Avec le home office, une nouvelle géographie économique se dessine

lundi, 27.07.2020

Xavier Comtesse*

Xavier Comtesse

S’il y a un changement important pour les entreprises résultant de la crise sanitaire 2020, c’est sans aucun doute l’émergence du travail à distance. Tout le monde ou presque a dû dans l’urgence s’adapter à cette pratique. Les entreprises ont rapidement réagi, elles proposent maintenant de pérenniser cette pratique du travail à domicile. 

La semaine dernière Novartis, suivant plusieurs grandes entreprises mondiales, a adopté cette mesure qui va être proposée aux employés pour toujours. Ainsi ceux-ci sur une base volontaire, pourront désormais travailler aussi depuis la maison. C’est une véritable révolution car cela aura des effets importants sur la qualité de vie des employés, sur la réorganisation du travail, sur le trafic urbain, sur les magasins et restaurants proches des sièges des grandes entreprises. Beaucoup d’espaces seront aussi ainsi économisés provocant inévitablement une crise immobilière car le «home office» va libérer une bonne partie de la demande! Les villes vont petit à petit se vider. Une nouvelle géographie économique se dessine sous nos yeux. Personne ne mesure encore son ampleur.

Essayons d’esquisser ce que pourrait provoquer la généralisation des pratiques du «home office»

D’abord l’organisation de l’espace de travail. D’un côté, il va falloir aménager systématiquement un bureau dans les logements privés et de l’autre, de grands changements sont à prévoir dans les bureaux qui seront flexibles et non attribués. On va vers le «first in first served» déjà pratiqué dans des entreprises comme IBM. Le coworking et l’open space trouveront de nouveaux adeptes. Le bureau va se tenir désormais dans deux lieux toujours connectés.

Ensuite l’organisation du travail. Le travail à distance implique de nouveaux outils digitaux comme les web conférences, les webinaires et autres outils collectifs de travail. Zoom, Team ou autres WhatsApp ont changé du jour au lendemain le quotidien de beaucoup de travailleurs. Pratiquer la conférence internet est devenue une obligation. Cela demande concentration et agilité. D’autres conséquences sont à prévoir comme la diminution drastique des voyages d’affaires ou autres conférences «présentiels» à l’autre bout du monde. Quelque chose de plus étonnant maintenant: la pointeuse est morte, vive les logiciels traceurs d’activité!

Enfin, la montée en puissance d’internet a créé un nouveau marché digital de la sous-traitance. On peut même parler de «sur-traitance» tellement ces «plateformes» réorganisent la supply chain. En effet, les besoins urgents d’approvisionnement dans une période troublée par les arrêts de production provoqués par le coronavirus ont entraîné de profonds changements de comportement. Ce n’est plus «le» sous-traitant qui compte mais «la» marchandise d’où qu’elle vienne. L’urgence a intensifié le marché des approvisionnements digitaux. Les relations de travail avec la sous-traitance mais aussi avec la clientèle se sont transformées pour toujours.

Pour conclure, la crise sanitaire aura généralisé le home office. C’est une pratique qui va être pérenne car la menace va rester pour toujours. Nous sommes entrés dans l’ère des virus permanents et les premières à s’adapter devront être les entreprises.

* Manufacture Thinking






 
 

AGEFI



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