Credit Suisse voit son bénéfice net bondir au 3e trimestre

jeudi, 01.11.2018

Credit Suisse a amélioré son bénéfice net au troisième trimestre dans un environnement économique "exigeant". La banque se dit en bonne voie pour atteindre ses objectifs d'économies de coûts en 2018.

La banque a fait face à un troisième trimestre marqué par des niveaux d'activité clientèle

Credit Suisse a enregistré une hausse du bénéfice net de 74%, le résultat net a manqué les prévisions. La banque a fait face à un troisième trimestre marqué par des "conditions plus exigeantes" et des niveaux d'activité clientèle "plus bas" qu'aux premier et deuxième trimestres, a remarqué le directeur général (CEO) Tidjane Thiam, cité dans le communiqué. Selon lui, le troisième partiel a permis par conséquent de démontrer "la robustesse" du modèle d'affaires.

Le produit d'exploitation s'est replié de 2% sur un an à 4,89 milliards. Le numéro deux bancaire helvétique, qui approche de la fin de sa restructuration, a vu ses charges diminuer de 9% à 4,15 milliards.

Le bénéfice avant impôt s'est inscrit à 671 millions, en hausse de 68% sur un an. Ajusté, il a progressé de 38% à 856 millions de francs. Le bénéfice net attribuable aux actionnaires a bondi de son côté de 74% à 424 millions de francs.

Credit Suisse a manqué les prévisions du consensus AWP tant au niveau du bénéfice net, qui était escompté à 476 millions que du produit d'exploitation attendu à 5,05 milliards. Le bénéfice avant impôt s'est également inscrit sous les estimations moyennes de 689 millions.

Les charges ont par contre été inférieures aux prévisions, établies à 4,25 milliards.
Les provisions pour pertes de crédit ont doublé sur un an à 65 millions de francs.

Dans la gestion de fortune, nouvelle priorité stratégique de Credit Suisse, les entrées nettes d'argent se sont élevées à 16,6 milliards de francs, contre un reflux de 1,8 milliard sur la même période de 2017. La masse sous gestion s'est établie à 1405,3 milliards.

Le ratio de fonds propres durs (CET1) s'est maintenu au-dessus la barre ciblée des 12,5%, à 12,9%, contre 12,8% lors du trimestre précédent.

En bonne voie pour la suite

Dans les trois divisions dédiées à la gestion de fortune, la banque a continué de mettre l'accent sur le développement des sources de revenus les plus stables, à savoir dans les opérations d'intérêt et les commissions.

La Banque suisse universelle (SUB) a enregistré un bénéfice avant impôts de 523 millions, en hausse de 16,7%, mais en dessous des 537 millions attendu en moyenne par les analystes consultés par AWP.

La gestion de fortune internationale (IWM) a vu son bénéfice avant impôts progresser de 7,6% à 411 millions, en ligne avec les attentes. L'afflux net de nouveaux capitaux a totalisé 7,5 milliards au cours du trimestre.

La division Asie pacifique (APAC) a fait un peu moins bien qu'escompté, avec un bénéfice avant impôts en repli de 18,4% à 186 millions. La contre-performance s'explique par des conditions de marché "toujours difficiles, qui ont résulté en une baisse de l'activité clientèle et de l'appétit au risque", selon la banque.

Les deux divisions de la banque d'affaires ont obtenu des résultats contrastés. Ainsi, Global Market a essuyé une perte avant impôts de 22 millions, contre un gain de 98 millions un an plus tôt. Credit Suisse explique que la base de comparaison était très élevée mais que l'unité devrait générer des rendements plus élevés en 2019.

A l'inverse, Investment Banking & Capital Market (IBCM) a clôturé le troisième trimestre sur un bénéfice avant impôts de 87 millions (+70,6% sur un an), profitant du dynamisme des activités de fusions et acquisitions.

Le groupe s'est dit en bonne voie pour atteindre ses objectifs 2018, notamment pour les coûts d'exploitation qui devraient passer sous la barre des 17 milliards de francs. Les affaires liées à la gestion de fortune devraient continuer à bénéficier d'une large croissance portée par la clientèle au dernier trimestre.

Pour 2019, la banque table sur une poursuite de la progression du bénéfice grâce à la liquidation de la Strategic Resolution Unit et à la baisse des charges de financement et de restructuration, qui devrait améliorer le rendement des fonds propres tangibles et le porter à 10-11%.(awp)






 
 

AGEFI



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