Education civique à l’américaine

mardi, 28.01.2020

Marie Owens Thomsen*

Marie Owens Thomsen.

Les électeurs de l’Iowa vont voter le 3 février pour le candidat de leur parti dans l’élection présidentielle qui se déroulera le 3 novembre 2020. Depuis 1980, les candidats qui ont capté la nomination nationale démocrate et républicaine étaient tous vainqueurs en Iowa et/ou au New Hampshire où le vote aura lieu le 11 février 2020.     
L’Iowa est une étape importante car c’est la première date de la campagne pour l’élection présidentielle où les votant s’expriment sur les candidats. En tant que première date, le résultat du vote dans cet Etat a une grande influence sur la suite de la campagne, tant sur les choix des votant dans les autres Etats que sur les donations et l’attention médiatique dont les candidats peuvent bénéficier.
L’influence de l’Iowa dans l’élection présidentielle américaine fait l’objet de critiques car l’Etat n’est pas le plus représentatif de la population du pays, étant très majoritairement blanc, à 85%, par rapport à 60% environ pour le pays dans son ensemble. Pour tenter de pallier à cela, l’élection au Nevada, où une minorité, 48%, de la population est composée de citoyens blancs non-hispaniques, a été avancée à la troisième place dans le calendrier, derrière l’Iowa et le New Hampshire, le 22 février. Le «super-mardi» verra 16 Etats voter le 3 mars, y compris la Californie et le Texas. Il est alors possible que le choix des démocrates soit connu le 4 mars, même si la conférence nationale n’aura lieu qu’en juillet.
Le processus du choix des candidats pour chaque parti et relativement compliqué, surtout comparé avec les systèmes parlementaires où le parti choisit tout simplement son représentant. Aux Etats-Unis il y a les «primaires», organisées par le gouvernement de l’Etat concerné et où  tous les votants enregistrés peuvent s’exprimer, puis il y a les caucus où le parti en question établit ses propres règles, et ce sont les membres du parti qui votent. Ce dernier mode de scrutin a cédé du terrain aux primaires, mais trois Etats se fient encore exclusivement au caucus: l’Iowa, le Nevada, et le Wyoming.
En Iowa, le caucus républicain verra ses membres voter individuellement, tout simplement. Côté démocrate, les membres du parti se diviseront en groupes en fonction de leur candidat préféré. Il faut au moins 15% de soutien pour être «viable». L’étape suivante consiste en un «réalignement» qui permet aux groupes de se recomposer, notamment ceux qui soutenaient des candidats non-viables. Les votes obtenus par les candidats de chaque parti se traduisent ensuite en nombre de délégués qui participeront aux conférences dans l’Etat ainsi qu’aux conférences nationales.
Entre primaires et caucus, le débat porte sur la question de savoir si les électeurs américains doivent choisir leur candidat ou si cela devrait être aux membres du parti de le faire. Laisser la voix aux votants donne une indication de l’éligibilité du candidat, tandis que les partis peuvent préférer conserver le droit de choisir. Ainsi, les démocrates du Kansas ont opté pour un primaire mais réservée aux membres du parti et aux votants non-affiliés.
Etant donné que les Etats-Unis n’ont pas l’option d’un vote de confiance – la destitution est l’unique voie par laquelle un président peut être démis de ses fonctions – il vaut effectivement peut-être mieux donner la possibilité à la population de choisir ses candidats.

* Global Head of Economic and Investment Research, Indosuez Wealth Management






 
 

AGEFI




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