Des obligations vertes pour des placements durables

mercredi, 31.10.2018

Philippe G. Müller*

Philippe G. Müller

Ces dernières années, parmi les placements durables, les obligations vertes (green bonds) ont pris de plus en plus d’importance. Le produit de l’émission de ces titres est affecté expressément au financement de projets respectant les principes de durabilité.

Il n’existe pas encore de réglementations nationales pour les obligations vertes, mais l’International Capital Market Association soutient la mise en place de telles normes, qui régiraient l’évaluation des projets et les utilisations autorisées du produit des obligations.
Il peut s’agir notamment d’énergies renouvelables, d’efficacité énergétique, d’une utilisation durable des terres, des transports publics, d’une gestion durable de l’eau, du traitement des eaux usées ou encore de l’adaptation aux changements climatiques.

Le concept d’obligation verte est né en 2007, quand la Banque européenne d’investissement a émis une obligation visant à protéger le climat, pour un montant de 600 millions d’euros. L’année suivante, la Banque internationale pour la reconstruction et le développement lance la première obligation dotée du label vert, à hauteur de 440 millions de dollars.

De grandes caisses de pension et des compagnies d’assurance-vie européennes, mais aussi des particuliers, ont souscrit à cette émission. Ces dernières années, l’activité d’émission a fortement augmenté, en particulier depuis l’émission du premier emprunt obligataire vert, d’un montant de 1 milliard de dollars par l’International Finance Corporation en 2013.

La croissance de ce segment a par ailleurs été stimulée par l’introduction de benchmarks et par l’intérêt croissant pour les placements durables. Un volume d’émission record a été atteint en 2017, avec plus de 160 milliards de dollars, soit près du double de 2016.

La forte demande a entraîné récemment une légère surperformance des obligations vertes par rapport aux obligations comparables «non vertes». Il faut toutefois garder à l’esprit que l’écart de rendement entre les deux catégories restera modéré, puisqu’à l’exception du statut «vert», tous leurs autres aspects sont identiques.

On ignore encore comment ces obligations vertes réagissent pendant les phases de correction du marché, car elles se sont développées dans un contexte de crédit favorable. On peut néanmoins supposer que, dans un environnement de marché négatif, ces obligations résisteront un peu mieux que les autres, puisque leur public d’investisseurs est plus axé sur le long terme, donc plutôt enclin à conserver ses positions.

* Economiste responsable pour la Suisse romande UBS






 
 

AGEFI



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