COP25: et si l’économie changeait de paradigme!

jeudi, 28.11.2019

Olivier Ferrari*

Olivier Ferrari

L’humain, par son modèle de développement économique, mène actuellement une guerre à l’encontre de la nature, s’il gagne, il est perdu. Voici le constat que l’on pourrait retenir à la veille de cette énième conférence sur le climat, dont la volonté est d’accroître les engagements des pays en 2020. 

Les impacts du concept actuel de production/consommation commencent à se mesurer en mort humaines. Tous les indicateurs démontrent que les émissions de gaz à effet de serre sont en constante augmentation. L’urgence climatique qui se débat depuis 25 ans au niveau des conférences sur les parties n’est plus à démontrer. Dans 20 ans il sera déjà trop tard pour agir! Dans le monde entier les inondations torrentielles deviennent une constante, les feux de forêts déclenchés par l’humain ne le sont pas qu’en Amazonie, le Continent africain qui, est presque deux fois plus grand que l’Amérique du sud brûle, ainsi que plusieurs grandes zones en Asie. Les tempêtes violentes se succèdent, l’érosion des terres se font écrouler des ponts, des pans de montagnes qui ensevelissent des villages. La liste est longue et pourtant, depuis un quart de siècle, il y a une étrange impression d’immobilisme actif!

Si les pays riches disposent de moyens financiers subséquents, les pertes et les dommages causés par le changement climatique ont un impact déterminant sur les pays les plus pauvres. 10% des personnes ayant les revenus les plus élevés dans le monde représentent, par leur style de vie, le 50% des émissions à effet de serre.  À l’opposé, les 50% des plus pauvres ne représentent qu’un ratio de 10%. Un des autres objectifs de cette COP25 doit permettre de déplacer la balance de la justice vers les personnes touchées par le climat et de mettre en place les mécanismes de financement des pertes et des dommages liés. 

Pour la première fois de son histoire l’humanité, indépendamment de son origine, de son genre ou de ses convictions religieuses/philosophiques est confrontée au même destin: comment assurer la vie sur la seule planète bio diversifiée du système solaire, au-delà d’un siècle. Car de la double crise du climat et de la biodiversité qui s’enracinent, la nature peut fournir près de un tiers des solutions pour limiter le réchauffement à 1,5° d’ici … 2030. Les solutions fondées sur cette nature doivent être en phase avec des politiques ambitieuses et transformationnelles visant à mettre fin à l’utilisation des combustibles fossiles et aux subventions accordées. Ce ne sont pas des taxes sur les carburants ou les transports qui sont une solution, la France, le Liban, L’Uruguay et le Chili entre autres nous ont démontrés les limites de cette approche.  

Il convient d’investir dans les technologies et entreprises permettant de substituer la production énergétique par le fossile, de même que d’en réduire le besoin et de modifier les modèles de consommation du tout à la poubelle

Nous sommes potentiellement à l’aube de la plus grande croissance économique. En 150 ans l’humanité a construit un monde contre nature. Aujourd’hui il peut le rénover, le reconstruire et poursuivre une construction responsable.

* Directeur général, Coninco






 
 

AGEFI




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