La Morning note de Mirabaud Securities - Update de l'après-midi

mercredi, 15.02.2017

Aujourd'hui, la Morning note de Mirabaud Securities surveillera avec attention l’inflation en Espagne, tout comme l’emploi en Grande-Bretagne et de nouveaux chiffres sur l’inflation aux Etats-Unis. Rappelons que Janet Yellen prêtera également serment aujourd’hui.

John F. Plassard*

Commentaires américains Mirabaud Securities

Les futures sur les principaux indices américains sont en légère hausse au lendemain de nouveaux records historiques. Si on continuera d’observer le secteur bancaire après les déclarations de Janet Yellen hier concernant une prochaine hausse des taux d’intérêt et la dérégulation financière qui est en cours aux Etats-Unis, nous prêterons aussi attention au secteur de la distribution (américaine).

En effet, après les dirigeants du secteur aéronautique, c’est maintenant au tour des patrons de huit groupes américains de la grande distribution de rencontrer Donald Trump.

Ce dernier devrait évoquer avec eux ses projets de réforme fiscale, notamment l'idée d'une taxe sur les produits importés. Participeront à cette rencontre les directeurs généraux de Target (Brian Cornell), de Best Buy (Hubert Joly), de Gap (Art Peck), d'Autozone (William Rhodes), de Walgreens Boots Alliance (Stefano Pessina), de J.C. Penney (Marvin Ellison), de Jo-Ann Stores (Jill Soltau) et de Tractor Supply (Gregory Sandfort).

Le secteur de la grande distribution, qui souffre depuis le 8 novembre, craint que le projet de taxe aux frontières n'entraîne logiquement une hausse des prix dans leurs magasins et donc un recul de leur activité. Les dirigeants du secteur craignent aussi que la baisse de l'impôt sur les sociétés promis par le président américain ne compensera pas les effets de cette barrière tarifaire. On devrait donc avoir plus de détails concernant la future réforme fiscale.

Si on songe à la performance du secteur aéronautique après la rencontre des dirigeants avec le nouveau président américain, le secteur de la distribution devrait être entouré cet après-midi.

Dans l’Union européenne (UE) nous avions ce matin une statistique économique intéressante concernant la Grande-Bretagne. Malgré le Brexit le taux de chômage au Royaume-Uni a terminé l'année 2016 stable à 4,8% lors de la période de trois mois achevée fin décembre, au plus bas depuis l'été … 2005.

Cerise sur le gâteau, les demandes d'allocations chômage pour janvier ont chuté de 42’400 sur un mois, prenant de court les prévisions du consensus qui s'attendait à une stabilisation de la statistique.

Enfin en France, on notera qu’après une nouvelle progression des sondages donnant Marine Le Pen (Front National) vainqueur au premier tour de l’élection présidentielle, les investisseurs se ruent littéralement sur les protections disponibles. Le coût d’une protection sur le CAC40 à 3 mois par rapport à une protection sur l’Euro Stoxx 50 est par exemple à un sommet de 5 ans et les CDS français à 5 ans sont quant à eux à un niveau d’il y a 4 ans….


Les principaux indices américains ont fini une nouvelle fois sur des records historiques hier soir. Le S&P 500 a connu sa 6ème séance de hausse consécutive ce qui n’était plus arrivé depuis … 2 mois.

Statistique intéressante aussi, plus de 10% des sociétés composant le S&P 500 ont vu leurs cours de Bourse atteindre leurs plus hauts niveaux des douze derniers mois.

Le Dow Jones quant à lui a été mené en particulier par 3 valeurs : Goldman Sachs, JP Morgan Chase et Apple (45 points sur un total de 90 points).

Le titre Apple a battu son record en séance à la Bourse de New York, pour la première fois depuis près de deux ans, les investisseurs pariant sur le fait que la firme marquera le 10ème anniversaire de l'iPhone avec un nouveau modèle doté d'innovations spectaculaires susceptibles de doper ses ventes.

Les valeurs financières ont aussi été à la fête après les propos de Janet Yellen lors de son audition devant les parlementaires américains laissant suggérer que la prochaine hausse de taux pourrait arriver plus rapidement que prévue (JP Morgan a ainsi gagné 1,60%, Bank of America s'est adjugé 2,82% et Goldman Sachs a avancé de 1,30%).

