Dernières votations, élections ici et ailleurs: quels constats?

lundi, 03.06.2019

Olivier Sandoz*

Olivier Sandoz

A la suite des dernières élections, le Parlement européen est renouvelé. Certains prédisaient une abstention record et un tsunami populiste. Heureusement, tel ne fut pas le cas. Le taux de participation est historiquement élevé, et le tsunami n’a pas eu lieu, à l’exception de quelques pays. 

En France, si le Rassemblement national de Marine Le Pen arrive en tête, il sied de rappeler qu’en 2014, l’ancien Front national avait aussi remporté l’élection avec un score plus élevé. Et la sortie de l’Union européenne et de l’euro ne semblent plus faire partie du programme de ce parti. L’écrasante défaite de la France insoumise et de son président omnipotent Jean-Luc Mélanchon qui, à force de provocations et d’attaques contre les institutions, a perdu toute crédibilité, pour autant qu’il n’en ait jamais eu, est une excellente nouvelle. 

Il n’en demeure pas moins que l’Union européenne et son fonctionnement inquiètent, alors même qu’il y a plus de soixante ans étaient jetées à Rome les bases de l’Europe telle que nous la connaissons aujourd’hui, marquant le début de la plus longue période de paix dans son histoire. Les traités de Rome ont mis en place un marché commun dans lequel les personnes, les biens, les services et les capitaux peuvent circuler librement, et ont créé des conditions propices à la stabilité et à la prospérité des citoyens européens.

Malheureusement, et comme le soulignent Luc Ferry et Nicolas Bouzou dans leur dernière publication Sagesse et folie du monde qui vient, il n’y a pas que l’Union européenne qui est concernée par ce climat de peur alimenté par les déclinologues de tous bords: la digitalisation et ses impacts pour l’instant mal connus sur l’emploi, la 5G, de même que le changement au sens large font peur. 

Il est vrai qu’un changement n’est pas forcément un progrès, alors qu’un progrès est forcément un changement. Il n’en demeure pas moins que nous vivons une période passionnante avec des défis de taille, en particulier au niveau climatique, technologique mais également en lien avec le vieillissement de la population et ses conséquences notamment sur le financement de nos assurances sociales.

Pour aborder l’avenir sereinement, il est indispensable que notre pays puisse bénéficier des meilleures conditions cadre possible. A cet égard, les résultats des dernières votations en Suisse sont globalement positifs: RFFA a été acceptée tant à Genève qu’au niveau national. C’est une victoire pour l’emploi, qui va permettre de consolider notre système fiscal tout en assurant notre compétitivité et en donnant momentanément un souffle à notre système d’assurance-vieillesse. Quant à la loi sur les armes, elle a été très largement acceptée, ce qui consolide l’association de la Suisse aux accords de Schengen-Dublin qui permettent à notre pays d’améliorer son niveau de sécurité et de mieux maîtriser sa politique d’asile. Relevons cependant le niveau d’agressivité et de mauvaise foi des opposants à cette loi, sur les réseaux sociaux notamment. Manifestement, évoquer les armes provoque chez certains une poussée de testostérone dont on se serait bien passé.

* FER






 
 

AGEFI



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