Reprise des tractations commerciales?

lundi, 05.11.2018

Donald Trump voudrait conclure un accord commercial avec le président chinois Xi Jinping lors du sommet du G20 qui se tiendra en Argentine à la fin du mois.

Valentin Girard*

L’appel en faveur d’une réconciliation commerciale avec la Chine a été motivé par la conversation téléphonique entre Yi et le président Trump jeudi. Ce dernier l’a qualifiée de «longue et très bonne» et a indiqué dans un tweet que les discussions sur le commerce «se déroulaient bien». Malgré ces bonnes nouvelles qui interviennent après des mois d’escalade des tensions entre les deux pays, un grand nombre d’investisseurs met en doute la sincérité de cette annonce. L’espoir d’un accord a entrainé un regain de confiance porteur pour les marchés actions. Les indices boursiers ont fortement progressé à l’échelle asiatique et mondiale. En Europe, l’indice Stoxx Europe 600 a ainsi réalisé sa meilleure semaine en deux ans.

Les élections législatives de mi-mandat ont lieu ce mardi, ce qui pourrait redessiner le paysage politique américain. Plus de 200 millions d’électeurs sont appelés aux urnes pour renouveler une partie du Sénat, des gouverneurs et la totalité de la Chambre de représentants. Donald Trump tient à recentrer les débats sur les thèmes qui lui sont chers. En effet, son mandat pourrait être entravé pendant ses deux prochaines années au pouvoir si la Chambre venait à passer à majorité démocrate. Si les démocrates devenaient majoritaires à la Chambre des représentants, ils seraient en mesure de bloquer l’agenda législatif du président. Ceci veut dire que chaque texte devrait alors faire l’objet d’un compromis entre les deux chambres. Donald Trump devrait notamment définitivement faire une croix sur la construction du mur à la frontière avec la Mexique ou sur l’abrogation de l’Obamacare.

Entre-temps, l’économie américaine a continué à embaucher fortement. Les créations d’emplois ont rebondi en octobre aux Etats-Unis et les salaires ont enregistré leur plus forte progression en rythme annuel depuis neuf ans et demi. Cela provoque des tensions persistantes sur le marché du travail qui pourraient encourager la Réserve fédérale à poursuivre son resserrement monétaire.

Recommandations

Credit Suisse (ISIN: CH0012138530, prix: CHF 12.98)

Le numéro deux bancaire suisse a publié ses résultats trimestriels qui ressortent globalement un peu en dessous des attentes. Le groupe affiche des revenus juste sous les CHF 5 milliards et un bénéfice net qui menace les attentes de 10% (bien qu’en hausse de 73% en comparaison annuelle dû à un effet de base).

Ce n’est cependant pas sur les fluctuations de court terme qu’il faut s’arrêter mais bien sur l’effort de réduction de coûts. En 2018, les charges du groupe devraient être de l’ordre de CHF 17 milliards alors qu’elles étaient encore de plus de CHF 19.4 milliards en 2016! 

Du coté des entrées d’argent frais au 3e trimestre, celles-ci s’inscrivent en hausse de CHF 16 milliards après des entrées de plus de CHF 15 milliards au 2e trimestre. Les commentaires de la direction restent prudents mais cela fait longtemps que les grandes banques n’ont plus affiché un optimisme franc (la prudence étant la mère de toutes les vertus).

La société est en passe d’achever sa transformation et 2019 devrait lui permettre d’approcher les CHF 4 milliards de bénéfices. Le titre présente entre 10% et 20% de décote par rapport à UBS. 

Credit Suisse fait partie de nos titres en portefeuille.

Apple (ISIN: US0378331005, prix: USD 207.48)

La société a annoncé une fois de plus des chiffres trimestriels spectaculaires dans toutes les régions. Les revenus ont progressé de 20% sur un an à USD 62.4 milliards. C’est le plus fort taux de croissance en trois ans. Malgré les tensions commerciales, l’activité en Chine a aussi enregistré une belle progression avec USD 11.4 milliards de recettes. Le bénéfice par action, à USD 2.91 a largement dépassé le consensus à USD 2.28.

Apple table de plus en plus sur les revenus dans l’activité de services (Apple Store, Cloud et Apple Pay). Elle ne communiquera dorénavant plus le volume des ventes d’Iphone, de Mac et d’Ipads. Cette décision n’a pas plu aux investisseurs qui suspectent qu’elle cache un tassement de la croissance, avec un moindre dynamisme des ventes.

Depuis 2016, les ventes d’Iphones stagnent en effet en nombre. Les utilisateurs tendent à garder un modèle plus longtemps et les concurrents Xiaomi et Huawei continuent de gagner des parts de marché. Par contre le prix moyen des modèles vendus, à 793 dollars s’inscrit en forte hausse. 

Les objectifs tablant sur une hausse limitée du chiffre d’affaires, inférieure à 5%, pour la saison des fêtes ont aussi déçu.

Avis de l’analyste: Garder.

*Gérant discrétionnaire à la Banque Bonhôte & Cie SA






 
 

AGEFI



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