de polémiques, Facebook a confirmé le ralentissement de sa croissance au troisième trimestre 2018. Si le nombre d’utilisateurs global continue de progresser (+9% en un an), ce n’est pas le cas sur le marché européen.

Les utilisateurs européens actifs par mois sont passés de 377 millions à 375 millions.(keystone)

Apeurés par les mauvaises pratiques de Facebook en matière de protection des données personnelles, deux millions d’utilisateurs européens se sont détournés en l’espace d’un an du roi des réseaux sociaux, et ce pour le deuxième trimestre consécutif.

Les utilisateurs européens actifs par mois sont passés de 377 millions à 375 millions. Facebook a donc perdu 1 million d’utilisateurs actifs à chaque trimestre de 2018. Attention, ces chiffres ne veulent pas dire que ces personnes ont tout bonnement supprimé leurs comptes. Ces dernières ont été moins présentes sur le réseau, ce qui dans un second temps pourrait amener à une suppression complète du profil.

Le chiffre d’affaires annoncé par Facebook a également déçu les marchés, évitant tout de même une catastrophe boursière comme celle qu’il a connue cet été avec une perte de 120 milliards de capitalisation boursière en une seule séance. Du jamais vu à Wall Street.

Facebook a enregistré un chiffre d’affaires à 13,727 milliards de dollars, inférieur aux attentes (13,78 milliards). Sa croissance (+33%) est également en décélération. Le réseau social a dégagé un bénéfice net de 5,14 milliards de dollars, en hausse de 9%, un rythme là encore bien inférieur au bond de 31% du trimestre précédent. Ajusté et rapporté par action, référence en Amérique du Nord, le bénéfice ressort néanmoins à 1,76 dollar, bien au-dessus des attentes des analystes.

Les chiffres évoqués confirment la situation actuelle du géant américain: après des années exceptionnelles, le réseau social est en perte de vitesse.

Alors pourquoi Facebook va mal? Lassitude face à un contenu qui perd de sa pertinence, évolution des pratiques vers des stories préférées par les jeunes, revenus publicitaires en déclin, manque de confiance face à la politique de gestion des données personnelles, les raisons de ce déclin semblent multiples. Sur le sujet, Mark Zuckerberg s'est contenté de citer l’entrée en vigueur en Europe du Règlement général sur la protection des données (RGPD).

Le groupe avait aussi prévenu que ses dépenses en matière de sécurité et de contrôle des contenus allaient peser sur sa rentabilité. Ses "coûts et dépenses" sur le trimestre ont atteint 7,95 milliards de dollars contre 5,2 milliards à la même époque l'an dernier.

Avant même tous ces scandales, le réseau avait aussi averti dès 2016 que sa croissance exponentielle allait forcément finir par ralentir, notamment parce que le réseau est déjà totalement saturé d'espaces publicitaires.

Facebook mise du coup ses autres plateformes, comme la messagerie Messenger mais surtout Instagram, le réseau de partage de photos qui connaît un grand succès.

Audience vidéo mensongère

Dernier scandale qui vient ternir l’image du réseau social: le groupe aurait menti sur l’audience de ses vidéos en fournissant des statistiques inexactes à certains annonceurs publicitaires. On parle d’un écart de 150% à 900 %.  Une plainte a été déposée aux Etats-Unis par l’agence Crowd Siren. La durée moyenne de visionnement aurait été surestimée, comptabilisant les vidéos d’une durée supérieure à trois secondes. Facebook nie les faits expliquant avoir signalé le problème à ses clients dès la découverte de cette erreur. (avec AWP)






 
 

AGEFI



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