Les PME bénéficient d'accords régionaux approfondis

mercredi, 04.10.2017

Des accords commerciaux régionaux approfondis réduisent le décalage entre grandes entreprises et PME. Dans un rapport publié à Genève, le Centre du commerce international (ITC) appelle les Etats à ne pas séparer commerce, investissement et fiscalité.

Le rapport mentionne 50 pays en développement. Sur la Suisse, la directrice d'ITC, Arancha Gonzalez, estime que les PME atteignent un niveau d'intégration régionale "de plus en plus profond" dans l'UE.(Keystone)

Dans un rapport publié à Genève, le Centre du commerce international (ITC) appelle les Etats à ne pas séparer commerce, investissement et fiscalité.

A chaque fois qu'un sujet supplémentaire fait partie d'un accord commercial, les PME augmentent leur participation à une filière ("chaîne de valeur") régionale de 2,5%, conclut cette étude annuelle sur la compétitivité de ces petites et moyennes sociétés.

Leur décalage de compétitivité avec les grandes entreprises diminue alors de 1,25%, selon cette évaluation qui porte sur plus de 250 accords régionaux.

Les accords motivés uniquement par des gains "ne contribuent pas à la réduction de cet écart", dit dans un entretien à l'ats la directrice exécutive d'ITC Arancha Gonzalez. Par régions, l'Amérique latine et surtout l'Afrique ne sont pas encore suffisamment accrochées aux chaînes de valeur régionales. Une amélioration permettrait par exemple au Botswana de ramener l'écart entre ses entreprises à celui constaté en Lettonie, fait remarquer Mme Gonzalez.

Le rapport mentionne 50 pays en développement. Sur la Suisse, la directrice d'ITC estime que les PME atteignent un niveau d'intégration régionale "de plus en plus profond" dans l'UE.

Fiscalité ciblée

Autre conclusion du document, investissement et commerce ne doivent pas être abordés séparément. Les accords commerciaux qui prévoient des disciplines sur l'investissement augmentent de 2% la valeur ajoutée intérieure, contrairement à des traités bilatéraux d'investissement seulement compétitifs à l'importation.

Les premiers étendent de 3,2% la part des intrants importés dans les exportations, contre 2,8% seulement pour les seconds.

"L'entreprise conçoit l'investissement, le commerce et la fiscalité comme un paquet", insiste Mme Gonzalez. "Alors que les législateurs continuent" de les séparer parce que ces deux secteurs dépendent d'autorités différentes.

L'appel est le même sur les impôts. La convention pour lutter contre l'optimisation fiscale des multinationales, signée en juin dernier par plus de 60 pays dont la Suisse, a été menée en dehors des accords commerciaux, déplore aussi Mme Gonzalez.

Demande lancée aux Etats

Le rapport identifie d'autres facteurs d'augmentation de la compétitivité des PME dans les chaînes de valeur régionales. Parmi eux figurent les initiatives d'infrastructures comme celle de la One Belt One Road lancée par la Chine.

Mme Gonzalez appelle les membres de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à adopter des mesures favorables aux PME. Elle souhaite surtout que ces conclusions soient prises en compte par les Etats au moment de négocier ou renégocier des accords

régionaux. Plusieurs indications, notamment sur les PME, ont été multipliées par plus de trois dans les récents arrangements. "Peu de PME participent aux chaînes de valeur mondiales", souligne la directrice d'ITC. Elles dépendent souvent d'économies de siège comme les Etats-Unis, l'UE, la Chine et le Japon.(awp)


 

 
 

 
 

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