Cinq ans après l'abandon du taux plancher, le commerce souffre encore

lundi, 13.01.2020

Depuis 2015 et l'abandon du taux plancher, les chiffres d'affaires du commerce de détail stagnent et pour certaines catégories de marchandises, à l'instar des vêtements et chaussures, de nets reculs sont essuyés chaque année.

Le commerce de détail suisse est influencé par différents facteurs, le cours de change franc-euro n'en constituant qu'un parmi d'autres. (Keystone)

Cinq ans après l'abandon du taux plancher, le commerce de détail ne s'est toujours pas remis. Depuis 2015, les chiffres d'affaires stagnent et pour certaines catégories de marchandises, à l'instar des vêtements et chaussures, de nets reculs sont essuyés chaque année. La branche, confrontée au tourisme d'achat et à des changements structurels, a perdu des emplois par milliers.

"Depuis 2015, l'emploi a constamment diminué dans le commerce de détail", remarque Tiziana Hunziker, économiste chez Credit Suisse. "Depuis 2008, 18'000 places de travail ont été perdues, ce qui correspond à un repli de 7%".

L'abandon du taux plancher n'explique néanmoins pas à lui seul les difficultés de la branche. "Le commerce de détail suisse est influencé par différents facteurs, le cours de change franc-euro n'en constituant qu'un parmi d'autres", relativise Dagmar Jenni, directrice de la faîtière Swiss Retail. "Pour le développement du commerce de détail en Suisse, il serait donc imprécis et réducteur de ne retenir que le taux de change minimum", affirme-t-elle.

Elle reconnaît néanmoins que le renchérissement du franc qui a suivi l'abandon du taux plancher en 2015 a eu un "impact considérable". "Conjugué aux défis posés par les changements structurels dans le commerce de détail (numérisation, pression des investissements, coûts 50% plus élevés que dans les pays voisins...) cet effet explique que le marché de détail ne s'est pas redressé aussi vigoureusement qu'on l'espérait", estime-t-elle.

Le tourisme d'achat trop tentant

 

L'année dernière, l'attrait du tourisme d'achat s'est renforcé, selon la récente étude Retail Outlook 2020 de Credit Suisse. "Le franc suisse s'est renforcé face à l'euro en 2019. De plus, le prix d'un panier moyen de marchandises a progressé plus fortement en Suisse l'année dernière que dans les pays voisins", explique Mme Hunziker.

Ainsi, le même panier de marchandises moyen coûtait 40% plus cher en Suisse comparé à la France en 2019. En 2014, l'écart de prix était de 25%.

Pour soutenir le commerce de détail, il est indispensables que les détaillants "puissent affronter la concurrence étrangère à armes égales", insiste Mme Jenni. "Une autre réalité choquante est l'inégalité du traitement fiscal entre la consommation intérieure et la consommation étrangère", estime-t-elle, les achats à l'étranger d'une valeur de moins de 300 francs étant exonérés de la TVA.(ats)






 
 

AGEFI




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