COVID : planifier les mesures en cas de 2e vague

dimanche, 17.05.2020

Cristina Gaggini *

Cristina Gaggini

Une reprise de la pandémie est hélas tout sauf exclue. Des pays comme Singapour et le Liban ainsi que des régions en Allemagne et en Corée du Sud ont connu récemment un début de deuxième vague.

 

Il est hors de question de baisser la garde. La discipline en matière d’hygiène des mains et de distance sociale resteront de mise aussi longtemps qu’un vaccin n’aura été commercialisé. Mais refermer à nouveau brusquement des secteurs d’activités entiers sur l’ensemble du territoire national provoquerait des faillites en série, avec un coût social explosif.

Or, ce scénario n’ayant été écarté, il pèse telle une épée de Damoclès aussi bien sur la population que sur les entreprises. Certes, les rues s’animent mais les commerces non alimentaires, les hôtels et restaurants sont tout sauf bondés en cette première semaine de déconfinement. Les entreprises s’attendaient à une telle retenue. Selon le dernier sondage réalisé par economiesuisse en mai, 79% des secteurs économiques estiment que la baisse continue de la demande en Suisse leur causera d’importants problèmes au cours des deux prochains mois – surtout dans le tourisme, la restauration, l’événementiel, le commerce de détail et de gros et l’automobile. Après le « restez chez vous ! », on serait tenté de dire « consommez chez nous ! ». Or, celui qui craint pour son emploi ou l’a déjà perdu n’est pas enclin à dépenser davantage que le strict nécessaire.

Que faire ? Premièrement, il s’agit de redonner confiance au consommateur en préservant l’emploi partout où les perspectives le permettent. Les entreprises doivent donc pouvoir continuer à recourir aux RHT si nécessaire. Deuxièmement, il convient d’éviter une reprise généralisée de la pandémie, en agissant avec fermeté là où les comportements individuels ou collectifs sont inadéquats. Troisièmement, nous préconisons que le Conseil fédéral présente rapidement un plan d’action, en tirant le bilan de la première vague en Suisse et des expériences à l’étranger. D’importantes questions restent pour l’heure sans réponse. A partir de quel seuil d’infection les autorités déclencheraient-elles des mesures ? L’action serait-elle cette fois régionalisée et ciblée sur les foyers du virus comme en Allemagne ? Quelles activités sont considérées le plus à risque de propagation et devraient donc être fermées en premier ? Faudrait-il refermer les écoles sachant désormais que les enfants ne sont pas porteurs du virus ? Le port du masque dans l’espace public et au travail serait-il obligatoire ?

Des réponses claires et un plan concret de la part des autorités fédérales apporteraient la nécessaire prévisibilité aussi bien aux entreprises qu’aux consommateurs. A défaut de rassurer, la demande intérieure restera bien molle. Contrairement à la première vague de COVID qui a surpris tous les pays par sa rapidité et son ampleur, nous avons à présent la possibilité de planifier. Faisons-le sans tarder !

* Directrice romande d’Economiesuisse






 
 

AGEFI



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