Berna Biotech, dernier fabricant de vaccin suisse

mardi, 04.02.2020

Cinq ans après la fin des activités de production de Berna Biotech, il ne subsiste plus véritablement en Suisse de capacités de fabrication de vaccins.

Ayant développé dans le passé des vaccins contre le tétanos, la diphtérie, la poliomyélite ou la rage, Berna Biotech réduit drastiquement son portefeuille au début des années 2000. (Keystone)

Berna Biotech, dernier fabricant de vaccins en Suisse a vu ses activités de production disparaître il y a cinq ans, après son acquisition en 2006 par le néerlandais Crucell. Après la reprise de ce dernier en 2011 par Johnson & Johnson, il ne subsiste à Berne plus qu'un centre de compétence intégré au sein de Janssen, division pharmaceutique du géant américain de la santé.

Avec la vente en 2015 par Novartis de la production de vaccins au britannique GlaxoSmithKline (GSK), il ne subsiste plus véritablement en Suisse de capacités de fabrication de vaccins, alors que les scientifiques se sont lancés dans le développement d'un vaccin contre le coronavirus nCoV-2019.

Les origines de Berna Biotech remontent à la création de l'Institut sérothérapique et vaccinal suisse, né de la fusion de l'Institut Vaccinal Suisse, fondé à Lancy et de la firme bernoise Häfliger, Vogt & Cie. Devenu l'Institut sérothérapique et vaccinal suisse, le fabricant de vaccins réunit en 1998 ses activités dans le groupe Berna, pour finalement s'appeler Berna Biotech. En juin 2001, il fait son entrée à la Bourse suisse.

Ayant développé dans le passé des vaccins contre le tétanos, la diphtérie, la poliomyélite ou la rage, l'entreprise réduit drastiquement son portefeuille au début des années 2000, celui-ci passant de 50 à 10 produits pour se concentrer notamment sur l'hépatite B et les difficultés respiratoires. En 2005, Crucell, alors six fois plus petit que sa cible en termes de ventes, lance une offre publique d'achat sur Berna Biotech.

Suite à l'offre néerlandaise, Novartis manifeste son intérêt pour le laboratoire bernois, le géant bâlois examinant alors les avantages d'une éventuelle fusion entre Berna Biotech et sa propre filiale Chiron. Le groupe rhénan renonce toutefois après examen des comptes, un retrait salué par le conseil d'administration de Berna Biotech, lequel privilégie Crucell.

Restructurations

Comme le redoutaient déjà certains actionnaires avant le rachat par Crucell, la fusion entraîne des suppressions d'emplois à Berne. Dans un premier temps, les activités de recherche et développement sont regroupées sur le site de Leiden aux Pays-Bas.

Mais la reprise intégrale de la firme néerlandaise par Johnson & Johnson et son intégration au sein du géant américain vont porter un coup fatal à l'activité de production de l'ex-Berna Biotech. Cessant la fabrication des vaccins Inflexal (contre la grippe) et Epaxal (hépatite A), Crucell annonce fin 2014 biffer 250 emplois sur quelque 460 à Berne.

La même année, la société américaine PaxVax reprend les activités liées au vaccin Vivotif contre le typhus et leurs 90 emplois. Emergent BioSolutions a acquis PaxVax en 2018.

Vaccins de Novartis vendus

Employant pas moins de 126'000 personnes dans le monde, Johnson & Johnson contrôle 265 sociétés dans plus de 60 pays. Présent en Suisse depuis 1959, le géant d'outre-Atlantique y compte quelque 4300 salariés dans ses filiales helvétiques, à savoir notamment Covagen, à Zurich, Cilag, à Schaffhouse, et Actelion, à Allschwil.

La multinationale fondée en 1886 dans le New Jersey, est également solidement implantée dans le domaine des dispositifs médicaux, ayant avalé en 2012 le spécialiste soleurois des équipements chirurgicaux Synthes. En Suisse romande, elle est présente dans le canton de Neuchâtel, notamment au Locle, y développant et produisant des implants, entre autres.

Johnson & Johnson est aussi connu pour ses produits de soins et d'hygiène. Le groupe détient notamment les marques bebe, Neutrogena (cosmétiques) Listerine (soins bucco-dentaires), Carefree, ob (hygiène intime), johnson's baby, Penaten (soins pour bébés).

Novartis a cédé sa division vaccins, antigrippaux exceptés, en 2015 à GSK dans le cadre d'une vaste refonte de leur portefeuille respectifs et la création d'une entreprise commune dans les médicaments sans ordonnance (OTC). Le laboratoire rhénan a vendu sa part dans la coentreprise Consumer Healthcare à son partenaire en 2018 pour 13 milliards de dollars. (awp)






 
 

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