Éditorial: une révolution est en marche

vendredi, 25.01.2019

Levi-Sergio Mutemba

Dans la plupart des analyses d’experts et d’articles de presse, la disruption du secteur bancaire provoquée par l’émergence des fintech y est le plus souvent illustrée à travers ses activités les plus traditionnelles. Comme le crédit, les paiements ou les levées de capitaux. Le segment des produits structurés y est infiniment moins évoqué, ce qui se comprend compte tenu de la plus grande complexité de cette catégorie de produits financiers.

Ce qui ne signifie pas que les choses ne changent pas de ce côté-là. Le changement y serait même plus rapide et plus radical, et ce grâce aux innovations technologiques. Dont leur mode d’utilisation offre un rempart inédit aux risques de manque de transparence et de contrepartie.

Totalement automatisées et indépendantes des émetteurs, les plateformes de titrisation et d’émission de produits structurés de dernière génération, par exemple, permettent d’éviter les situations où les initiateurs d’un produit adoptent des comportements plus favorables à leurs intérêts qu’à ceux des investisseurs finaux. Elles assurent aussi une transparence totale sur les coûts des produits, sur les parties impliquées et la façon dont le produit est collatérisé ou nanti.

D’autres start-up, en plus d’offrir de nouvelles solutions basées sur les nouvelles technologies, se focalisent sur les spécificités culturelles telles que la génération. En tentant d’attirer vers soi le segment des milléniaux, les principaux utilisateurs de terminaux mobiles pour leurs investissements.

Il convient cependant de noter que ces fintech ne sont pas nécessairement une menace pour les émetteurs traditionnels et les banques. Pratiquement toutes s’intègrent en effet au sein de leurs systèmes existants pour constituer des facteurs de croissance des marges et de parts de marché. Elles ont en effet l’avantage de permettre la mise sur le marché d’actifs moins liquides mais attrayants qu’une banque traditionnelle ne peut pas commercialiser. L’univers des placements investissables devient ainsi structurellement plus étendu.






 
 

AGEFI



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