Bourses: le dilemme des valorisations élevées

mercredi, 01.07.2020

Editorial. Sur le marché suisse, la reprise repose en premier lieu sur des grosses et moyennes capitalisations boursières de qualité. L'édito de Philippe Rey.

Philippe Rey

Philippe Rey.

La reprise meilleure que prévu des actions depuis le krach de mars dernier est à saluer. Elle a permis d’effacer en bonne partie ce choc. Et démontre que les craintes étaient alors exagérées. Comme quoi il est toujours difficile de prévoir l’évolution à court terme des marchés !

En même temps, la valorisation des marchés est redevenue élevée. Du moins pour la Bourse américaine dont le comportement influence celui des autres places boursières. Le marché suisse notamment, où l’on constate que la reprise repose en premier lieu sur des grosses et moyennes capitalisations boursières de qualité, ces sociétés qui résistent aux à-coups de la conjoncture et maîtrisent leur dette.

Ce redressement est-il justifié ? Oui si l’amélioration économique que l’on anticipe se confirme. En faisant preuve d’optimisme et sans faire fi des risques actuels qui exigent une certaine humilité. En particulier le coronavirus qui ne semble pas avoir dit son dernier mot.

Un autre point important est la distinction entre les entreprises de qualité, dont le cours de l’action s’est rapidement redressé depuis la fin mars ou a résisté, et celles de moins bonne qualité dont la valorisation a fortement baissé, vraisemblablement pour de bonnes raisons.

Cette dernière catégorie recouvre des entreprises très cycliques, endettées ou qui sont confrontées à des changements structurels de leur secteur. On le voit très clairement sur le marché suisse. Le secteur financier par exemple.

Pour un investisseur, il est sans doute préférable d’éviter les sociétés problématiques. Cela a trait au principe de prudence. Faut-il pour autant acheter des actions de qualité même si leurs prix sont très élevés ? C’est un dilemme.

Le temps est l’ami des meilleures entreprises qui sortent plus fortes des crises. Mais un titre payé trop cher, quelles que soient ses vertus, peut résulter en un investissement médiocre ou pire.

En revanche, si des actions de qualité sont déjà en portefeuille, à un prix moyen d’acquisition plus bas que le cours boursier actuel, il convient naturellement de les conserver.






 
 

AGEFI



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