L’Argentine affaiblie peut-elle éviter une tourmente comme en Turquie?

dimanche, 19.08.2018

Des failles similaires comme les twin deficits et de grands besoins de financement extérieur.

Verena Wachnitz*

Alors que les troubles récents en Turquie ont de nombreuses causes qui leur sont propres, leurs répercussions ont eu un impact sur l’Argentine, qui partage des failles similaires telles que «twin deficits» (déficits jumeaux: balance commerciale et budgétaire) et d’importants besoins de financement extérieur.

Après un mois de calme relatif pour le peso, la monnaie argentine a subi une nouvelle baisse ces derniers jours dans un climat de nervosité de la part des investisseurs autour de la livre turque. Cela a incité les autorités monétaires argentines à réagir rapidement, ce qui a entraîné une hausse des taux à court terme de 500 points de base à 45 %.

La Banque centrale d’Argentine a aussi annoncé un plan de réduction progressive de ses obligations à court terme, connues sous le nom de Lebacs. Ces produits, conçus pour stabiliser les marchés monétaires locaux, devenaient de plus en plus une menace pour la stabilité financière après avoir atteint 32 milliards de dollars, soit 8 % du PIB.

Bien qu’il s’agisse de mesures judicieuses pour tenter de faire face à la crise actuelle, l’Argentine continuera d’être à la merci de la situation financière mondiale alors que le président Macri et son équipe continuent de s’attaquer aux causes sous-jacentes de sa fragilité économique.

L’Argentine doit mettre en place l’ajustement fiscal qu’elle a convenu avec le FMI lors de sa récente récession importante. Bien que des taux effectifs élevés puissent être nécessaires dans ce contexte, ils sont une arme à double tranchant, car ils pèsent sur les niveaux d’activité. Tant que nous n’aurons pas la preuve d’un assainissement budgétaire suffisant, nous resterons prudents quant aux perspectives de l’Argentine.

En outre, le «scandale du carnet de notes» en Argentine présente des similitudes avec le Lava Jato brésilien en termes de portée ainsi que d’implications. Nous espérons que l’impact sur les activités sera moins grave qu’au Brésil, car le scandale concerne principalement des personnes de l’administration argentine précédente – et non les dirigeants en place comme dans le cas de Lava Jato.

Alors que ces développements réduisent les chances d’un retour politique victorieux pour l’ex-leader Cristina Kirchner, il est trop tôt pour déterminer si ce scandale augmentera les chances du président actuel Mauricio Macri. Pour Macri, le facteur le plus important sera l’évolution de l’économie entre maintenant et les élections présidentielles d’octobre 2019.

*Gestionnaire de fonds, T. Rowe Price






 
 

AGEFI



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