Comment contribuer à réaliser les 17 objectifs de l'ONU?

lundi, 27.05.2019

Jean-François Beausoleil* Cyril Meury**

Jean-François Beausoleil, directeur régional, UBS Genève.

«Nous sommes la première génération à faire face à toute l’étendue des problèmes de notre planète. Et nous sommes la dernière à pouvoir agir à titre préventif»: la façon dont une récente étude d’UBS a résumé la situation est éloquente – il est minuit moins une. Autrement dit: il est urgent d’agir. 

L’affaire de toutes et de tous

C’est dans ce but qu’en 2015, le Sommet des Nations unies sur le développement durable a défini dix-sept objectifs à atteindre au niveau mondial d’ici à 2030 (ils figurent en détail en pied de page). Leur but: une planète en meilleure santé. Et un monde meilleur pour tous. Mais que peut faire chacun à son niveau pour atteindre ces objectifs? Et que peut faire un établissement bancaire pour concrétiser ces objectifs?

Car pour atteindre l’intégralité des dix-sept ambitions énoncées dans le plan 2030, il est crucial que toutes les bonnes volontés s’allient et s’unissent. Non seulement les responsables politiques, mais aussi les dirigeants économiques se doivent d’agir. Et, au final, toute la population. 

Lutter contre la pauvreté

Premier objectif: mettre fin à la pauvreté sous toutes ses formes et partout dans le monde. Selon la Banque mondiale, plus de 800 millions de personnes vivent au-dessous du seuil de pauvreté, autrement dit avec moins de 1,25 dollar américain par jour. Environ 70% des personnes concernées sont des femmes. 

Dans les pays les plus pauvres, c’est aujourd’hui encore une question de vie ou de mort. Pour obtenir ces améliorations, il faut mettre en place des systèmes de protection sociale adaptés aux besoins des différents pays, ainsi qu’une protection de base pour tous. Il convient en outre d’encourager les stratégies de développement orientées vers la pauvreté et l’égalité entre les sexes. Pour que l’argent soit affecté plus rapidement au traitement des problèmes.

Protéger les océans

Les autres points au programme ne sont pas moins urgents. L’objectif n°14, par exemple, appelle à réduire drastiquement tous les types de pollution dans les mers. Il vise aussi à ramener l’acidification des océans au niveau minimum d’ici à 2025. Dans un avenir presque immédiat, dès 2020, les écosystèmes marins et côtiers devront être gérés et protégés de façon durable. 

La pêche devra aussi avoir été régulée d’ici là. Afin d’endiguer la surexploitation des ressources halieutiques, l’objectif prévu est de mettre fin aux activités de pêche illégales et non régulées ainsi qu’aux pratiques destructrices d’ici à la fin de l’an prochain. De plus, il est prévu d’interdire certaines formes de subventionnement de la pêche.

Mettre fin au déboisement effréné

Les problèmes ne sont pas moins aigus sur les terres. La biodiversité ne cesse de reculer et les surfaces forestières disparaissent à une vitesse effrénée. L’objectif n°15 appelle par conséquent, dès l’année prochaine, à mettre un terme au déboisement et à rétablir les forêts mises à mal. La reforestation doit prendre beaucoup plus d’ampleur au niveau mondial. 

La désertification est un autre problème majeur. L’objectif vise à assainir, à un horizon de dix ans, les surfaces concernées ou touchées par la sécheresse ou par les inondations. Dans le cadre de la protection des espèces, l’objectif n°15 exige encore des mesures mettant fin au braconnage et au commerce des espèces animales et végétales protégées.

Chacun à son niveau

Certains esprits un peu chagrins rétorqueront qu’il est facile de prêcher la bonne parole, surtout quand les attentes exprimées visent d’autres que soi. Ils n’ont pas complètement tort. Chacun doit prendre ses responsabilités. 

Dans le secteur bancaire, UBS s’est engagée, comme société, en inscrivant sa participation au plan 2030 dans un partenariat. La question du développement durable est d’ailleurs un enjeu majeur dans le cadre de son activité et de ses objectifs internes. Elle le démontre concrètement, d’une part en mettant l’accent sur les investissements durables, d’autre part en agissant à son propre niveau.

L’engagement d’un institut bancaire

Le développement durable se laisse aussi traduire dans la réalité économique et financière. Il peut constituer un critère d’investissement déterminant pour les patrimoines que la banque administre ou pour les crédits qu’elle accorde. 

