Crise climatique et inégalités sociales: et si la durabilité était la réponse?

mardi, 08.01.2019

René Longet*

René Longet

La crise climatique globale et la fracture sociale croissante dans nos pays industrialisés nous ramènent à l’essentiel: reconnecter les activités économiques et étatiques aux réalités environnementales et sociales. Car sans équilibres écologiques, pas de qualité de vie sur Terre; sans équité sociale, pas de vivre ensemble entre les humains. Il est clair qu’il faut désormais non pas opposer mais aligner les «fins de mois» des individus et des entreprises, et les «fins de mois» de la planète.

Pour d’aucuns, le coupable est le profit. Alors que l’on peut être «profitable» en faisant du bien par des activités vertueuses. Toutefois, et ce point a toute son importance, pour ne pas spolier autrui, ce profit doit être plafonné. Pour d’autres, c’est la croissance, alors que certaines activités doivent à l’évidence croître pour que d’autres décroissent.

Sachant que depuis une bonne vingtaine d’années, l’humanité, d’une manière très inégale, vit globalement au-dessus des capacités de la planète et que l’indispensable transition vers la durabilité doit conduire à une réduction substantielle de notre empreinte écologique.

Dix orientations pour retrouver nos équilibres écologiques et sociaux

Aller vers la durabilité c’est, individuellement et collectivement:
- Promouvoir une relocalisation solidaire, assurer l’emploi local.
- Donner la préférence aux biens et services de bonne qualité écologique et sociale.
- Assainir énergétiquement le parc immobilier et soutenir par là les PME, fournir des énergies renouvelables plutôt que du fossile et du fissile, généraliser des bâtiments positifs.
- Gagner sa rentabilité économique à travers l’entretien et la réparabilité et non l’obsolescence organisée.
- Aller vers une économie circulaire et de la fonctionnalité, où l’usage durable des ressources et des objets est la règle.
- Aménager des espaces pour la biodiversité dont nous dépendons tous.
- Promouvoir l’agroécologie comme seule possibilité de nourrir la planète sans détruire les sols, et la responsabilité des territoires pour leur alimentation (valorisation de la proximité).
- Mener des actions de coopération au développement durable avec des partenaires locaux dans les pays du Sud, car nous sommes sur la même planète.
- Améliorer la qualité de la vie par une mobilité réorganisée.
- Favoriser l’économie sociale et solidaire et le commerce équitable.

Autant de pas vers cette économie inclusive, de l’utilité et du bien commun qu’a si bien défini en 2011 le Programme des Nations unies pour l’environnement: «Une économie qui entraîne une amélioration du bien-être humain et de l’équité sociale tout en réduisant de manière significative les risques environnementaux et la pénurie de ressources.»

* Expert en développement durable






 
 

AGEFI



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