Construire encore des routes en 2018, une hérésie?

lundi, 29.10.2018

Nicolas Leuba*

Nicolas Leuba

Aujourd’hui en Suisse, plus de 56% du transport des marchandises s’effectuent par la route. Si notre économie - du fait notamment de sa rapide digitalisation - connaît une profonde mutation, le trafic routier est et restera nécessaire.

Le 4 octobre dernier, le Canton de Vaud inaugurait en grande pompe un nouveau tronçon routier cantonal: la RC 177. Longue de 5,5 kilomètres, cette dernière relie désormais la jonction autoroutière de Cossonay à la zone industrielle de Vufflens-la-Ville-Aclens, au nord-ouest de Lausanne.

Mais en 2018, n’est-ce pas une hérésie de construire encore des routes? Certains le pensent sans doute.

Dans un pays comme la Suisse, habitué aux mécanismes horlogers compliqués, rompu à l’art du compromis et du juste milieu, nous savons toutefois que tout est question de dosage et de subsidiarité.

En l’occurrence, le transport routier est complémentaire aux autres types de mobilité et au rail en particulier.

Le Canton de Vaud est d’ailleurs très clair dans son discours: le rail pour les longues distances, la route pour la desserte fine des derniers kilomètres. La nouvelle RC 177 permettra ainsi de développer la complémentarité entre la route et le rail pour le transport des marchandises. Sans compter qu’elle réduira le trafic et améliorera la qualité de l’air dans l’ouest lausannois, qui offrait jusqu’ici le seul accès à l’autoroute pour les poids lourds.

Aujourd’hui en Suisse, plus de 56% du transport des marchandises s’effectuent par la route. Si notre économie - du fait notamment de sa rapide digitalisation - connait une profonde mutation, le trafic routier est et restera nécessaire.

Contrairement aux prévisions de certains, on ne pourra pas se passer de la route, tant pour le transport individuel ou collectif que pour le transport de marchandises. Si les consommateurs peuvent effectivement faire leurs achats depuis leur domicile, encore faut-il des routes et des véhicules pour acheminer les marchandises.

L’augmentation du nombre d’usagers, notamment aux heures de pointe, montre également les limites de notre réseau. Il est donc indispensable de se donner les moyens d’entretenir et de développer notre réseau routier afin de garantir une fluidité optimale du trafic, nécessaire aussi bien au bien-être de la population qu’à la prospérité de nos entreprises et de notre économie en général.

Construire des routes n’est donc pas une hérésie. Ni une fin en soi. Le développement de nos infrastructures doit se faire de manière réfléchie, en favorisant les complémentarités entre les différents types de transports. Cet art du compromis et du juste milieu qui fait la force de la Suisse.

La RC 177 en est un parfait exemple. Elle est le fruit d’une excellente collaboration entre les milieux économiques et politiques. A côté de ses fonctions premières - favoriser le développement du principal pôle rail-route du canton de Vaud et soulager l’ouest lausannois du trafic de poids lourds - elle permet de délester les zones habitées de plusieurs localités des nuisances dues à la circulation. Plus de 50 mesures environnementales ont également été réalisées pour réduire l’impact sur la nature, la faune et la flore, ainsi que revitaliser la Venoge, chère aux Vaudoises et aux Vaudois.

* Président, Vaud Routes






 
 

AGEFI



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