Les Gilets jaunes à nouveau dans la rue

samedi, 01.12.2018

De nouvelles manifestations des gilets jaunes sont attendues en France ce samedi avec Paris en ligne de mire.

Des heurts se sont déjà déroulées samedi matin à Paris. (Keystone)

Bien décidés à maintenir la pression sur le gouvernement, les "gilets jaunes" ont entamé leur troisième samedi de mobilisation tôt dans la matinée. Ils se sont notamment retrouvés sur les Champs-Élysées où des incidents avaient éclaté il y a une semaine.

Peu avant 8 heures, quelques centaines de personnes étaient déjà rassemblées au pied de l'arc de Triomphe, vêtues du gilet jaune symbolique de leur contestation. D'autres portaient déjà des masques pour se protéger des lacrymogènes, devant une imposante barrière de CRS verrouillant totalement l'avenue. A 11 heures ils étaient 1500.

Vers 8h45, un premier incident a éclaté en haut de l'avenue des Champs-Élysées, les forces de l'ordre envoyant des gaz lacrymogènes pour disperser la foule, a constaté une journaliste de l'AFP. Dispersés, les manifestants, pour certains encagoulés et masqués, se sont alors rabattus sur les avenues adjacentes.

Sur l'une d'elles, avenue Mac-Mahon, des poubelles ont été renversées et incendiées. Vers 10 heures, les échauffourées ont repris au pied de l'Arc de triomphe, plongé dans un nuage de gaz lacrymogène, où les forces de l'ordre faisaient usage de canons à eau.

Peu après, 24 personnes avaient été interpellées dont deux au moins pour port d'arme prohibé, selon la préfecture de police. Parmi les manifestants, Philippe, cuisinier dans un lycée de l'Essonne, manifeste pour la première fois. "Avec toute l'augmentation des taxes, il reste pas grand chose pour becqueter à la fin du mois", a-t-il déclaré.

Colère à "organiser"

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner et son secrétaire d'État Laurent Nuñez se sont rendus sur les Champs-Élysées vers 8h30, pour "saluer" les forces de l'ordre. Le dispositif policier pourrait mobiliser environ 5000 hommes des forces mobiles dans la capitale, où sont prévus d'autres manifestations.

"Notre responsabilité est de faire en sorte que tout se passe au mieux", a affirmé M. Castaner, une semaine après les débordements qui ont émaillé la précédente manifestation sur les Champs-Élysées. Par crainte d'incidents, des panneaux de bois ont été apposés sur certaines vitrines.

M. Castaner a également souhaité que la colère "se structure" et "s'organise". "Dans une contestation à un moment il faut accepter le dialogue", a-t-il ajouté, alors que le gouvernement peine à établir un lien avec ce mouvement protéiforme.

Vendredi, une réunion à Matignon avec le Premier ministre Édouard Philippe a tourné au fiasco: seuls deux "gilets jaunes" y ont participé et l'un d'eux a rapidement quitté les lieux faute d'avoir obtenu que la rencontre soit diffusée en direct.

Mobilisation en baisse

La mobilisation fléchit depuis le 17 novembre, date de la première journée de manifestations lors de laquelle près de 300'000 personnes ont bloqué les routes. Elles étaient un peu plus de 100'000 le 24 novembre dont 8'000 à Paris.  (ats)






 
 

AGEFI



...