Les énergies renouvelables à l’aube d’une nouvelle ère

mercredi, 11.03.2020

Dans un environnement de taux bas, les renouvelables sont désormais incontournables pour les fonds de pension.

Amir Sharifi*

Amir Sharifi

Les énergies renouvelables sont l’avenir d’une production d’énergie respectueuse du climat. Avec un tiers des opérations mondiales sur les infrastructures conclues aujourd’hui dans le domaine des énergies renouvelables et un volume total de transactions de 200 milliards de dollars par an, les renouvelables sont désormais incontournables et intéressantes pour les fonds de pension à la recherche de rendements compatibles avec les objectifs ESG dans un environnement de taux bas.

En période de changement de paradigme et d’augmentation du militantisme pour le climat, l’Accord de Paris a réuni pour la première fois en 2015 toutes les nations autour d’une cause commune pour entreprendre des efforts ambitieux afin d’atteindre l’objectif de limiter le réchauffement climatique à moins de 2°C et de lutter contre le changement climatique.

Les projets d’énergies renouvelables se concentrent sur la génération de chaleur ou d’électricité à partir de sources telles que le vent, le soleil, la biomasse, l’énergie provenant des déchets et l’énergie hydroélectrique ou marémotrice. La capacité installée a explosé au cours des deux dernières décennies, Bloomberg montrant une croissance annuelle de 15,2% dans les grands pays de l’UE de 2000 à 2019, pour atteindre 300 GW aujourd’hui. À titre de comparaison, la centrale nucléaire suisse Leibstadt a une capacité installée de 1,2 GW.

Une part indispensable de la classe d’actifs infrastructure 

Les énergies renouvelables ont longtemps été considérées comme un segment secondaire des infrastructures. Or l’énergie renouvelable est devenue une catégorie d’investissement inévitable au sein de l’univers infrastructure, à mesure que le nombre d’opportunités d’investissement a pris de l’ampleur, également alimentées par l’environnement de taux bas et le développement de mandats ESG et de stratégies d’investissement à impact.

Dans le paysage en pleine évolution des énergies renouvelables, les gouvernements se reposent désormais de plus en plus sur les investisseurs privés pour assurer la transition énergétique et ils remplacent progressivement les «anciens» modèles par un modèle d’enchères. La baisse des prix des enchères a mis une certaine pression sur l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur, les forçant à adapter leurs modèles commerciaux. Mais le secteur privé est également incité à prendre la responsabilité d’évaluer les coûts technologiques futurs. Les investisseurs en infrastructures passent au crible les opportunités de placement avec l’ambition d’aider les sociétés de leur portefeuille à identifier des leviers pour diminuer leurs trajectoires carbones. 

Les énergies renouvelables bouleversent le mix énergétique traditionnel, entraînant une volatilité plus importante et des baisses des prix de l’électricité, ce qui pourrait même conduire à un certain effet de «cannibalisation des prix» au moment des pics de production. Pour gérer la volatilité des prix, des accords d’achat d’électricité d’entreprise (AAE) - des contrats entre un producteur d’électricité et un acquéreur privé - semblent être la solution ultime dans un monde sans subventions, mais ils ne sont pas la panacée non plus, comme toutes les autres options d’enlèvement de l’électricité. Ces accords devraient devenir un facteur de croissance à mesure que les entreprises cherchent de plus en plus à s’assurer un approvisionnement en électricité verte. 

Les fonds de pension intéressés

Si l’introduction prévue d’un quota de 10% d’infrastructures se matérialisait dans l’OPP 2, les énergies renouvelables recevraient un soutien supplémentaire de la part des fonds de pension suisses à la recherche de solutions adéquates. Ces énergies sont attirantes pour des fonds de pension qui se tournent vers de nouvelles solutions dans la recherche de sources de revenus. À la recherche de partenariats, les fonds de pension se reposent de plus en plus sur les gérants de fonds d’infrastructure qui ont les capacités internes de gérer la forte complexité actuelle de la plupart des projets d’énergie renouvelable. L’alignement des intérêts, l’approche de gestion d’actifs industriels et l’agilité numérique sont devenus des facteurs clés de succès pour générer des rendements attractifs dans un monde où une quantité d’argent en forte croissance est allouée à la classe d’actifs.

* Managing Director, groupe Infrastructure d’Ardian






 
 

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