L'économie favorise les ambitions d'Emmanuel Macron

samedi, 05.05.2018

Croissance, déficit public maîtrisé, chômage en baisse... les indicateurs économiques, conséquences plutôt d'environnement global, favorisent les réformes lancées par le président français Emmauel Macron.

Yann Le Guernigou

Le président français bénéficie d'un environnement économique global.

Un an après l'élection d'Emmanuel Macron, la France affiche la croissance la plus forte depuis six ans, un déficit public de retour à ses niveaux d'avant la crise et un chômage en baisse. La confiance des milieux d'affaires semble dopée par l'effet Macron et l'activité s'annonce toujours dynamique en 2018.

Mais cette performance tient plus à l'environnement global favorable qu'au nouveau locataire de l'Elysée, qui reconnaît lui-même que les résultats de ses réformes destinées à redynamiser l'économie française (marché du travail, formation professionnelle, assurance chômage) ne porteront leurs fruits qu'à moyen, voire long terme.

Les économistes pointent cependant un effet de confiance des acteurs économiques insufflé par le nouveau chef de l'Etat, qui pourrait être important pour la suite. En attendant, Emmanuel Macron surfe sur une embellie que n'ont pas connue ses prédécesseurs: la pire crise économique mondiale depuis 1929 avait vite pollué le quinquennat de Nicolas Sarkozy et François Hollande a attendu longtemps une reprise dont il n'aura goûté que les prémices.

L'élection du fondateur du mouvement En Marche! a coïncidé avec un regain de vigueur de l'économie mondiale et un rebond de la zone euro qui s'est accéléré vivement au second semestre 2017, porté côté français par l'investissement des entreprises.

La hausse du PIB double presque

Elle s'est traduite par une hausse de 2,0% du PIB de la France en 2017, quasiment du double des années précédentes (1,0% en 2014 et 2015, 1,1% en 2016) et des créations nettes d'emploi très dynamiques (près de 280.000 dans le privé en 2017, alors qu'elles dépassaient à peine 100'000 deux ans plus tôt).

Le surplus de recettes fiscales généré par la croissance a de plus permis à la France de revenir dans les clous du pacte européen de stabilité avec un déficit public à 2,6% du PIB. Avec la perspective d'un nouveau solde sous 3% en 2018, la Commission européenne devrait entériner le 23 mai la fin de la procédure pour déficit excessif entamée en 2009 contre Paris.

"Emmanuel Macron est arrivé au bon moment, quand la croissance repart poussée par un cycle mondial", souligne Hervé Goulletquer, directeur adjoint de la recherche de La Banque postale Asset management. "De 2013 à début 2017, la croissance française était à la traîne de la zone euro. On est revenu dans la moyenne depuis le deuxième trimestre 2017, donc objectivement il y a une partie qui doit être mise au compte du gouvernement précédent", dit-il.

Pour l'économiste, un effet Macron est plus perceptible dans les enquêtes sur le climat des affaires, où la France a là aussi été distancée par ses pairs européens avant de recoller à la moyenne fin 2016 puis de passer au-dessus depuis l'automne. "Il y a sans doute là-dedans un effet Macron. Cela a commencé après les vacances d'été, avec la mise en place de la réforme du marché du travail", estime-t-il.

Réformes bien perçues à l'étranger

"Ce sentiment que la France est en train de se réformer a été bien perçu aussi à l'étranger. Il y a un effet confiance, un effet multiplicateur d'un environnement économique porteur que les milieux des affaires ont sans doute le plus ressenti mais aussi les ménages, ne serait-ce qu'avec l'amélioration du marché de l'emploi", ajoute Hervé Goulletquer.

Bruno Cavalier, chef économiste d'Oddo BHF, voit aussi une "contribution spécifique" du chef de l'Etat dans l'amplification de la confiance des acteurs économiques fin 2017, qui tranche avec la situation d'avant. "Il y a d'abord l'idée qu'on a plus besoin de réformes structurelles du côté de l'offre que de soutien à la demande et puis une cohérence entre ce qui a été promis et ce qui est fait. Les deux aspects marquent une assez grande rupture avec le quinquennat précédent", dit-il.

"Emmanuel Macron se distingue parce qu'il avait un programme de réformes qui alimente son agenda et n'a pas d'états d'âme à mener cette politique parce que, candidat, il avait fait le diagnostic que c'est ce dont l'économie française a besoin pour recoller aux standards européens", poursuit l'économiste.

Cette politique, si elle est jugée majoritairement à même de rehausser l'image de la France à l'étranger, se heurte toutefois à un sentiment d'injustice partagé par 72% des Français dans un sondage Odoxa pour BFM Business, Challenges et Aviva Assurances publié jeudi. (Reuters)






 
 

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