Quand ESG ne rime pas avec durabilité

lundi, 24.08.2020

Boohoo Group, parmi les mieux notés en matière d’ESG, est accusé de sous-rémunérer ses employés.

Julien Staehli*

Julien Staehli

Le 5 juillet, la presse anglaise a révélé les résultats accablants d’une enquête sur les conditions de travail au sein de Boohoo, un détaillant de «fast fashion» en ligne basé à Manchester, UK. L’entreprise est accusée de rémunérer des employés pour 3,50 livres de l’heure, soit à peine un tiers du salaire minimum au Royaume-Uni. De surcroît, Boohoo a continué ses activités lors du confinement suite au Covid-19 et n’a pris aucune mesure d’hygiène spéciale et aucune mesure de distanciation n’était en place. Après révélation de ces nouvelles, le titre a perdu près d’un tiers de sa valeur.

Au-delà d’une simple notation

L’histoire n’est pas belle, mais ce qui dérange davantage, c’est que l’entreprise figurait parmi les mieux notées en matière de critères ESG, et donc était détenue par de nombreux gérants de fonds. Comment est-ce possible? Les agences de notation (comme MSCI ou Sustainalytics) évaluent les entreprises sur de multiples critères et certains sont plus pondérées que d’autres. Voilà pourquoi il faut se méfier de ces notations, qui doivent davantage être un point de départ et non une finalité. 

La recherche ESG va bien au-delà d’une simple notation et les investisseurs doivent être prudents dans la sélection des investissements labellisés ESG.

Le but de l’investissement durable est d’obtenir un rendement social ou environnemental en plus du rendement financier. Un investissement dans Boohoo aura échoué dans les deux cas. 

*Responsable de la gestion discrétionnaire de la Banque Bonhôte & Cie 






 
 

AGEFI



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