La livraison, un choix pas toujours rentable pour les restaurants

jeudi, 23.04.2020

De nombreux restaurants suisses tentent de garder la tête hors de l'eau en cette période de coronavirus en organisant des livraisons à domicile. Mais il est difficile de gagner de l'argent, alors qu'ils ne savent pas encore quand ils pourront rouvrir leurs portes.

Pour autant, les livraisons à domicile ne sont pas la panacée."Ce n'est qu'une goutte d'eau dans l'océan".

De nombreux restaurants suisses tentent de garder la tête hors de l'eau en cette période de coronavirus en organisant des livraisons à domicile. Mais il est difficile de gagner de l'argent, alors qu'ils ne savent pas encore quand ils pourront rouvrir leurs portes. Les plateformes en ligne ont vu une partie de leur activité croître.

Julian Graf de Cafetiersuisse confirme qu'actuellement "les entreprises de restauration ouvertes dépendent de tous les canaux de distribution possibles". Pour autant, les livraisons à domicile ne sont pas la panacée."Ce n'est qu'une goutte d'eau dans l'océan", a fait savoir Stephan von Matt qui passe par Uber Eats pour ses établissements zurichois "Brisket", "The Bite", "Yard Bird" et "La Brea". "Les restaurants, où le concept de livraison marche le mieux, génèrent peut-être 20 à 30% du chiffre d'affaires habituel". Pas de quoi couvrir les loyers et les salaires des employés.

Un avis partagé par Reto Frei, qui dirige la chaîne Tibits, présente sur le site Eat.ch. "Il est très difficile d'être rentable sur les plateformes de livraison, car le nombre de commandes est calculable mais la prévisibilité des livraisons est très difficile".

Succès variable selon l'emplacement

La chaîne de restauration rapide McDonald's reprendra elle ses opérations de livraison à domicile le 27 avril en Suisse. Mais ses restaurants resteront fermés.
Selon Julien Graf, de Cafetiersuisse, le succès en matière de livraison dépend de la clientèle et de l'emplacement. "Pour les établissements situés en zone commerciale ou de bureaux, où le client type est absent actuellement, l'activité de livraison n'est souvent pas rentable".
Pour Stephan von Matt, l'aspect économique n'est pas le seul à entrer en jeu. Proposer ce service permet aussi de garder le contact avec la clientèle en cette période de pandémie. Et le mettre en place n'est pas forcément facile pour une structure
indépendante.
De ce fait, les professionnels passent par des plateformes établies, comme Uber Eats, Eat.ch, Takeaway.com ou Smood.ch, qui peuvent prélever jusqu'à 30% de commission sur le chiffre d'affaires des commandes. Ce qui signifie un tiers de recettes en moins
pour les restaurateurs, sans oublier une inscription souvent payante. Mais selon Julian Graf, elles représentent aussi un avantage, en élargissant le rayon de distribution.

Activité en ligne accrue

Ces structures en ligne ont confirmé auprès d'AWP connaître davantage d'activité. Eat.ch enregistre 40% de visites de clients en plus. "Actuellement, il y a environ trois fois plus de restaurants inscrits qu'en temps normal".
L'américain Uber Eats a constaté qu'en Suisse les commandes sont quatre fois et demie plus nombreuses qu'habituellement. A Zurich, douze partenaires, restaurants individuels ou chaînes de restauration rapide, se sont ajoutés.Takeaway.com a fait part de l'inscription de 130 établissements supplémentaires ces dernières semaines. La valeur moyenne des commandes passées par les clients a aussi grossi.

Le site précise toutefois que les commandes ont baissé mi-mars avant de se
stabiliser à la fin du mois. Les consommateurs cuisinent davantage à la maison et de nombreux restaurants ont aussi complètement fermé.

Le service de livraison Mosi.ch a gagné des clients privés, qui dépensent davantage. Son patron, Patrick Cummins, explique toutefois ne pas profiter de la crise du coronavirus dans les villes où il est présent, à Zurich, Berne, Zoug et Winterthour. "L'activité d'entreprise s'est effondrée car les employés sont en télétravail et ne commandent plus de grosses quantités, par exemple pour des réunions", a-t-il souligné. Les commandes uniques n'arrivent pas à compenser ces pertes.






 
 

AGEFI



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