Cas d’usage: la blockchain et les contrats «intelligents»

jeudi, 16.01.2020

Olivier Desjeux*

Olivier Desjeux

Nous avons vu dans les articles précédents que la blockchain possède des attributs très intéressants dès lors que les données d’entrée sont valides. L’utilisation de techniques cryptographiques sur un réseau décentralisé permet de mettre à jour tous les registres distribués des actifs numérisés de façon automatique et immutable. Cette caractéristique confère à la blockchain le rôle d’agent de confiance intrinsèque pour toutes les transactions numériques, à la différence d’un réseau centralisé potentiellement vulnérable aux attaques et dont l’administration est confiée à un organe individuel.

Les règles de gouvernance sont établies, distribuées, et propres à chaque type de réseau blockchain. Ces règles de gouvernance déterminent le type de consensus et les règles auxquels tous les acteurs sont soumis pour la mise à jour de tous les enregistrements décentralisés. Etant donné que tous les échanges de transactions numérisées sur la blockchain sont reliés et automatiquement horodatés, tous les acteurs ont la possibilité d’accéder aux registres et de reconstituer complètement la vie des actifs en question. 

Donc cette technologie ouvre la porte à des possibilités d’optimisation par la réduction de coûts et de temps pour les processus de transactions, sans compter la possibilité de se passer complètement de papiers. Du reste, c’est un objectif que l’administration de Dubaï s’est fixée pour l’horizon 2021

 Dans le jargon, la transaction s’applique à un actif numérisé: c’est le jumeau numérique d’un actif physique. Pour que la transaction s’opère, l’actif numérisé va passer dans les mains d’un propriétaire à un autre selon un contrat, appelé smart-contract. Ce contrat «intelligent» permet d’échanger des liquidités de façon entièrement automatisé, donc avec une très grande réduction des délais, des risques d’erreurs et donc des coûts afférents. Un grand bénéfice en est attendu pour les transactions d’actifs inter-entreprises, en particulier dans le domaine de la logistique, du transport et des transactions douanières. 

Le contrat «intelligent» est une façon automatisée d’exécuter un accord entre parties. Il prend la forme d’un programme informatique distribué, qui doit être exécuté par tous les ordinateurs du réseau au moment où les conditions du contrat sont réunies: l’état des registres répartis sur le réseau est automatiquement mis à jour au moment où les ordinateurs s’accordent sur le consensus résultant de l’exécution du programme. Dans l’exemple des produits surgelés en supermarché, le contrat prévoit que le grossiste est automatiquement payé lorsque la quantité de produits est réceptionnée avec, par exemple, les certificats de provenance, de transfert douanier et de respect de la chaîne du froid. A ce stade, il suffit de valider la quantité étant donné que tous les autres éléments sont déjà disponibles dans l’enregistrement blockchain du produit.

Ce contrat «intelligent» est effectivement particulièrement adapté pour réduire les frictions des transactions d’actifs entre propriétaires. Le point faible est la transcription du contrat juridique en langage informatique qui requiert immanquablement l’assistance d’un expert dans le domaine.

* Consultant stratégie nouvelles technologies






 
 

AGEFI




...