Autre secteur en vedette, la santé a pris 0,73% avec notamment un gain de 3,23% pour Bristol Myers Squibb sur lequel planent des rumeurs d'offres de rachat.

Seul indicateur macroéconomique notable, les prix à la production ont augmenté plus que ce à quoi s'attendait le consensus, pour atteindre 0,6% en janvier.

Les cours du pétrole ont légèrement monté hier soir, toujours tiraillés entre réduction de l'offre de l'Opep et hausse de la production américaine.

Si les indices sont au plus haut, l’optimisme des chefs d’entreprises aux Etats-Unis aussi pendant cette période de publication des résultats d’entreprises.

Du côté de la volatilité, cela fait maintenant 86 jours que le S&P 500 n’a plus perdu plus de 1%.

Les bons du Trésor à 10 ans, contre 2,433% la veille, et à 3,063% pour les bons à 30 ans, contre 3,032% précédemment.

Enfin, pour ceux qui craignent une correction des indices, une statistique intéressante publiée par Bank of America Merrill Lynch nous apprend que le plus grand risque qu’il y aurait actuellement sur les marchés réside respectivement dans l’issue des élections européennes, une guerre commerciale ou un dégonflement de la bulle obligataire. Une déception concernant la réforme de la fiscalité aux Etats-Unis n’arrive qu’en 6ème position…

Statistiques américaines

Il y avait hier plusieurs statistiques économiques intéressantes concernant l’inflation aux Etats-Unis, voici ce que nous avons relevé :

  • Hausse des prix à la production

L'indice des prix à la production (PPI) a augmenté de 0,6% en janvier aux Etats-Unis là où le consensus n'anticipait qu'une hausse de 0,3%, après une augmentation de 0,2% le mois précédent.

Hors les éléments volatils que sont l'alimentation, l'énergie et les services commerciaux, les prix à la production américains ont par ailleurs augmenté de 0,2% le mois dernier, conformément au consensus et après une hausse de 0,1% en décembre 2016.

Enfin, par rapport à janvier 2016, l'indice des prix à la production a augmenté de 1,6% en données brutes comme hors les éléments volatils précités, contre respectivement +1,6% et +1,7% en décembre.

En détail, la montée des prix à la production a été encore tirée en janvier par l'augmentation des prix énergétiques (+4,7%), notamment par celle du fioul de chauffage (+14,5%) et de l'essence (+12,9%).

Parmi les autres postes en augmentation, les prix du porc ont progressé de 7%. Parmi les baisses notables figurent le bœuf, le veau (-7,2%) et les coquillages (-6,3%). Globalement les prix alimentaires sont restés stables d'un mois sur l'autre.

Janet Yellen sur le grill

La présidente de la Réserve fédérale américaine (Fed), Janet Yellen, prêtait serment hier comme il est de coutume devant la commission bancaire du Sénat. Ce rendez-vous était très attendu car il nous a permis de comprendre où se situait l’économie américaine et quand la prochaine hausse des taux d’intérêt pourrait intervenir. Notre analyse.

Qu’en est-il de l’était de l’économie américaine ?

Sur l'état de l'économie, la présidente de la banque centrale a trouvé que les dépenses des consommateurs, locomotive des Etats-Unis, progressaient solidement et que la confiance des entreprises s'était notablement appréciée depuis ces derniers mois. Janet Yellen a reconnu que la faible croissance à l'étranger et l'appréciation du dollar (en renchérissant les exportations) avaient eu un impact négatif sur la production manufacturière américaine mais elle a assuré que lle rythme de croissance mondiale devrait s'accélérer au fil du temps.

À quand la prochaine hausse des taux ?

Janet Yellen a noté que la Réserve fédérale devra sans doute relever les taux d'intérêt lors d'une de ses réunions de politique monétaire à venir. Repousser un resserrement monétaire pourrait mettre la Fed en décalage vis-à-vis de la situation économique (behind the curve) et déboucher par la suite sur des hausses de taux accélérées au risque de provoquer une récession. Elle a évidemment confirmé qu’une hausse en mars dépendrait de l’évolution des principaux mandats de la Fed (plein emploi et stabilité des prix).

