Le Léman Express avait réussi à trouver son public avant le Covid-19

vendredi, 12.06.2020

Le réseau Léman Express avait atteint les 45.000 voyageurs journaliers fin février, avant de devoir réduire la cadence. Pour le président de la CCIFS, le succès de ce trait d’union ferroviaire incarne l’intensité des échanges franco-suisses.

Sophie Marenne

Alain Barbey. Le président de la Chambre de commerce et d'industrie France Suisse (CCIFS) est aussi le directeur régional pour les CFF en Suisse Romande. (Keystone)

Sur les rails depuis six mois, le réseau ferroviaire transfrontalier Léman Express tire un premier bilan en demi-teinte de sa mise en circulation, ce vendredi. Rappelez-vous: une grève interprofessionnelle nationale en France avait accompagné son démarrage en décembre, réduisant l’offre du côté français et ternissant quelque peu sa cérémonie de lancement. Néanmoins, le nouveau RER est parvenu à transporter plus de 45.000 voyageurs chaque jour, fin février 2020, juste avant le début de la crise sanitaire.

«Les taux d’utilisation avant-Covid sont sans équivoque: l’adhésion à un mode de transport plus sûr, plus rapide, plus économique et surtout plus écologique a été grande au sein de la population du Grand Genève», assure Alain Barbey, président de la Chambre de commerce et d’industrie France Suisse (CCIFS).

Pour celui qui occupe aussi la fonction de directeur régional des CFF en Suisse Romande, le Léman Express est devenu un vrai lien pour le Grand Genève: «C’est tout d’abord un métro pour les Genevois sur sa portion historique Cornavin-Eaux Vives-Annemasse. Mais c’est aussi un nouveau moyen d’envisager la mobilité dans la région.» Rêvé depuis plus de 100 ans, le plus grand réseau régional transfrontalier d’Europe a demandé huit ans de travaux, notamment pour le tronçon CEVA, de Cornavin à Annemasse.

Retour à la normale

L’élan du Léman Express a été coupé net par la crise du coronavirus dès le 16 mars. Si la fréquence de ses trains a alors été fortement réduite en raison des mesures binationales, une offre de transport minimale a toujours été assurée entre la France et la Suisse. Depuis le 11 mai, la cadence au quart d’heure est à nouveau en place entre Coppet et Genève et entre Genève et Annemasse. Pour le reste, le retour à la normale est presque effectif. Il devrait être atteint dans les 45 gares et sur les 230 kilomètres de lignes dès le 24 août.

La relance économique genevoise doit être franco-suisse

Selon le président de l’association qui anime la communauté d’affaires franco-suisse, une crise comme celle que nous venons de vivre oblige à faire l’inventaire de ce qui est vraiment important pour nous: «Et la libre circulation des personnes est l’un des éléments que nous souhaitons à tout prix préserver».

Alain Barbey souligne que les économies française et suisse sont, d’une manière générale, fortement imbriquées avec plus de 55 milliards d’euros d’échanges de biens et de services en 2019. «En Suisse romande, la France détient plus de 25% de parts de marché dans les importations. De quoi mesurer l’intensité de ces échanges!» Il voit les destins du canton et des deux départements français voisins comme intimement liés, et pas uniquement à cause des travailleurs frontaliers ou du tourisme d’achats. «Santé, formation, transport, culture ou encore recherche académique: la coopération transfrontalière est présente dans tous les domaines», martèle-t-il.

La relance de certains secteurs de l’économie genevoise très affectés ne peut se faire qu’en collaboration avec la France, «car nous avons un objectif et des intérêts communs. Il est illusoire de se dire que nous vendons Genève comme destination d’affaires ou de tourisme en faisant fi de l’offre qui se trouve à quelques kilomètres seulement». 






 
 

AGEFI



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