Les entreprises suisses ne prévoient aucune revalorisation de l’euro

lundi, 13.01.2020

D’après les entreprises interrogées par Credit Suisse, l’euro devrait atteindre d’ici la fin 2020 une valeur approximative de 1.09 francs. Une part considérable de ces entreprises (43%) se protège contre les risques de change.

Les entreprises interrogées s’attendent à ce que l’euro se stabilise, d’ici fin 2020, à un cours de 1.09.(Keystone)

Le Credit Suisse a interrogé 1280 PME et grandes entreprises suisses sur leurs attentes en termes d’évolution conjoncturelle et des taux de change ainsi que leur gestion des risques de change. Un peu plus de la moitié des participants à l’enquête s’attend à une évolution stable de l’économie suisse en 2020. D’après les entreprises interrogées, l’euro devrait atteindre d’ici la fin 2020 une valeur approximative de 1.09 francs. Une part considérable de ces entreprises (43%) se protège contre les risques de change.

Les participants à l’enquête issus du secteur tertiaire considèrent l’évolution économique générale avec plus d’optimisme que ceux issus du secteur industriel. Alors que la part des participants du secteur tertiaire prévoyant un ralentissement de la croissance économique est de 34%, elle s’élève à 41% pour les participants du secteur industriel. Dans l’ensemble, un peu plus de la moitié des entreprises interrogées (52%) s’attendent à une croissance stable du PIB et seuls 11% tablent sur une accélération de la croissance.

Les économistes du Credit Suisse pensent néanmoins que le PIB suisse devrait profiter en 2020 d’événements sportifs et d’une stabilisation de l’économie mondiale et prévoient de ce fait une légère augmentation du taux de croissance du PIB pour 2020.

Près de la moitié anticipent une mesure de la BNS sur les taux d’intérêt d’ici 2020

En ce qui concerne l’évolution des taux d’intérêt, la majorité des entreprises interrogées (52%) ne s’attend à aucune modification et table par conséquent sur un maintien du taux directeur de la BNS jusqu’à fin 2020 à -0,75%. Parallèlement, 26% prévoient au moins une nouvelle réduction du taux, tandis que 22% misent sur une augmentation.

Les entreprises ne prévoient aucune revalorisation de l’euro

Étant donné l’affaiblissement du secteur industriel mondial, les entreprises interrogées s’attendent à ce que l’euro se stabilise, d’ici fin 2020, à un cours de 1.09 (prévisions du CS: 1.15). Elles prévoient ainsi, pour la deuxième année consécutive, une valeur inférieure à celle de l’année précédente, une prévision qui s’était révélée correcte l’année dernière.

L’évolution du GBP par rapport au franc est également considérée avec plus de scepticisme qu’à l’occasion de la dernière enquête. D’après l’enquête actuelle, qui s’est déroulée entre le 23 septembre et le 8 novembre 2019, les participants prévoient que la livre sterling vaudra, fin 2020, encore environ 1.21 francs (prévisions du CS: 1.40). Moins volatiles, les prévisions pour le dollar US n’ont que légèrement évolué par rapport à la fin 2018 et se maintiennent à environ 0.99 (prévisions du CS: 1.00). Ces prévisions relatives aux évolutions des cours de change correspondent en grande partie aux valeurs utilisées par les participants à l’enquête pour l’établissement de leurs budgets annuels.


Les importateurs ont tendance à établir leur budget avec un euro plus fort

Le calcul de l’écart entre les prévisions des entreprises interrogées pour le cours EUR/CHF et le cours de change qu’elles appliquent pour l’établissement de leur budget révèle que les importateurs tendent à budgétiser sur la base d’un euro légèrement plus fort. En d’autres termes, elles font consciemment preuve de prudence. Il en va de même pour les entreprises dont les activités se concentrent sur le marché intérieur suisse. En revanche, aucune tendance claire ne se dégage des indications fournies par les exportateurs et les entreprises actives aussi bien dans l’exportation que l’importation.

Les exportateurs purs se couvrent un peu moins contre les risques de change

43% des participants à l’enquête s’assurent activement contre les risques de change. En moyenne, la couverture s’applique à 62% des transactions en monnaies étrangères. Il en émerge certaines différences entre importateurs et exportateurs typiques. Le pourcentage d’entreprises importatrices se protégeant contre les risques de change est ainsi, avec 47%, supérieur à celui des entreprises exportatrices (40%). 41% des participants à l’enquête opérant uniquement sur le marché intérieur utilisent également des outils de couverture.

Cela tend à confirmer que ces entreprises aussi concluent certaines transactions en devises. Les entreprises à la fois exportatrices et importatrices affichent le pourcentage le plus élevé de risques de change couverts (67%).

Le secteur des services couvre une part plus importante des transactions en devises

Le secteur industriel et le secteur tertiaire présentent une part identique d’entreprises qui se couvrent contre les risques de change (43%). Un examen plus précis révèle cependant que les entreprises du secteur tertiaire pratiquant la couverture protègent une plus grande part de leurs transactions en devises (67%) que les entreprises du secteur industriel (56%).

L'an passé l'enquête a en revanche indiqué que, par rapport aux prestataires de services, les entreprises industrielles sont un peu plus souvent couvertes de manière naturelle contre les fluctuations de change par rapport à l’USD, étant donné qu’elles effectuent davantage de transactions en USD à l’achat qu’à la vente. Cette situation pourrait expliquer en partie la part de couverture légèrement plus faible des exportateurs.

 

 






 
 

AGEFI




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