Ces opportunités d’investissement en Chine qui sont restées inexploitées

mardi, 19.11.2019

Avec plus de 3000 sociétés cotées à Shanghai et Shenzhen, les actions A sont la solution la plus simple d’accès au marché chinois pour les investisseurs.

Laura Jalabert*

En peu de temps, la Chine est devenue la deuxième puissance économique mondiale, derrière les Etats Unis. L’accès aux valeurs chinoises est longtemps resté particulièrement difficile pour les investisseurs étrangers, le marché chinois étant isolé du système financier mondial. Aujourd’hui encore, accéder aux meilleures opportunités de ce marché peut s’avérer être un défi.

Un marché action de plus en plus simple d’accès

La première étape vers l’ouverture des marchés actions a été la mise en place de quotas officiels destinés aux investisseurs étrangers. Le programme QFII (Qualified Foreign Institutional Investor) a été lancé en 2002, permettant aux investisseurs institutionnels qualifiés d’acheter des actions dénominées en dollar. Son pendant, le programme RQFII (Renminbi Qualified Foreign Institutional Investor), a quant à lui été lancé en 2011 pour permettre l’investissement dans les actions dénominées en yuan. Il y a néanmoins eu pendant longtemps des conditions assez strictes à remplir pour être qualifié de QFI (investisseur institutionnel qualifié) et des limites sur les montants investis par investisseur. 

Avec plus de 3000 sociétés cotées à Shanghai et Shenzhen, les actions A (A-shares), disponibles via le RQFII, sont la solution la plus simple d’accès au marché chinois pour les investisseurs. Grâce à la réduction des restrictions et à la poursuite de la libéralisation du marché, les investisseurs internationaux peuvent désormais négocier des actions A et gérer leurs liquidités plus facilement via le programme Stock Connect mis en place en 2014, sans avoir à passer par le système de quotas précédent.

Ces actions A sont même devenues des «must have», du fait de leur prise en compte croissante dans la composition des principaux indices internationaux. En 2018, MSCI a ainsi commencé à inclure les actions A dans ses indices de référence de marchés émergents mondiaux. 

Dans de nombreux cas, les actions A représentent la seule option permettant aux investisseurs de s’exposer aux sociétés chinoises de qualité, disposant d’une faible sensibilité aux cycles politiques et d’un potentiel de croissance élevé, résultant de la modernisation de la consommation et des avancées technologiques.

L’économie chinoise affiche en effet des tendances de croissance robustes qui devraient également se refléter sur les marchés boursiers. Il y a notamment un essor de la consommation intérieure et une véritable révolution technologique en cours, qui commence même à atteindre même les zones les plus reculées.

A noter que les autorités chinoises (le China’s State Administration of Foreign Exchange) ont annoncé en septembre de cette année que ces deux programmes allaient prendre fin sous peu, marquant un tournant décisif dans l’ouverture du marché chinois aux investisseurs étrangers. Elles n’ont néanmoins pas encore communiqué sur les dates et les modalités de ces changements.

Des opportunités sur le marché obligataire

Le marché obligataire chinois s’est développé dans le sillage de la croissance économique et est actuellement le deuxième plus important au monde. Il convient de souligner que la participation étrangère est presque nulle sur ce marché, puisqu’elle ne représente que 3% environ sur un volume total de près de 12 milliards de dollars. La création de nouveaux canaux d’accès et l’harmonisation avec les normes de marché internationales devraient donner lieu à des changements majeurs. Dans ce contexte, les acteurs qui disposent déjà d’une certaine présence sur le marché bénéficient d’un avantage.

En avril 2019, l’indice Bloomberg Barclays Global Aggregate, l’un des principaux indicateurs de la performance des obligations mondiales, a ajouté à sa gamme des obligations chinoises. Nous estimons que l’inclusion pourrait générer au moins 150 milliards de dollars américains d’apports au cours de la période d’inclusion de 20 mois (se terminant en novembre 2020), simplement en rééquilibrant les stratégies passives liées à cet indicateur de référence.

Certes, les contraintes réglementaires et juridiques pour les investisseurs étrangers sont de plus en plus allégées, mais l’accès au marché chinois reste malgré tout difficile. Certains obstacles persistent, notamment des barrières informelles. Le marché financier chinois est vaste et complexe. Pour les investisseurs habitués aux marchés des pays dits développés, sa structure et son fonctionnement sont opaques. De plus, les actions individuelles et les émetteurs obligataires sont souvent difficiles à comprendre pour les investisseurs; l’effort à produire est considérable et un savoir-faire local est essentiel. Il est donc important d’être accompagné par un partenaire à même de fournir un accès rapide et efficace à des solutions adaptées.

*En charge des ETFs et fonds indiciels sur la Romandie et le Tessin, BlackRock






 
 

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