La cigarette électronique se fait une place malgré la controverse

vendredi, 28.12.2018

Avec le début de la vente des liquides avec nicotine et l'arrivée du géant américain Juul de la vape à Zoug, le vapotage a fait parler de lui en Suisse cette année.

Les cigarettes électroniques: un moyen de consommer la nicotine sans la plupart des produits toxiques que contiennent les cigarettes à combustion. Les conséquences à long terme sur la santé ne sont toutefois pas encore connues.

Avec le début de la vente des liquides avec nicotine et l'arrivée du géant américain de la vape à Zoug, le vapotage a fait parler de lui en Suisse cette année. Mais c'est la vente aux mineurs qui aura été au centre du débat autour de la cigarette électronique.

Avec l'interdiction d'acheter du liquide avec nicotine en Suisse, la cigarette électronique se faisait assez discrète. La situation a changé subitement fin avril avec la décision du Tribunal administratif fédéral qui a autorisé avec effet immédiat l'importation et la vente de flacons de liquide avec nicotine pour les cigarettes électroniques, dans le respect des règles du Cassis de Dijon.

La vente de cigarettes électroniques s'est ainsi retrouvée sans règles, notamment sur la vente aux mineurs, en attendant la nouvelle loi sur le tabac. Afin de combler les lacunes dans la protection de la jeunesse, l'Office fédéral de la sécurité alimentaire (OSAV) a invité les représentants des professionnels de la branche à une table ronde pour chercher des solutions.

En deux mois cet été, il a été possible de mettre en place une autorégulation du secteur de la cigarette électronique. "L'OSAV est très content du résultat, mais il est surtout dû à l'implication des entreprises concernées", souligne Stefan Kunfermann, porte-parole de l'OSAV. Sur une base volontaire, certains vendeurs ont accepté de ne pas vendre ces produits à des mineurs à travers un code de conduite.

La question de la vente aux mineurs a pourtant rapidement resurgi avec l'annonce de l'arrivée de Juul en Suisse en fin d'année. Le numéro un de la cigarette électronique aux Etats-Unis est sous la critique, car de nombreux adolescents ont adopté son produit outre-Atlantique. La compagnie a depuis changé sa stratégie marketing et a retiré certaines saveurs, les plus populaires chez les jeunes, de son offre.

 

"Voie pour sortir du tabac"

Afin de couper court à la controverse qui l'a suivie jusqu'en Suisse, la firme s'est positionnée en disant vouloir offrir une "voie pour sortir du tabac" aux 1,78 million de fumeurs adultes que compte la Suisse. Elle a signé le code de conduite concernant l'âge minimal de vente des cigarettes électroniques aux jeunes et les restrictions de la publicité.
Juul a largement conquis le marché américain grâce à un produit contenant un haut taux de nicotine qui a réussi à séduire de nombreux fumeurs qui ont laissé tomber la cigarette. Son succès en Europe n'est toutefois pas assuré.

Pour l'UE et donc pour la Suisse, la limite maximale de nicotine est fixée à 20 mg par millilitre de liquide, alors qu'aux Etats-Unis, les produits de Juul contiennent jusqu'à 59 mg de nicotine par millilitre.

 

Nette réduction des risques

Cette controverse sur la vente aux mineurs a relégué au second plan le potentiel pour la réduction des risques de la cigarette électronique. La nicotine étant hautement addictive, il est fortement déconseillé aux non-fumeurs de se mettre à la cigarette électronique. Mais elle peut être une alternative pour les fumeurs, puisque selon les spécialistes elle est 95% moins dangereuse que la cigarette à combustion.

C'est un moyen de consommer la nicotine sans la plupart des produits toxiques que contiennent les cigarettes à combustion. Les conséquences à long terme sur la santé ne sont toutefois pas encore connues.

Près des deux tiers des fumeurs (61%) veulent arrêter. Renoncer complètement à la nicotine est, pour certains, une étape trop difficile, c'est pourquoi le centre d'aide contre les addictions Suchthilfe Ost à Olten (SO) propose depuis peu un nouveau programme intégrant le vapotage.

Avec 25% de la population de plus de 15 ans qui fument, la Suisse fait partie des mauvais élèves dans la lutte contre le tabac. Chaque année, 9500 personnes meurent prématurément des suites du tabagisme (soit 15% des décès en Suisse). Un nouveau projet de loi sur le tabac, qui pourrait entrer en vigueur en 2022, est en cours de discussion. (awp)

 

 

 






 
 

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