Coronavirus: suivons les entreprises et gardons la tête froide

dimanche, 08.03.2020

Basile Dacorogna *

Basile Dacorogna

L’épidémie de coronavirus s’étend progressivement en Europe et en Suisse. Pour prendre le pouls de la situation économique et savoir comment le virus affecte les entreprises, Economiesuisse a interrogé ses membres et dressé un premier bilan


L’enquête d’Economiesuisse montre que les entreprises en Suisse ne s’affolent pas. Elles prennent toutefois l’épidémie au sérieux, suivent les recommandations de l’OFSP, et prennent différentes mesures pour protéger la santé de leurs collaborateurs et des clients tout en prenant les mesures nécessaires pour assurer le bon fonctionnement de l’entreprise.

Les fermetures d’usines, la réduction des capacités de fret et l’allongement de la durée des transports commencent à faire sentir leurs effets et les entreprises se mettent à puiser dans leurs stocks. Certaines sociétés ont aussi pris les devants et accru leurs stocks. Quelques entreprises signalent de premiers goulets d’étranglement, mais ceux-ci concernent, pour l’instant uniquement des composants très spécifiques dans les domaines de l’électronique, des matières premières pour la fabrication de matières plastiques et des terres rares, par exemple.

Les entreprises sont également affectées par la baisse des ventes en Chine. Le recul de la demande se traduit par une baisse des commandes de biens d’équipement. L’industrie du luxe fait déjà face à une baisse de la demande chinoise et de la part des touristes chinois à l’étranger. Cela dit, les prévisions les plus pessimistes pour notre pays émanent du secteur du tourisme et de l’événementiel.

Malgré les nuages qui s’amoncellent les entreprises en Suisse se comportent de manière très rationnelle et analysent la situation de manière précise sans céder à la panique. En même temps, des voix se font entendre invitant le gouvernement à prendre des mesures de soutien, sous forme de plans de relance par exemple. Il nous semble prématuré d’envisager de telles hypothèses.

Si l’on revient un peu en arrière dans le temps, en considérant en outre la capacité de résilience et le dynamisme des entreprises, il n’y a pas de raison de perdre confiance. Pour passer un cap difficile, nous disposons aussi d’un instrument ciblé qui permet de contrecarrer au bon moment les effets négatifs de crises temporaires: il s’agit du chômage partiel et des indemnités de réduction de l’horaire de travail (RHT). Cet instrument a fait ses preuves et a permis de sauver de nombreux emplois dans l’industrie suisse ces dernières années, comme l’a encore montré récemment une étude réalisée par le Centre de recherches conjoncturelles de l’EPFZ (KOF) sur mandat du SECO.

Ainsi, une entreprise, qu’il s’agisse d’une société industrielle, d’un organisateur d’événements ou d’un hôtel, peut réduire ses coûts de manière significative et éviter de devoir licencier du personnel. Le chômage partiel agit précisément lorsque les entreprises ont des problèmes et seulement aussi longtemps qu’elles en ont. En outre, elle ne présente guère d’effets d’aubaine. Tout au contraire, un plan de relance quel qu’il soit ne serait pas aussi efficace car il démarrera trop tard, au moment ou la crise sera probablement déjà terminée.

* Collaborateur scientifique Economiesuisse






 
 

AGEFI



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