L’incertitude demeure malgré la performance positive des obligations à haut rendement

mercredi, 18.09.2019

Ces obligations et prêts continuent d’offrir des opportunités intéressantes de rendement ajusté au risque, en particulier pour les investisseurs se projetant au-delà des indices traditionnels.

David Mihalick*

La performance des obligations à haut rendement a été globalement positive durant la première partie de l’année, même si un certain nombre de facteurs de risque au niveau mondial ont fait craindre une volatilité sur les marchés. Les obligations et les prêts aux Etats-Unis et en Europe ont généré des rendements positifs au premier semestre de l’année. Les obligations américaines à haut rendement ont surperformé dans un contexte d’anticipations de politique accommodante des banques centrales, avec un rendement de 10,01% au premier semestre, suivies des obligations européennes (7,45%), des prêts américains (5,42%) et européens (2,70%). Malgré le solide rendement depuis le début de l’année, les spreads de taux sont demeurés importants par rapport à ce qu’ils étaient neuf mois auparavant. Ils compensent les investisseurs pour un niveau plus élevé de défauts de paiement que ce que les données fondamentales des entreprises indiquent actuellement.

Le cycle du crédit demeure la préoccupation principale

Alors que nous nous trouvons en fin d’un long cycle du crédit, des questions se posent quant à la solvabilité des émetteurs à haut rendement et, plus particulièrement, quant à la probabilité d’une augmentation des défauts de paiement. Dans l’ensemble, les fondamentaux des entreprises demeurent relativement sains. La croissance semble ralentir, mais de manière mesurée, et la plupart des entreprises ont des structures de capital en place qui peuvent résister à un ralentissement et s’y adapter. Le niveau de défauts de paiement est stable sur le marché actuel et aucune augmentation importante ou généralisée à court terme n’est à prévoir. Cela dit, il y a certains secteurs qui nécessitent certainement une attention particulière comme l’énergie, le commerce de détail et la santé, par exemple.

Les prévisions relatives aux taux d’intérêt ont considérablement baissé cette année, ce qui a contribué à un changement dans le sentiment des investisseurs. Lorsque les taux d’intérêt grimpaient, les investisseurs individuels affluaient en masse vers les prêts; au cours des six derniers mois, c’est l’inverse qui s’est produit, la politique de plus en plus accommodante des banques centrales a stimulé la demande de titres à taux fixe. Les sorties de fonds de prêts grand public ont contribué à maintenir les spreads à un niveau élevé par rapport à il y a neuf mois, sans qu’il y ait de changement important dans le contexte des fondamentaux. Les prêts demeurent attrayants, particulièrement en raison de leur volatilité historiquement plus faible et de leur position plus élevée dans la structure du capital. 

Outre les opportunités sur les marchés traditionnels des prêts et des obligations à haut rendement, il est intéressant d’investir de manière opportuniste dans des segments non traditionnels du marché, tels que les dettes en difficulté, les situations spéciales, les obligations structurées adossées à des prêts (CLO) et les dettes des marchés émergents. Ces marchés ne fonctionnent pas exactement de la même façon que les marchés traditionnels à haut rendement, et ils ne sont pas représentés dans les indices même si pour les gestionnaires qui possèdent la bonne expertise, des opportunités peuvent se présenter. De nombreux investisseurs ont commencé à réfléchir de manière plus stratégique à leurs allocations. Plutôt que d’essayer de «minuter» la catégorie d’actifs, il s’agit plutôt de savoir quand et où surpondérer ou sous-pondérer au cours du cycle du crédit. Une stratégie flexible ou opportuniste peut donner accès à un univers plus large d’opportunités potentielles, tout en donnant aux gestionnaires la flexibilité de se tourner vers les secteurs qui offrent une valeur attractive à tout moment.

*Responsable High Yield US, Barings






 
 

AGEFI




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