Les épidémies renchérissent la viande de porc, sauf en Suisse

lundi, 28.09.2020

Contrairement au reste du monde, les consommateurs suisses n'ont pas pour l'heure subi une envolée des prix de la viande de porc, grâce notamment à une production locale.

En Suisse, la consommation de viande de porc a atteint l'année dernière 21,2 kg par habitant, à comparer aux 14,2 kg de volaille et 11,3 kg de boeuf engloutis.(Keystone)

Les prix de la viande de porc se sont envolés sur les marchés mondiaux, en raison de la peste porcine africaine qui a décimé les élevages et les difficultés logistiques provoquées par la pandémie de coronavirus. En Suisse, le consommateur devrait cependant profiter d'une relative stabilité des prix, selon les professionnels.

La tendance vers une consommations modérée de viande et l'arrivée sur le marché d'alternatives végétales ne sont pas près de détrôner les grillades de côtelettes et d'escalopes. En Suisse, la consommation de viande de porc a atteint l'année dernière 21,2 kg par habitant, à comparer aux 14,2 kg de volaille et 11,3 kg de boeuf engloutis, selon les statistiques de la faîtière Proviande.

La consommation de viande de porc a cependant légèrement diminué au fil des ans. Elle se situait encore à 25,3 kg par habitant en 2010 et a depuis baissé de 16%. Pour l'ensemble de la viande, le repli entre 2010 et 2019 s'élève à 4,4%.

Mais le secteur fait face à plusieurs crises. L'épizootie de peste porcine africaine a ainsi entraîné la disparition de centaines de millions de cochons au niveau mondial, a récemment estimé l'interprofession de la charcuterie française (FICT).

Cette hécatombe a provoqué "une flambée des prix des pièces de découpe s'élevant jusqu'à 140% du prix constaté en début d'année, notamment suite à une énorme demande de la Chine", selon les propos du président de la FICT, Bernard Vallat, relayés par l'AFP.

La peste porcine n'est pas enrayée, loin de là. Le virus s'est propagé à la Corée du Sud, la Namibie, la Pologne et la Bulgarie. En Allemagne, des premiers cas ont été constatés chez des sangliers.

La pandémie de coronavirus n'a fait qu'aggraver la situation. Les mesures sanitaires comme le confinement ont lourdement impacté le commerce mondial, notamment au niveau du transport maritime. La fermeture d'abattoirs en raison de cas de coronavirus, comme ceux de Tönnies en Allemagne, a également contribué à une diminution de l'offre.

En Suisse, les consommateurs n'ont pas pour l'heure subi une envolée des prix de la viande de porc, grâce notamment à une production locale qui couvre 93% de la demande totale, selon la fédération Swissporcs.

Entre janvier et fin juillet, la viande de porc, au départ du producteur, ne s'est renchérie que de 4,5%, avec une hausse de 3,3% du label IP Suisse et de 9,3% pour le bio. Par pièce, et côté prix consommateurs, l'escalope a baissé de 2,7%, tandis que les tarifs pour le rôti (+3%) et le ragoût (+1,6%) ont légèrement augmenté.(AWP)






 
 

AGEFI



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