Les esprits animaux entraîneront le véritable rebond du marché après le Covid-19

dimanche, 03.05.2020

Craignant les conséquences économiques désastreuses dues à la pandémie, les investisseurs ont massivement cédé certains actifs à risque.

Daniel Seiler*

Daniel Seiler

Le premier trimestre 2020 a été le pire depuis 1987 en termes de rendement sur le marché des actions. La question est maintenant de savoir quand cette situation prendra-t-elle fin. Deux conditions doivent être réunies: l’origine de la crise doit être maîtrisée et les esprits animaux des investisseurs doivent se réveiller. 

L’avantage de la transparence

Ce qui différencie la situation actuelle de la crise financière de 2008 est la transparence. En 2008, les prêts hypothécaires à risque aux États-Unis entraînèrent la chute de Lehman Brothers, ébranlant le système financier mondial. Si l’origine de cette catastrophe a été rapidement révélée, les mesures de stabilisation prises ont cependant été chaotiques.

Dans la situation actuelle, c’est la santé de toute la population mondiale qui est menacée. L’origine et l’évolution de la crise ne sauraient donc être plus claires. Malgré ses conséquences dramatiques, le Covid-19 a pour avantage de fournir des chiffres qui permettent de prévoir l’évolution du virus et par conséquent de formuler des hypothèses fiables quant au moment auquel l’origine de la crise sera maîtrisée. Si le cas de la Chine reflète bien l’évolution de la pandémie, la crise devrait prendre fin d’ici juin 2020 en Europe et les États-Unis devraient également suivre, quelques semaines plus tard. La première condition requise pour une sortie de crise, à savoir la maîtrise de son origine, devrait ainsi être simple à évaluer et sera considérée comme étant satisfaite dès que le nombre des nouvelles contaminations diminuera.

Réveiller l’enthousiasme naturel

Le réveil des esprits animaux des investisseurs, pourrait cependant s’avérer plus difficile qu’en 2008. Ce sursaut peut en effet être perçu comme un optimisme spontané, incitant à l’action. 

Il faut donc un subtil mélange de mesures budgétaires et monétaires, couplé à des motivations émotionnelles. Nous sommes en effet confrontés à une crise qui se trouve à la croisée de deux tendances: les peurs irrationnelles liées à l’importance de la vie humaine et les nécessités économiques rationnelles. Elle révèle ainsi les contradictions résultant de la volonté d’équilibrer les politiques de santé publique et les politiques économiques. La distanciation sociale freine certes le virus, mais nuit malheureusement à l’économie. 

Reprise envisageable d’ici la fin de l’année 2020

L’inondation de liquidités et de crédits n’a eu qu’un impact modéré sur les marchés des actions. Un véritable rebond nécessite que les régulateurs cèdent la place à des économistes pragmatiques et que l’on évite un confinement prolongé en basculant vers des mesures de mise en quarantaine ciblées, permettant seulement aux personnes saines ou rétablies de retourner travailler. 

La politique budgétaire doit également s’intéresser aux principales difficultés économiques: un chômage élevé, de faibles rendements et des taux d’endettement en hausse. À cet égard, certains pays comme les États-Unis ou la Chine, semblent être sur la bonne voie. Il est donc impératif que les responsables politiques du monde entier tiennent leurs promesses de crédit, afin que les financements provisoires aient une action suffisamment importante pour atténuer les craintes générales associées à la solvabilité et à la rentabilité sur les courts et moyen termes.

Stimulés par une série de mesures adéquates, les esprits animaux des investisseurs pourraient alors surprendre par un sursaut fulgurant. Cela favoriserait ainsi une forte reprise des marchés boursiers au cours du deuxième semestre 2020 et pourrait entraîner des gains conséquents d’ici la fin de l’année.

* Responsable Multi-Asset, Vontobel Asset Management

Cet article reflète l’opinion personnelle de l’auteur et ne reflète pas obligatoirement celle de Vontobel Asset Management.






 
 

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