Les marchés émergents repartent à la hausse

jeudi, 28.02.2019

Des développements encourageants leur ont permis de rebondir durant les premières semaines de l’année 2019. Un prudent optimisme est cependant de rigueur.

Xavier Hovasse*

En 2018, les marchés émergents ont dû faire face à l’accroissement de l’aversion au risque. Ces marchés ont en effet subi l’influence de l’«alignement des planètes», combinaison entre la hausse des taux d’intérêt américains, la montée du dollar et les fortes tensions politiques opposant les États-Unis à la Chine, la Russie et la Turquie.

En effet, la guerre commerciale déclenchée par la Maison-Blanche l’an dernier n’a montré aucun signe d’apaisement. Son incidence sur la croissance s’est fait sentir en Asie, où les enquêtes des indices PMI, notamment les indices liés aux nouvelles exportations, ont laissé entrevoir des déclins. Le problème des tarifs douaniers a en réalité masqué la perte de vitesse du cycle économique mondial. 

Ce ralentissement a particulièrement été apparent en Chine, où les dernières données macroéconomiques s’avèrent décevantes. Pékin tente de soutenir l’économie au moyen de politiques contra cycliques. La flexibilité de la Chine est cependant de plus en plus limitée, du fait que son compte courant n’est plus excédentaire. Le financement à long terme, tel que l’investissement direct étranger, a par ailleurs chuté, ce qui a pesé sur la balance des paiements du pays, réduisant la marge de manœuvre du gouvernement. 

Trois conditions préalables

Dans ce contexte, nous avons recensé trois conditions préalables à une approche plus optimiste des marchés émergents, à savoir l’atténuation du conflit commercial, la reprise économique dans les principaux marchés émergents et l’assouplissement monétaire par la Banque populaire de Chine.

Les marchés émergents ont terminé l’année 2018 sur une note plus joyeuse grâce aux politiques budgétaire et monétaire adoptées par les autorités chinoises, à un dollar relativement stable et à un répit dans le bras de fer opposant Pékin à Washington, lequel a renforcé notre conviction d’une issue positive à ce conflit. Ces développements clairement encourageants ont permis aux marchés émergents de rebondir durant les premières semaines de l’année 2019. 

Néanmoins, la seule chose qui nous empêche de qualifier cette évolution haussière de «reprise» est le ralentissement économique généralisé que nous observons à l’heure actuelle. C’est la raison pour laquelle il est important de demeurer pour le moment, prudemment optimistes, en restant à l’écart des valeurs cycliques (qui seront les premières à être touchées par le ralentissement) pour privilégier les actions de croissance dans les secteurs sous-exploités, où la demande est moins sensible aux fluctuations du PIB.

Grands espoirs sur l’Inde

De grands espoirs pourraient reposer sur l’Inde qui se trouve dans une position idéale pour relever les défis à venir en 2019, notamment depuis la forte correction des cours du pétrole brut au quatrième trimestre 2018. Alors même que l’économie mondiale s’essouffle, le pays affiche encore de puissants leviers de croissance intérieure (sachant que bon nombre de ses segments de marché demeurent sous-exploités) et pourrait donc connaître plusieurs années de croissance séculaire. 

Plutôt que d’investir dans des entités orientées vers l’exportation, il faut plutôt privilégier les sociétés répondant à la demande intérieure dans des secteurs tels que les télécommunications, la finance, la consommation et la construction.

*Responsable des marches actions émergentes chez Carmignac






 
 

AGEFI



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