Belles paroles. Mais il faut aussi des actes concrets, mesurables et vérifiables. Ainsi, en Suisse, UBS propose à ses clients privés des portefeuilles d’investissement 100% durables. Les encours de ces mandats dépassent aujourd’hui déjà les 5 milliards de francs. Au niveau mondial, ce sont déjà 10% des avoirs gérés, soit quelque 313 milliards de dollars de fonds de clientèle qui sont investis de façon durable. En progression de 72% par rapport au niveau d’un an passé.

Les investissements d’impact

A la fin de l’an passé, chez UBS, les placements durables ont atteint le montant de 1110 milliards de dollars américains. Ils représentaient ainsi plus d’un tiers du patrimoine administré par la banque. En outre, lors du Forum de Davos en 2017, elle s’est engagée à mobiliser, sous cinq ans, 5 milliards de dollars de patrimoine privé en vue d’atteindre les objectifs de durabilité des Nations Unies et ceux  de l’accord de Paris sur la protection du climat (impact investments).

Dans ses règles internes, UBS a défini des standards exigeants pour le financement des émissions de CO2. Ces exigences incluent notamment l’interdiction totale de financer, où que ce soit dans le monde, des projets de centrales à charbon. Dans ses livres, par rapport à 2017,  les investissements dans les placements non neutres en CO2 ont reculé de 60%, pour descendre à 2,7 milliards de dollars.

Des mesures environnementales aussi en interne

Comme déjà signalé, le souci de rendre le monde meilleur ne peut pas se limiter à des impératifs frappant les autres. Chacun doit apporter sa contribution à modifier l’état des choses. Ainsi, l’énergie électrique consommée par UBS en Suisse est désormais issue à 100% de sources renouvelables. Dès l’année prochaine, la banque aura réduit ses émissions de gaz à effet de serre de 75% par rapport à 2004.

Autre action: ses employés recourent nettement moins aux transports aériens. En chiffres, les déplacements en avion ont été divisés par deux, passant d’un milliard de kilomètres en vol (2007) à 515 millions de kilomètres (2018). Depuis 2017, la banque compense 100% des émissions rejetées par ses vols en avion.

Impliquer les clients

Si l’on parvient à changer aussi les comportements des clients de l’institut bancaire, l’effet de levier est évidemment massif. D’ores et déjà, près de deux tiers des clients d’UBS reçoivent leurs documents bancaires par voie électronique. Ils ne sont plus qu’un quart à les recevoir exclusivement par la poste. 

Pour situer l’évolution: il y a seulement un an, ils étaient encore deux fois plus nombreux. Et l’impact se laisse chiffrer: ce sont ainsi, chaque année, environ 40 millions de feuilles de papier qui sont économisées, soit la surface en bois de deux terrains de football.

Des actions sur le terrain

Cela fait déjà plusieurs années que le personnel de la banque s’engage, sur le terrain, en faveur de projets de bienfaisance. Au cours de l’an passé, plus de 4500 employés – soit plus d’un cinquième du total des collaborateurs en Suisse – ont effectué près de 43 000 heures de bénévolat. Plus du quart des heures accomplies faisaient appel aux compétences professionnelles des collaborateurs. 

Ces activités bénévoles – valorisées par l’entreprise puisqu’elles sont décomptées comme journées de travail – sont aussi multiples que variées. Elles vont du nettoyage d’un site protégé à l’encouragement de jeunes à suivre une formation et à entamer un apprentissage ou à la lecture d’histoires pour des enfants…

Il y a urgence

On le voit: les pistes sont nombreuses pour donner le bon exemple. Et c’est vrai à tous les niveaux. Car pour atteindre les dix-sept objectifs du plan 2030, l’action des politiques ou des grandes entreprises ne suffira pas: il faudra la participation de tous. Pour que la planète soit encore un lieu habitable dans onze ans.

Pourquoi un «Jour de la Terre»?

Le 22 avril 1970, des millions de gens sont descendus dans la rue pour protester contre l’augmentation de la pollution. Le smog commençait en effet à avoir des conséquences mortelles. Depuis cette date, on célèbre chaque année le «Jour de la Terre». 

Avec un milliard de personnes qui y participent désormais dans 192 pays, il s’agit de la plus grande journée d’action civile dans le monde. Cette année, le «Jour de la Terre» était placé sous le signe de la protection des espèces.

 

  • <media>Consultez les dix-sept Objectifs de développement durable (ODD) définis par les Nations Unies (ONU) en cliquant ici.</media>

 

* Directeur régional, UBS Genève
** Directeur régional, UBS Romandie






 
 

AGEFI



...