Facebook: 119 milliards partis en fumée à la Bourse américaine

vendredi, 27.07.2018

Embourbé dans des polémiques, doublées de résultats décevants, Facebook a connu un coup de tabac inédit jeudi. Le réseau social américain a vu sa capitalisation boursière chuter de 119 milliards de dollars, du jamais vu à la Bourse américaine de Wall Street.

"Nous investissons tellement dans nos systèmes de sécurité que cela va commencer à avoir un effet sur notre rentabilité", a tenté de justifier le président du groupe Mark Zuckerberg.

Du jamais vu à la Bourse américaine de Wall Street. La capitalisation boursière du réseau social de Mark Zuckerberg a chuté de 119 milliards de dollars.

L'action du premier réseau social au monde a dévissé dès les premiers échanges à Wall Street et ce mouvement vertigineux s'est poursuivi toute la journée. Le titre a fini à 176,26 dollars, soit une chute de 19%, réduisant sa capitalisation boursière à 510,2 milliards de dollars. 
Ce trou d'air a contribué au recul de l'indice Nasdaq, à forte coloration technologique, qui a perdu 1,01%.

Après cette chute vertigineuse, la plus importante en une seule séance depuis son entrée en bourse en 2012, Facebook remontait timidement dans les échanges électroniques, grignotant 1,13% à 178,25 dollars vers 02h25 (vendredi en Suisse).

La chute est d'autant plus brutale que l'action évoluait récemment à des niveaux très élevés. Il est donc probable que le titre ait aussi subi de grosses prises de bénéfice.

Chiffre d'affaires en baisse

Jusqu'à mercredi, Facebook semblait quasiment invulnérable, les investisseurs semblant ignorer les inquiétudes liées au scandale des données personnelles qui ont fuité vers la firme britannique Cambridge Analytica (CA) et toutes les enquêtes en cours.

Mais le réseau social, qui fêtera l'an prochain ses 15 ans, a sonné les marchés mercredi en publiant un chiffre d'affaires - inférieur aux attentes bien qu'en hausse de 42% à 13,2 milliards de dollars - et en faisant part de sombres prévisions pour le reste de l'année. Autre élément décevant et très observé: le nombre d'utilisateurs, inférieur aux attentes, à 2,23 milliards.

Les responsables de Facebook ont été sans ambages: le ralentissement de la croissance déjà observé au deuxième trimestre, va continuer. Il résulte en partie d'une nouvelle approche concernant les données personnelles et aux limites de la croissance par la publicité, qui fournit la quasi-totalité des revenus.

"Nous investissons tellement dans nos systèmes de sécurité que cela va commencer à avoir un effet sur notre rentabilité. Nous commençons à le voir ce trimestre", a tenté de justifier le président du groupe Mark Zuckerberg.

Même si de nombreux analystes ont revu à la baisse leur objectif de cours sur Facebook, beaucoup appelaient néanmoins jeudi à relativiser. Ils soulignaient que ce ralentissement après des années de croissance galopante et le retour du bâton boursier après toutes les polémiques étaient finalement prévisibles. Pour eux, Facebook reste malgré tout incontournable pour le public et surtout les annonceurs.(ats)






 
 

AGEFI




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