COP24: le changement doit être économique

jeudi, 29.11.2018

Olivier Ferrari*

Olivier Ferrari

La 24e édition de la Conférence des Parties COP24  à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques se tient à Katowice, dans le sud de la Pologne. Cette nouvelle édition doit permettre d’élaborer et d’adopter un ensemble de décisions garantissant la pleine application de l’Accord de Paris.

Le 8 octobre 2018, le dernier rapport du Giec, soit le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, a été présenté au public. Les propos étaient sans ambiguïté, il y a urgence et des solutions doivent être implémentées sans attendre. Ce considéré que l’année 2017 a vu les émissions de gaz à effet de serre issues de l’énergie repartir à la hausse! Ce que nous vivons aujourd’hui au niveau planétaire n’est pas un cas unique. Mais notre aveuglement et notre non prise en considération des impacts réels de notre système de développement ne sera plus négatifs pour les nouvelles générations, mais biens pour celles qui sont actuellement en vie.

Que nous dit l’histoire?

L’étude des archives de la Terre nous permet de disposer d’informations dont l’impact du réchauffement climatique sur le vivant. Un des premiers faits historiques d’impact négatif a été les grandes éruptions volcaniques, il y a plusieurs millions d’années, qui ont injecté dans l’atmosphère des quantités massives de gaz carbonique. Le deuxième évènement, qui a conduit à un réchauffement massif, s’est déroulé il y a 66 millions d’années avec la chute d’un corps céleste d’une dizaine de kilomètre de diamètre. L’impact a dégagé une énergie qui aurait à nouveau libéré des quantités massives de gaz carbonique.  Ce processus s’est mis en place au cours de quelques centaines à milliers d’années pour des conséquences qui auraient durés 100.000 ans. L’impact de ce corps céleste aurait libéré 1400 gigatonnes de CO2 alors que notre civilisation en a fait de même depuis la révolution industrielle avec le charbon, il y a à peine deux siècles. La seule année 2017 a vu la libération de 32,5 gigatonnes de CO2. Si le deuxième fait a vu disparaître les dinosaures, la situation actuelle, avec un Homo sapiens censé être plus raisonné et intelligent que les dinosaures, aurait dû ne pas en arriver au stade en cours.

L’océan, un marqueur critique

Un article publié dans le Geology d’août 2018 relève les modifications de quantité de certains métaux lourds dans les sédiments marins ce qui induit un changement de l’écosystème. Cette évolution semble ne pouvoir s’interpréter que par la diminution de la quantité d’oxygène dissoute dans les océans, ce qui s’accorde avec le propos de l’impact de l’élévation du niveau de température. Un phénomène qui se mesurait également après la chute du corps céleste relevé précédemment.

L’empreinte des activités humaines depuis la première révolution industrielle a précipité la  terre dans une nouvelle ère géologique où tous les écosystèmes sont affectés. On parle de capitalocène qui est un concept qui prend comme point de départ l’idée que le capitalisme est le principal responsable des déséquilibres environnementaux.

Nous sommes dans une crise écologique systémique dont le politique peine, pour des raisons d’intérêts d’Etat, à précipiter un changement. Celui-ci ne pourra être effectif que par une évolution de notre système économique. La COP24 sera-t-elle ce détonateur ou un consensus de plus des dits intérêts d’Etat?

* CEO, CONINCO 






 
 

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