Big Data: il n’y a pas que les GAFA

dimanche, 18.11.2018

Jacques-Aurélien Marcireau *

Victimes de prises de profits, les grandes valeurs technologiques ont été chahutées au cours des dernières semaines. La baisse continue des taux d’intérêt américains entre 2006 et 2016 a poussé les investisseurs à se tourner vers les valeurs de croissance pour trouver de la performance. Les valeurs technologiques, par leur promesse de disruption, ont alors été largement plébiscitées.

Les niveaux de valorisation restent actuellement tendus, voire sensiblement élevés dans certains cas. Les turbulences pourraient bien se poursuivre. Néanmoins, le Big Data ne se résume pas au GAFA. Les données représentent le nouvel or noir du XXIe siècle pour tous les secteurs d’activité, y compris les plus traditionnels.

Toutes ces données ne représentent rien pour qui ne sait pas ou ne peut pas les analyser. Les entreprises qui savent utiliser ces données, quel que soit leur secteur d’activité, peuvent acquérir des avantages compétitifs grâce à la prise en compte d’un plus grand nombre de paramètres et donc à de meilleures décisions, au perfectionnement de l’existant (optimisation et réduction des coûts, gains de productivité, etc.) et à la création de nouveaux produits plus ciblés.

L’investissement dans le Big Data est aujourd’hui fondamental pour une entreprise qui souhaite pérenniser son activité et, le cas échéant, révolutionner son modèle de développement. Au-delà du secteur technologique, le traitement des données impacte de nombreux secteurs d’activité plus traditionnels comme la banque et l’assurance, le secteur automobile ou encore la santé.

Un portefeuille équilibré

Aujourd’hui, le Big Data s’impose  comme un axe stratégique d’investissement. Le secteur de la technologie, et plus particulièrement les GAFA, est le mieux compris par les investisseurs qui se sont donc massivement positionnés sur ces valeurs. Concernant les fournisseurs d’infrastructures qui mettent les données à disposition et les data users, ces entreprises non technologiques qui ont recours à l’exploitation des données afin d’en tirer un avantage stratégique, leurs valorisations moyennes restent plus raisonnables. Selon nous, on retrouve plus aisément des opportunités d’investissement au sein de ces segments.

La puissance de la thématique, alliée à une stratégie d’investissement disciplinée, ancrée dans le réel, doit être à même selon nous de fournir un support d’investissement performant dans la durée. Edmond de Rothschild Fund Big Data, fonds thématique lancé en août 2015, permet aux investisseurs de s’exposer aux entreprises directement impactées par la révolution des données ou en capacité de transformer leur modèle d’activité.

Une vision transversale permet de construire un portefeuille qui n’est pas uniquement constitué de valeurs technologiques. Par ailleurs, des entreprises ayant déjà transposé l’utilisation de ces données dans leur activité principale afin d’en tirer un avantage compétitif (data users) peuvent représenter jusqu’à 50% du portefeuille. Il faut donc  conserer une approche pragmatique:en sélecctionnant avant tout des leaders de leur secteur respectif, qu’il soit technologique ou non.

Se montrer sélectif à travers l’analyse des valorisations, ou encore des produits et solutions proposés, constitue une démarche pertinente. La sélection de titres représente la principale source de valeur ajoutée.

* directeur adjoint des gestions actions et gérant du fonds Edmond de Rothschild Fund Big Data






 
 

AGEFI



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