Suite aux commentaires de la présidente, les probabilités d’une hausse des taux en mars 2017 sont remontés de 30 à 36%. C’est toujours juin 2017 qui tient la corde cependant.

La banque Goldman Sachs a elle remonté ses estimations sur mars 2017 de 15 à 20%.

Combien de hausses de taux en 2017 ?

La présidente Yellen n’a pas dit si la situation économique justifiait toujours trois hausses des taux cette année, comme elle l'avait signalé en décembre.

Premiers mots concernant le gouvernement Trump

Janet Yellen s’était refusé à tout commentaire concernant l’arrivée au pouvoir du nouveau président Donald Trump depuis le 8 novembre 2016. Elle a commencé à faire part de son ressentiment en indiquant que tout changement dans la politique budgétaire ou dans toute autre politique à incidence économique pouvait en puissance affecter les perspectives économiques. En ne voulant pas enfoncer le clou et marchant apparemment sur des œufs, Janet Yellen a souligné le fait qu’on ne pouvait pas savoir encore quels seront les prochains changements et quelles en seront les suites économiques

Janet Yellen va-t-elle démissionner ?!

Si on connaissait déjà la réponse à cette question (Non donc), les choses ont cependant changé ces tous derniers jours puisque l’un de ses appuis les plus précieux (Daniel Tarullo) vient de démissionner. La présidente a cependant rappelé une nouvelle fois qu’elle ne quitterait pas son poste avant la fin de son mandat en février 2018.

Réactions de marché

  • Indices : Stable
  • Dollar : Hausse
  • 10 ans US : Hausse
  • Secteur en hausse : Banque
  • Secteur en baisse : Immobilier & services aux collectivités
  • Or : Baisse

Conclusion

La hausse de la probabilité d’une progression des taux d’intérêt pour mars 2017 a bien évidemment donné un nouvel argument positif au secteur bancaire et un argument négatif au secteur de l’immobilier.

Les implications du protectionnisme américain sur les indices européens

Nous recevons dernièrement de nombreuses questions concernant les implications du potentiel protectionnisme américain sur les entreprises européennes cotées et plus généralement quels indices européens devraient en souffrir le plus.

En effet, si on parle beaucoup des implications négatives pour le Mexique ou le Canada par exemple, les médias parlent très peu de l’impact du protectionnisme américain sur les sociétés européennes dont l’exposition du chiffre d’affaires aux Etats-Unis est le plus important.

La banque JP Morgan Cazenove a, sur le sujet, édité un très intéressant tableau qui relève plusieurs surprises.

On y apprend en effet que les implications négatives pourraient être importantes pour la … Suisse en premier lieu (29% des revenus réalisés aux Etats-Unis pour les sociétés cotées), le Royaume-Unis (20%), l’Allemagne (21%), l’Espagne (19%) et plus globalement la zone euro (19%).

L’exposition varie en fonction des secteurs avec la santé en premier lieu (39%), l’industrie, la consommation discrétionnaire (automobile inclue) et les télécoms.

JP Morgan Cazenove dresse une liste des entreprises qui devraient le plus souffrir en citant notamment Remy Cointreau, L’Oréal, K+S, Burberry, Luxottica, Heineken, Volkswagen, Novartis, Michelin, Adidas ou encore Airbus…..

Rappelons que la mise en place d’un volet protectionniste pourrait potentiellement voir la fermeture du marché américain aux produits étrangers (via des barrières douanières, taxes et réglementations), le renchérissement de ces derniers et une hausse de l'inflation.

Alfred de Musset s’immisce en Chine

Pour paraphraser la fameuse citation d’Alfred de Musset :« Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse », en Chine nous dirions « Peu importe la pression, pourvu qu’on ait les prêts bancaires ».

On a en effet appris que le volume des prêts accordés par les banques en Chine avait doublé en janvier par rapport au mois précédent. En détail, les établissements bancaires ont accordé le mois dernier pour 2’030 milliards de yuans (278 milliards d'euros) de prêts, contre 1’040 milliards de yuans en décembre et 794,6 milliards de yuans en novembre.

Si un tel chiffre pourrait être jalousé par la zone euro, cela pose cependant plusieurs questions pour la deuxième économie mondiale.