Kudelski compte fortement croître dans la cybersécurité ces prochaines années

lundi, 12.06.2017

D'ici cinq ans, la société s'est fixée pour objectif que la division cybersécurité devienne un pilier du groupe aux côtés de la télévision numérique et de l'accès public.

Le marché de la cybersécurité est estimé à plusieurs dizaines de milliards de dollars par année", a indiqué M. Kudelski dans un entretien au siège du groupe de Cheseaux.

Kudelski compte fortement croître dans la cybersécurité ces prochaines années. Encore déficitaire actuellement, l'activité doit atteindre l'équilibre opérationnel dans trois ans et devenir l'un des piliers du groupe de Cheseaux. Dans l'immédiat, les investissements consentis dans ce segment péjorent la profitabilité du spécialiste de la télévision numérique et des systèmes d'accès sécurisés, a indiqué à AWP le directeur général (CEO) André Kudelski.

"Le marché de la cybersécurité est estimé à plusieurs dizaines de milliards de dollars par année", a indiqué M. Kudelski dans un entretien au siège vaudois du groupe.

D'ici cinq ans, la société s'est fixée pour objectif que la division cybersécurité "devienne un pilier du groupe aux côtés de la télévision numérique (DTV, environ 700 millions de dollars de recettes en 2016) et de l'accès public", qui a réalisé l'année dernière un chiffre d'affaires d'environ 300 millions de dollars, a-t-il ajouté.

Actuellement intégrée dans la division DTV, le secteur de la cybersécurité "se développe fortement, avec un chiffre d'affaires qui dépasse les 100 mio USD", a précisé le CEO. Selon ce dernier, cette activité devrait à terme "constituer une division du groupe à part entière".

Les investissements consentis par Kudelski dans cette nouvelle activité pèsent cependant sur la rentabilité. "Les importants investissements réalisés dans ce secteur, en particulier dans la recherche et le développement, péjorent de façon notable la profitabilité du groupe. Cela a été le cas l'année dernière et le sera aussi cette année, où les investissements resteront importants. La dynamique sera plus visible en 2018 et nous visons les chiffres noirs à l'horizon 2020", a détaillé le patron.

En 2016, le résultat opérationnel de l'entreprise a progressé de 20,4% à 97,8 millions de francs. Pour cette année, Kudelski s'attend à un bénéfice d'exploitation en repli entre 60 mio à 80 millions de dollars. Depuis le début de l'exercice, le groupe réalise sa comptabilité en dollar, plus de 50% des revenus étant encaissés en USD et moins de 5% en CHF.

André Kudelski est également revenu sur le développement du groupe aux Etats-Unis, où la société a inauguré un deuxième siège à Phoenix.

"Le but n'est pas d'être une société 100% américaine ou 100% suisse, mais d'avoir un équilibre entre les deux et de mettre en valeur les complémentarités entre les deux pays. Le marché américain - le plus important au monde dans le domaine de la cybersécurité - offre de très grandes opportunités, d'où notre décision d'y développer une présence forte. L'Europe, elle, est bien couverte depuis la Suisse", a souligné le CEO.

Face à la recrudescence des risques, le secteur de la cybersécurité est en croissance. Selon une récente étude du cabinet KPMG réalisée en Suisse, 88% des entreprises interrogées ont été victimes d'attaques, une progression de 34 points de pourcentage par rapport au sondage de l'année précédente (54%).

Pour plus de moitié des sociétés (56%), l'attaque a provoqué une interruption d'activité et 36% ont subi des pertes financières, a ajouté KPMG.

Selon le cabinet d'audit et de conseil, "l'efficacité des mesures de cybersécurité doit être renforcée d'urgence", car "le maillon le plus faible de la chaîne (...) est l'être humain".
Swisscom a également fait état d'une recrudescence de la menace, l'opérateur ayant constaté une augmentation du vol d'identité et de cyberespionnage, selon le "security report 2017" du géant bleu. Environ un million d'informations de login de comptes d'utilisateurs ont ainsi été volées lors de sept fuites de données répertoriées par le groupe.

Au sein des institutions, la menace est également prise au sérieux. Le ministre de la Défense Guy Parmelin avait indiqué en mars dans la presse que l'armée suisse devait renforcer sa cellule dédiée à la cybersécurité qui compte actuellement 50 postes. D'ici 2020, les effectifs doivent être triplés, avait-il dit.(awp)



 

 
 



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