Des rendements actions normaux pour l’année en cours

mercredi, 06.02.2019

Levi-Sergio Mutemba

Richard Turnill. Chief Global Strategist chez BlackRock.

Depuis mercredi dernier, jour où la Fed a signalé une pause dans ses relèvements des taux directeurs, les principaux indices boursiers se sont appréciés de 3,5% à 4%. Poursuivant ainsi l’envolée du mois dernier, le meilleur mois de janvier depuis 30 ans. Les investisseurs institutionnels continuent toutefois d’afficher de la prudence dans un contexte de fin de cycle économique aux États-Unis et où l’incertitude entourant les marges bénéficiaires est croissante.

Mardi, Fredrik Öberg, CIO de la division de gestion de fortune de la banque SEB, a dit s’attendre à une année 2019 «orageuse», durant laquelle «la croissance globale ralentira graduellement et la capacité des entreprises à générer des bénéfices sera mise à l’épreuve». Fredrik Öberg ne minimise toutefois pas l’impact de la pause signalée par la Fed et prévoit ainsi des rendements positifs cette année pour l’ensemble des classes d’actifs.

«Il est toujours très délicat d’anticiper quels seront les rendements sur le court terme, tout particulièrement lorsque nous nous situons en fin de cycle économique, mais la probabilité de rendements positifs augmente, dès lors que nous venons de tourner la page d’une période particulièrement difficile», souligne Fredrik Öberg dans ses perspectives d’investissement trimestrielles.

Entre 5-7% sur les actions

Richard Turnill, Chief Global Strategist chez BlackRock, «recommande une approche d’investissement rigoureusement équilibrée» en 2019, après que les actifs risqués ont nettement récupérés les pertes de décembre. Richard Turnill s’attend toutefois lui aussi à des rendements globalement positifs sur les actions, de même que sur les obligations.

«Nous prévenons les investisseurs de la tentative de courir après le récent rally des actifs risqués, en particulier dans les secteurs les plus vulnérables à une détérioration de la croissance économique, aux risques géopolitiques ou à un changement brutal dans la dynamique de l’offre et de la demande», insiste le stratégiste de BlackRock.

Quelques jours plus tôt, NN Investment Partners (NN IP) avait dit s’attendre de son côté à ce que les marchés actions globaux enregistrent un rendement moyen de 5-7% cette année. Dans le cadre de son allocation tactique, le stratège en chef et du gérant d’actifs néerlandais, Patrick Moonen, estime que l’exercice 2018 marque le pic de croissance des bénéfices des entreprises.

Patrick Moonen explique que la baisse de la dynamique des résultats s’explique par trois facteurs. À savoir la fin graduelle de l’impact de la réforme fiscale américaine sur les bénéfices et le ralentissement de la croissance aux États-Unis, dont le cycle économique est entré en phase de maturité. Enfin, une hausse modérée des salaires pourrait aussi peser sur les marges.

En intégrant les risques liés au Brexit et aux relations commerciales entre les États-Unis et la Chine, le stratégiste a récemment indiqué avoir effectué deux changements de l’allocation tactique. Le premier est un renforcement de la surpondération sur les actions des marchés émergents, le seconde une hausse du poids de la dette des pays émergents en monnaie locale, sur laquelle NN IP est aussi à surpondérer. La sous-pondération sur les actions globales est maintenue, ainsi que la neutralité vis-à-vis des obligations souveraines.






 
 

AGEFI



...