De la nécessité de maintenir l’accès au marché européen

jeudi, 07.03.2019

Catherine Lance Pasquier*

Catherine Lance Pasquier

Les efforts entrepris par la Suisse pour garantir le maintien de ses relations avec le Royaume-Uni après le Brexit mettent en exergue les atouts des accords bilatéraux avec l’Union européenne et la nécessité de les renforcer.

Le Royaume-Uni est un partenaire commercial très important pour la Suisse. Comme les relations entre les deux pays se basent essentiellement sur les accords bilatéraux conclus avec l’Union européenne, le Conseil fédéral a pris les devants avec sa stratégie Mind the gap face à la sortie annoncée de son partenaire britannique de l’Union européenne. Dans ce contexte, la Suisse a notamment signé avec le Royaume-Uni un accord sur les droits des citoyens, permettant de maintenir les droits acquis de la libre circulation des personnes. Comme les entreprises suisses doivent pouvoir continuer à recruter même en cas de Brexit sans accord de retrait, le Conseil fédéral a décidé de mettre sur pied un contingent temporaire distinct de quelques milliers d’autorisations de séjour pour les citoyens britanniques en vue de l’exercice d’une activité lucrative en Suisse.

Nous ne pouvons que saluer la réactivité de la Suisse, qui a agi rapidement pour éviter dans la mesure du possible les dommages résultants de cette situation exceptionnelle. Au-delà de la situation spécifique entre les deux pays, les démarches effectuées pour maintenir les relations en matière migratoire apportent deux enseignements.

Elles rappellent tout d’abord l’importance fondamentale de répondre aux besoins des entreprises suisses confrontées à une pénurie de personnel qualifié et la nécessité de maintenir en Suisse un marché du travail ouvert. La libre circulation des personnes, souvent remise en question et décriée par certains groupements, reste le meilleur dispositif pour répondre à ces objectifs. Ces dernières années, elle a contribué à répondre à la demande de personnel, essentiellement bien qualifié, en permettant une immigration en provenance des pays européens complémentaire à la main-d’œuvre locale.

Elle permet aussi aux Suisses de profiter du dispositif, puisqu’environ 450.000 d’entre eux vivent dans l’UE. Le deuxième enseignement, c’est le rappel du coût, du temps et de la difficulté de négocier pays par pays, indépendamment du résultat final.

Les accords bilatéraux avec l’Union européenne, pour leur part, donnent à nos entreprises un accès privilégié à un marché intérieur de plus de 500 millions de consommateurs. Le volume des échanges commerciaux entre la Suisse et l’UE atteint un milliard de francs par jour ouvrable! Nous devons impérativement garantir et développer l’accès au marché de ce partenaire vital pour l’économie suisse. L’accord cadre actuellement en discussion répond à cet objectif tout en apportant une plus grande sécurité juridique et une meilleure prévisibilité dans les relations entre la Suisse et son principal partenaire.

* FER






 
 

AGEFI



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