La mise au vert estivale de la BCE

mercredi, 15.07.2020

Ce jeudi, la Banque Centrale Européenne (BCE) devrait maintenir ses taux directeurs aux niveaux actuels et laisser inchangés les montants des rachats nets d’actifs. Le point d'Arthur Jurus, Chef économiste Landolt & Cie.

Arthur Jurus, Chef économiste Landolt & Cie.

Ce jeudi, la Banque Centrale Européenne (BCE) devrait maintenir ses taux directeurs aux niveaux actuels et laisser inchangés les montants des rachats nets d’actifs. L’environnement financier plus favorable orientera davantage les discussions sur le verdissement de sa politique monétaire.

Augmenter les rachats nets d’actifs dès juillet serait en effet plus coûteux que bénéfique pour l’institution monétaire

Depuis sa réunion de politique monétaire du 4 juin dernier, la BCE s’est offert le luxe de ralentir les nouveaux rachats de dettes italiennes sans impliquer de hausse des taux. Bien au contraire, la dette à maturité 10 ans de la Botte a même poursuivi sa tendance baissière à un rythme plus rapide que la baisse des taux allemands. Le risque de fragmentation financière sur le marché souverain européen a donc été neutralisé ces dernières semaines.

Par ailleurs, la BCE reste toujours tributaire du calendrier politique

Le projet de mutualisation des dettes publiques sera rediscuté ce vendredi lors du Sommet Européen. Si le niveau des transferts budgétaires devrait être revu en baisse, un plan « rapide » de relance européen – espéré par l’axe franco-allemand - serait de nature  à assouplir davantage les conditions financières. En l’absence de visibilité sur ces négociations, la BCE pourrait se contenter de réagir en cas de dégradation de l’environnement financier et rester proactive sans attendre les échéances des comités de politique monétaire. Intervenir avant les discussions entre les gouvernements européens n’est donc pas nécessaire.

Dès lors, que devons-nous espérer de la réunion de politique monétaire de jeudi ? La politisation de la BCE, vis-à-vis de la Commission Européenne, ne s’exprime plus seulement par l’incitation à augmenter massivement les dépenses publiques, mais également par le fléchage des investissements publics comme privés. Le verdissement de sa politique monétaire deviendra l’une de ses priorités.

Christine Lagarde sera ainsi questionnée sur ces sujets lors de la conférence de presse. Actuellement, l’institut de Francfort a racheté des lignes de crédit d’une quarantaine d’entreprises exerçant dans le secteur des énergies fossiles. La composition des rachats d’actifs évoluera alors que leur montant cumulé devrait excéder les 1750 milliards d’euros ces 12 prochains mois. Le positionnement de la BCE est ainsi susceptible de stimuler l’offre de crédits et d’obligations vertes et amener les investisseurs à s’interroger davantage sur le caractère responsable de leurs investissements et moins sur leur risque de défaut.






 
 

AGEFI



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