Editorial: Les instruments obligataires relancés par la Fed

lundi, 25.03.2019

Le haut rendement et la dette des pays émergents, principaux bénéficiaires des assouplissements monétaires, pourront-ils maintenir leurs performances en phase de pause du resserrement des taux?

Levi-Sergio Mutemba

Levi-Sergio Mutemba, journaliste, l.mutemba@agefi.com.

Voilà près de deux trimestres que la Fed a donné les premiers signes d’une pause dans le cycle de resserrement des taux directeurs américains. Et l’effet se fait toujours sentir sur les marchés, à la veille du second trimestre 2019. Les taux souverains se sont fortement contractés. La pression sur le dollar s’est allégée. Les spreads ont nettement reflué. Les obligations d’entreprise ont ainsi pu récupérer une bonne partie sinon l’intégralité des pertes de l’an dernier.

Mais il y a deux sous-secteurs obligataires en particulier qui festoient comme s’il n’y avait pas de lendemain. Le haut rendement et la dette des pays émergents, en monnaie locale. Les principaux bénéficiaires de l’évolution assouplissante de la politique monétaire de la Fed et d’autres banques centrales dans le monde.

Ces deux segments, en hausse de 3% et 2%, respectivement, depuis le début de l’année, figurent parmi les investissements à revenu fixe ayant enregistré les moins bonnes performances en 2018. Il sera donc intéressant d’observer et d’évaluer dans quelle mesure leur dynamique actuelle est durable, dès lors que rien ou presque n’a changé depuis le dernier trimestre 2018.

Les mêmes risques qui ont pesé sur ceux deux classes d’actifs l’an dernier ne se sont pas vraiment dissipés. Les tentatives de compromis entre les États-Unis et la Chine sur le front commercial masquent mal ce qui s’apparente de plus en plus à une insurmontable rivalité. Les attentes relatives aux résultats d’entreprise, de parts et d’autres du globe, sont révisées à la baisse. L’Europe demeure en proie au populisme (Italie), tandis que la saga du Brexit se prolonge indéfiniment.

L’autre implication de la pause de la Fed pour le marché obligataire concerne les anticipations d’inflation. Nous nous trouvons dans la situation pour le moins saugrenue où la politique dovish de la banque centrale américaine reflète moins ses anticipations d’inflation que sa volonté de ne pas ajouter à la liste des risques systémiques. Elle se dit en effet prête à assumer un léger excès d’inflation au nom de la stabilité des marchés et de l’économie. C’est pourquoi, pratiquement tout au long du premier trimestre, portfolio managers et allocateurs d’actifs n’ont eu de cesse de rappeler les vertus des obligations des Treasuries indexées à l’inflation, les fameuses TIPS. Au cas où...

 

 

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