EPFL: une anguille robotique traquer la pollution

mardi, 25.07.2017

Des chercheurs de l’EPFL ont co-développé un robot-anguille nageur, dont le but est de remonter à la source d’une pollution. Il a déjà pu établir des cartes de la conductivité de l’eau et des températures dans une partie du lac Léman.

Le robot-anguille a déjà pu établir des cartes de la conductivité de l’eau et des températures dans une partie du lac Léman.

Détecter les sources de pollution dans l’eau, à l’aide d’un robot-serpent équipé de capteurs chimiques, physiques et biologiques. Tel est le projet ambitieux financé par le programme suisse Nano-Tera, auquel participent des chercheurs de l’EPFL. Baptisé «Envirobot», le robot, d’une taille de près d’1,5 mètre, se déplace à la manière d’une anguille dans les lacs et les cours d’eau, sans remuer de vase ou perturber la faune aquatique. Grâce à ses capteurs, il est capable d’effectuer des mesures à différents endroits, et d’envoyer les résultats en temps réel à un ordinateur placé à distance.

«L'utilisation d'un robot-serpent a plusieurs avantages. Il permet de récolter des mesures en temps réel, soit plus rapidement que si on déploie des postes fixes placés dans les lacs. Et comparé à des robots sous-marins à hélices plus traditionnels, il peut se faufiler avec moins de risques de se retrouver coincé dans des algues ou des branches. Le robot crée aussi moins de sillage, donc disperse moins la pollution», indique Auke Ijspeert, directeur du Laboratoire de biorobotique (BioRob) de l’EPFL. «Envirobot est capable de suivre un itinéraire programmé, mais il a aussi le potentiel de pouvoir prendre ses propres décisions, et remonter de lui-même jusqu’à la source d’une pollution». Par exemple en se dirigeant progressivement vers l’endroit où la toxicité est la plus importante.

Le robot se compose de différents modules équipés chacun d’un petit moteur électrique, ce qui permet un changement dans la courbure et mouvement fluide. Il est possible de jouer avec la composition du robot, et de le construire dans un format plus ou moins réduit. «On pourrait imaginer le transporter aisément vers un cours d’eau reculé, assembler les modules et commencer l’analyse», illustre Behzad Bayat, chercheur au BioRob.

Sous certains des modules se situent des capteurs de conductivité et de température. D'autres modules sont dotés de petites chambres sophistiquées, qui se remplissent d'eau lors de la nage, et où se trouvent des capteurs biologiques miniaturisés, qui fonctionnent déjà très bien en laboratoire. Il s’agit d’utiliser des bactéries, de petits crustacés ou encore des cellules de poissons et d’observer leurs changements de comportement au contact de l’eau. De quoi déduire la présence de certains polluants clés, ou la toxicité de l’eau plus générale.

Pour l’instant, les chercheurs ont testé sur le terrain seulement les capteurs de conductivité et de température, les tests pour les capteurs biologiques étant plus difficiles à réaliser.


 

 
 

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