Trafigura passe à 5 millions de barils de pétrole par jour

mercredi, 07.06.2017

Chiffre d’affaires et résultats opérationnels sont en hausse. Le bénéfice net marque un recul de 20%, impacté négativement par des ajustements des participations dans Nyrstar et Porto Sudeste.

Nicolette de Joncaire

Christophe Salmon. Notre ratio de dette ajustée sur fonds propres est passé à 1,14. Nous continuons à viser un ratio de 1 sur le moyen terme.

Le groupe de négoce Trafigura annonce une marge brute en hausse de 6% sur le premier semestre 2017 à 1,238 milliards de dollars (1,173 milliards sur le premier semestre 2016). A 67 milliards de dollars, le chiffre d'affaires du semestre marque une nette progression vis-à-vis de celui du premier semestre 2016 (44 milliards de dollars). En conséquence, à 1,8%, la marge brute marque un déclin sur la même période l'an  dernier  où elle se montait à 2,7%.

Les six premiers mois de 2017 montrent une bonne performance opérationnelle due à des volumes en hausse sensible. Les flux de pétrole négociés sont en hausse, à 5 millions de barils/jour soit 25% de plus que sur la première moitié de 2016 où ils atteignaient 4 millions de barils/jour. Les volumes de métaux non ferreux négociés sont également en augmentation  de 16% à 7 millions de tonnes sur le premier semestre 2016. Quant au minerai de fer et au charbon, ils ont atteint un volume traité de 31 millions de tonnes soit une hausse de près de 50% par rapport aux 21 millions de tonnes négociées en première moitié de 2016. La bonne performance opérationnelle vient donc de la hausse des volumes  de trading et plus particulièrement de matières premières que Trafigura ne traite que depuis une période récente comme le fer et le charbon et dont les résultats positifs commencent à être perceptibles.

C'est le commerce avec l'Asie qui a largement déterminé l'accroissement des volumes. Les flux de pétrole et produits pétroliers vers la Chine et l'Inde ont doublé en un an. Le négoce des métaux reste également très axé sur l'Asie qui représente 60% de son chiffre d'affaires.

Les activités liées au pétrole et aux produits pétroliers contribuent pour un peu plus de la moitié à la marge brute alors qu'ils en représentaient les deux tiers au premier trimestre 2016. A contrario, le négoce des métaux et minerais dont la contribution à la marge n'était que du tiers l'an dernier, en représente aujourd'hui presque la moitié. Christophe Salmon, directeur financier du groupe, voit dans ce changement l'effet d'une bonne diversification du groupe entre des produits dont les marchés ne sont pas corrélés.

Le bénéfice net marque un recul de 20% à 470 millions de dollars par rapport à la même période l’année précédente où il se chiffrait à 602 millions. Il a été impacté négativement par des ajustements à la baisse des participations financières dans le groupe de zinc Nyrstar (dont Trafigura contrôle 24%) et dans le port géant brésilien de Porto Sudeste (dont Trafigura possède la moitié), ces deux actifs ayant essuyé des pertes.

La hausse des prix et volumes n’a pas affecté la liquidité du groupe, bien au contraire. Trafigura clôturait en mars une facilité de crédit de 2,7 milliards de dollars avec 41 banques dont 7 nouvelles. Son obligation perpétuelle, elle aussi émise en mars à 600 millions de dollars a été largement sursouscrite pour un coupon de 6,875%.

Trafigura continue à décroitre ses investissements et à se défaire d'actifs non-cœur avec pour conséquence une baisse de la valeur totale des actifs fixes de 8,5 à 8 milliards de dollars. Son objectif reste d'améliorer sont taux d'endettement. "Notre ratio de dette ajustée sur fonds propres est passé de 1,56 en 2015 à 1,48 en 2016 et à 1,14 au premier semestre 2017. Nous continuons à viser un ratio de 1 sur le moyen terme" explique Christophe Salmon.

A noter, la reprise de 24% du capital d'Essar Oil en Inde n'est pas incluse dans les comptes du premier semestre. La transaction d'achat de 300 millions de dollars devrait se conclure dans les prochaines semaines.

On notera, en matière d'investissement, que Trafigura s'est défait de sa flotte de navires entre fin 2016 et début 2017. La transaction annoncée la semaine dernière sur 32 tankers (22 fermes et 10 optionnels) en construction en Corée et en Chine, est le fait d'une société externe de leasing à laquelle Trafigura affrètera les bateaux à des taux compétitifs (et avec une option d'achat attractive selon le sens dans lequel évoluera le marché). Ces navires sont entièrement aux nouvelles normes de l'Organisation maritime internationale (IMO) en termes de recyclage des eaux de ballast et de teneur en soufre des carburants. Une partie importante des navires actuels ne répondant pas à ces normes, l'option d'achat peut se révéler très profitable si les règlementations internationales forcent une grande partie de la flotte mondiale à se retirer. 

En deuxième moitié d'année, Christophe Salmon anticipe une continuation, voire un renforcement,  des tendances de trading observées au premier semestre. Il observe, en effet, une concentration  accrue du marché du négoce dans les mains des acteurs de grande taille. L'affaiblissement du groupe Noble de Hong Kong renforce encore cette consolidation.

 

 


 

 
 

 
 

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