Ces restriction notables pour les personnes âgées

mercredi, 22.05.2019

Dans l’assurance maladie, il n’est pas toujours possible de passer du régime de la division commune à celui de la division semi-privée ou privée.

Olivier Parenteau*

Olivier Parenteau

Contrairement à l’assurance de base obligatoire, les assurances complémentaires sont facultatives. Elles offrent diverses prestations complémentaires et sont très prisées: des enquêtes révèlent que quatre personnes sur cinq possèdent au moins une assurance complémentaire. On peut ainsi souscrire par exemple une assurance complémentaire des soins, une assurance des soins dentaires ou une assurance pour la médecine alternative. La complémentaire la plus importante, et à laquelle se rapportent les coûts les plus élevés, est l’assurance complémentaire d’hospitalisation pour laquelle les personnes assurées choisissent si elles veulent être traitées en division semi-privée ou privée. Quant à l’hospitalisation en division commune, dans un établissement reconnu et au tarif du canton de résidence, elle est couverte par l’assurance de base.

Il existe un modèle d’assurance qui, dans un contexte de hausse continue des primes de caisses maladie, convainc bon nombre d’assurés: l’assurance complémentaire d’hospitalisation flexible (modèle Flex). Avant l’admission à l’hôpital, l’assuré choisit le type de division, respectivement de traitement, dont il souhaite bénéficier dans sa situation particulière d’hospitalisation. S’il opte pour la division semi-privée ou privée, il devra fournir une participation aux frais, en contrepartie, les primes habituelles sont nettement plus avantageuses. 

La vieillesse est le facteur de coûts le plus important

L’assurance complémentaire d’hospitalisation répond indéniablement à un besoin essentiel, et en principe, il n’y a rien à objecter au fait que le montant des cotisations soit fixé en fonction de l’étendue des prestations, ainsi que de l’état de santé et de l’âge de l’assuré. Les assurances complémentaires recèlent toutefois quelques pièges qui peuvent restreindre considérablement le choix des prestations de soins souhaitées, surtout pour les personnes âgées. La vieillesse est le facteur de coûts le plus important dans une assurance complémentaire et en règle générale, plus on avance en âge, plus les primes augmentent. D’une part, cela a pour conséquence que pour les assurés âgés – notamment quand l’assurance de base continue d’augmenter – les primes sont souvent hors de prix, et d’autre part, que pour beaucoup de seniors, il n’est plus guère possible d’obtenir une police d’assurance complémentaire.

A partir d’un certain âge, une personne désireuse de souscrire une assurance complémentaire ou d’obtenir un «surclassement» en passant au régime semi-privé ou privé se verra opposer un refus de la part de nombreuses caisses maladie, de même si elle présente un état de santé plus fragile. De plus, suivant la compagnie d’assurance, les clients de plus de 55 ou 60 ans n’ont plus droit à l’ajustement des conditions de leur police. Il ne leur reste que l’option de la résiliation. Les chances de pouvoir souscrire la complémentaire souhaitée auprès d’une autre caisse maladie sont alors plutôt minces, ou ils ne peuvent le faire que sous réserve, moyennant des primes de risque ou en acceptant que certaines prestations soient exclues.

Choisir suffisamment tôt une assurance complémentaire

En revanche, le «déclassement»,  à savoir le passage du régime privé au semi-privé, ou à celui de la division commune, est toujours possible, sauf en cas de contrats pluriannuels, mais il va de pair avec des coûts d’opportunité, c’est-à-dire des prestations moindres et un choix plus restreint. Le passage d’un modèle semi-privé à un modèle Flex peut cependant s’avérer problématique. Un tel passage ne représente pas réellement un déclassement, puisque l’assurance complémentaire d’hospitalisation flexible implique également l’option de pouvoir choisir la division privée, ce qui constituerait un surclassement. Par conséquent, ce passage peut être soumis à des limites d’âge ou être refusé en raison de l’état de santé de la personne assurée.

Pour éviter que l’assurance maladie ne devienne un carcan une fois atteint un certain âge, les assurés devraient déterminer assez tôt au cours de leur vie de quelles prestations d’assurance ils souhaitent bénéficier durant la vieillesse, et quel prix ils acceptent, respectivement sont en mesure, de payer pour assurer ces prestations. Il convient de mûrement réfléchir à son choix, non seulement quand il s’agit de conclure une assurance complémentaire, mais aussi quant à un changement de régime d’assurance, et de s’y prendre à temps. A ce propos, il est particulièrement important de ne résilier son contrat d’assurance actuel que lorsqu’on est en possession de la confirmation écrite de son admission dans une autre caisse maladie.

* Membre de la direction de Maklerzentrum Schweiz 






 
 

AGEFI



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