Il existe maintenant un Wikipédia intraçable sur le DarkWeb

mardi, 28.11.2017

Contre la censure du gouvernement turc, un ex-ingénieur de Facebook a créé un prototype de Wikipédia pour le Dark Web. Cette version inédite tend à ce que l'encyclopédie devienne un service protégeant intégralement l’anonymat de l’utilisateur.

Marine Humbert

Wikipédia pourrait bien se retrouver de façon permanente sur le darknet. (wikipedia.org)

Une nouvelle version de Wikipédia, encore expérimentale, vient de naître, et elle se situe sur le Dark Web. Rien de révolutionnaire pour les internautes qui ont l’habitude de visiter quotidiennement le portail Wikipédia sur le web traditionnel. Mais un petit pas contre la censure, notamment pour les Turcs, qui se sont vu interdire par leur gouvernement l’accès à Wikipédia depuis le mois d’avril. Sur le même schéma la Russie avait bloqué brièvement l’accès à l’encyclopédie libre en 2015 à cause d’une page sur le charas, une forme de cannabis.

Pour le moment, seule la lecture des contenus est possible car Wikipédia bloque l’édition de contenus via le réseau Tor (The Onion Router) afin d’éviter un nombre incalculable de troling. Reste que le service, qui n’est pas officiel, fonctionne. Wikipédia, version Darknet, devrait être en service pour quelques jours seulement, car il n’est qu’un prototype créé par Alec Muffet, un ex-ingénieur en sécurité chez Facebook, voulant inciter la communauté à développer une version officielle de Wikipédia sur le darknet.

Wikipédia est déjà présente sur le darknet mais dans une version qui oblige le trafic de l’utilisateur à quitter le réseau Tor, le soumettant à nouveau à la surveillance au point où le trafic devient non crypté.  Cette version inédite en service d’oignon permet au trafic d’être constamment crypté et donc caché.

Alec Muffet est allé plus loin que les quelques idées disséminées sur le net à propos d’un service d’oignon pour Wikipédia. Par une démarche concrète, il a voulu prouver qu’une plateforme totalement anonyme est possible. Le tenant de ce projet est de déménager tout le contenu de l’encyclopédie numérique dans les serveurs décentralisés du réseau Tor, pour que Wikipédia devienne un service protégeant intégralement l’anonymat de l’utilisateur et donc rendant impossible toute traçabilité de l’individu par les autorités. Avec un soutien considérable de la communauté, Wikipédia pourrait bien se retrouver de façon permanente sur le Darknet.

Le Darknet pour les débutants

Mais en fait le darknet c’est quoi?

La partie de l’internet indexée par Google ou d’autres moteurs de recherches est connue sous le nom de «Surface Web». Elle représente une fraction de l’ensemble du web, peinant à atteindre les 10%. Vient ensuite le «Deep Web», isolé de l’indexation. Cette partie du web ne nécessite aucune compétence particulière pour y accéder, la plupart des gens y passent d’ailleurs beaucoup de temps sans s’en rendre compte. Le Deep Web comprend les sites nécessitant une certaine forme d’authentification, comme les comptes de messagerie électronique, les services de cloud computing, certains sites bancaires, ou encore les réseaux internes des entreprises et autres bases de données. En dessous du Deepweb, se situe le « Dark web », la partie la plus petite et la plus isolée d’Internet. Cette face cachée du web est principalement associée aux activités illégales et au crime, encouragés par l’anonymat du réseau. Elle contient un catalogue de pages inaccessibles sur les navigateurs classiques, comme des sites revendeurs de drogues livrant à domicile, d’où l’appellation de darknet, la face sombre d’internet. Mais il faut bien garder à l’esprit que le Dark Web et Tor sont technologiquement neutre. Des outils comme le réseau Tor peuvent être utiles pour maintenir l'anonymat des personnes sous surveillance, comme les activistes politiques, les journalistes et les militants des droits de l'homme.

Comment accéder au Darknet?

Le darknet est uniquement accessible via des réseaux particuliers qui permettent de parcourir le web de manière anonyme. Le plus connu est le réseau Tor (The Onion Router), devant I2P (the invisible Internet Project) et Freenet.

La connexion sur le réseau n’est pas directe comme sur le Web classique. Une série de nœuds, appelés «routeurs onions», se glissent entre l’ordinateur et le serveur, rendant la connexion intraçable. Le trafic internet est dirigé à travers le réseau de relais aléatoires. Le navigateur construit une route de connexions cryptées, une par une. Chaque relais ne connaît que les relais précédent et suivant, mais l'itinéraire de connexion complet reste introuvable. Le navigateur Tor utilise de nouvelles clés de chiffrement pour chaque connexion afin que la source et la destination des données restent inconnues, même en cas de tentative d'interception. Le .com est remplacé par.onion.

Marche à suivre : 1. Pour accéder au darkweb, il faut télécharger un logiciel spécial et correctement configuré comme Tor (The Onion Router), I2P (Invisible Internet Project) ou Freenet. 2. La porte d’entrée du réseau est un wikicaché, une sorte de wikipedia qui classe les sites accessibles sur le darknet par catégories. Parmi elles, Facebook version anonyme, mais aussi des sites de ventes d’armes, de drogue, de données personnelles et financières, de médicaments et d’outils de piratages, ou encore des sites pornographiques. 3. Pour commander un produit, la marche à suivre est classique, avec les champs de commande, l’ajout au panier, et même les commentaires à propos de la prestation du vendeur. Il faudra payer l’addition en bitcoin, cette monnaie virtuelle intraçable. 

A noter que les consommateurs et les vendeurs de substances illicites sur le Darknet encourent les mêmes peines que dans la rue.


 

 
 

 
 

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