Ces valeurs fondamentales que la Suisse et l’UE partagent

jeudi, 05.09.2019

Catherine Lance Pasquier*

Catherine Lance Pasquier

Le Conseil national se penchera lors de sa session d’automne sur la nouvelle initiative de l’UDC visant à mettre fin à la libre circulation des personnes. Bien que l’accord bilatéral sur la libre circulation ait été plébiscité à de nombreuses reprises en votation populaire, la population suisse sera amenée à voter à nouveau dans quelques mois sur le thème préféré de l’UDC. 

Ces attaques répétées contre la présence de travailleurs européens en Suisse nient complètement la réalité. L’immigration dans notre pays fluctue en fonction des besoins des entreprises et de la situation économique en Europe. Elle contribue à lutter contre la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, en complément des efforts entrepris pour renforcer la participation sur le marché du travail de la main-d’œuvre locale. La Suisse compte plus de 5 millions d’emplois. L’emploi total (secteurs secondaire et tertiaire) connaît depuis 2010 une hausse continue et les places vacantes sont toujours plus nombreuses. La présence des travailleurs européens qualifiés est ainsi cruciale pour le développement de nos entreprises et le fonctionnement des infrastructures publiques, même en utilisant au mieux tout le potentiel local. 

En raison du lien entre les accords bilatéraux I, l’initiative ne menace pas seulement la libre circulation des personnes mais aussi les autres accords bilatéraux qui permettent un accès sans entrave au marché européen et à ses 500 millions de consommateurs. Il faut rappeler que l’Union européenne reste le meilleur client des entreprises suisses, loin devant les grands marchés lointains nécessaires à notre diversification. Les régions limitrophes notamment, comme par exemple le Bade-Wurtemberg, la Bavière, la Lombardie ou nos voisins français, représentent une importance économique considérable pour les entreprises suisses. 

Cette réalité, qui découle du positionnement géographique de notre pays ancré au cœur de l’Europe, montre l’interdépendance entre la Suisse et ses partenaires européens. Cette interdépendance n’est d’ailleurs pas seulement migratoire et économique mais se retrouve dans de nombreux domaines comme la recherche et l’innovation, la sécurité ou encore la protection de l’environnement. C’est aussi un ensemble de valeurs fondamentales que la Suisse et l’UE partagent et promeuvent.

Dans ce contexte, n’en déplaise à certains isolationnistes, la Suisse ne doit pas aborder ses relations avec l’UE de manière craintive, en se repliant sur son réduit national. L’édifice des accords bilatéraux a été patiemment construit, conformément au choix de la population suisse. Il faut cesser de mettre systématiquement en péril les éléments fondamentaux de la voie bilatérale et se consacrer maintenant à construire l’avenir. La Suisse a besoin de développer et de consolider ses relations avec son premier partenaire, de manière pragmatique et volontaire.

* FER






 
 

AGEFI




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