La station spatiale chinoise s'est désintégrée

lundi, 02.04.2018

Comme prévu, la station spatiale Tiangong-1 lourde d'environ 8 tonnes s'est complètement désintégrée en rentrant dans l'atmosphère.

Le laboratoire spatial avait été placé en orbite en septembre 2011 et a été utilisé pour des expériences médicales. (Keystone)

La station spatiale chinoise Tiangong-1 ("Palais céleste 1") est rentrée dans l'atmosphère terrestre lundi à 8h15 (02h15 en Suisse), au-dessus du Pacifique Sud. Elle s'est alors presque entièrement désintégrée au terme de deux années de vol incontrôlé en orbite.

"La plupart des équipements ont été détruits lors de la phase de rentrée dans l'atmosphère", a assuré le CMSEO, le bureau chinois chargé de la conception des vols spatiaux habités, dans un communiqué publié sur son site internet.

La 18e escadrille de contrôle spatial de l'armée de l'air américaine, qui a pour mission de suivre les objets artificiels en orbite terrestre, a dit avoir aussi repéré le Tiangong 1 quand il est rentré dans l'atmosphère au-dessus du Pacifique Sud.

Elle précise dans son communiqué avoir validé ce retour en coordination avec ses homologues en Australie, au Canada, en France, en Allemagne, en Italie, au Japon, en Corée du Sud et au Royaume-Uni.

Le laboratoire spatial avait été placé en orbite en septembre 2011 et a été utilisé pour des expériences médicales. Tiangong-1 était également considéré comme une étape préliminaire dans la construction d'une station spatiale chinoise planifiée à l'horizon 2023.

Pas de risque

La station spatiale longue de 10,4 mètres et lourde d'environ huit tonnes devait effectuer une rentrée contrôlée dans l'atmosphère terrestre, mais a cessé de fonctionner en mars 2016, suscitant des inquiétudes quant à sa chute. Le risque pour un être humain d'être touché par un débris spatial de plus de 200 grammes est d'un sur 700 millions, avait alors rappelé le CMSEO.

"Les gens n'ont aucune raison de s'inquiéter", avait-il assuré. Pékin avait promis dans la foulée un spectacle "splendide", semblable à une pluie de météorites.

En 60 ans de vols spatiaux, il y a eu quelque 6000 rentrées non contrôlées de gros objets fabriqués par l'homme, et un seul débris a touché une personne, sans la blesser, avait abondé Stijn Lemmens, un expert de l'Agence spatiale européenne (ESA). Lors de la rentrée dans l'atmosphère, la chaleur croissante et les frictions entraînent la combustion ou l'explosion de la structure principale, à quelque 80 km de la Terre.

Battage médiatique

La plupart des fragments se dispersent dans l'air et un petit nombre retombe relativement lentement avant de s'écraser. Le contact avec la planète a plus de chances de s'effectuer en mer: les océans occupent plus de 70% de la surface terrestre.

Le tabloïd chinois Global Times daté de lundi écrit que le battage médiatique autour du retour de Tiangong 1 s'expliquait par la "jalousie" des pays étrangers vis-à-vis de l'industrie spatiale chinoise.

"Il est normal pour un engin spatial de rentrer dans l'atmosphère, et pourtant, si Tiangong 1 a reçu tant d'attention, c'est en partie parce que certains pays occidentaux essaient (...) de jeter de la boue sur l'industrie aérospatiale chinoise en forte croissance", écrit le quotidien publié en chinois et en anglais.

Pékin: objectif Lune

La Chine a investi des milliards d'euros dans la conquête spatiale pour tenter de rattraper l'Europe et les États-Unis. Coordonnée par l'armée, elle est perçue comme un symbole de la puissance retrouvée du pays. Pékin ambitionne d'envoyer un vaisseau spatial autour de Mars vers 2020, avant de déployer un véhicule téléguidé sur la planète rouge.

Le géant asiatique souhaite aussi déployer d'ici 2022 une station spatiale habitée, au moment où la station spatiale internationale (ISS) aura cessé de fonctionner. La Chine rêve également d'envoyer un homme sur la Lune. (ats)






 
 

AGEFI



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