La Morning note de Mirabaud Securities

mercredi, 07.06.2017

Aujourd'hui, la Morning note de Mirabaud Securities surveillera avec attention l'évolution du bilan de la Banque Centrale du Japon, ainsi que l'entrée en récession de l’Afrique du Sud.

Les indices américains ont fini en baisse hier soir dans un climat de prudence avéré qui a vu le 10 ans américain revenir à des niveaux de 2016. Il n’est donc pas surprenant de voir l'or gagner 1,1% à 1’293,47 dollars l'once, après avoir touché un plus haut depuis novembre en séance. C’est cependant la camisole algorithmique qui fut de mise tout au long de la séance.

Au niveau des valeurs individuelles, Wal-Mart Stores a perdu 1,66%, soit la plus forte perte du Dow Jones, Amazon.com ayant annoncé qu'il proposerait son service Premium à un tarif réduit pour les clients dépendant d'aides publiques, ciblant ainsi une clientèle importante du distributeur américain.

Le secteur de la distribution a de nouveau été à la peine (en ligne avec notre théorie) puisque Macy's a abandonné 8,2%, après avoir touché en séance un plus bas de cinq ans. La directrice financière Karen Hoguet a dit que la chaîne de grands magasins risquait de publier une marge brute annuelle inférieure à sa prévision de février. Cette annonce a affecté ses concurrents J.C. Penney Sears et Nordstrom qui ont cédé 4,1%, 2,5% et 3,6% respectivement.

Enfin, HD Supply a plongé de 17,5%, le distributeur industriel ayant annoncé la vente d'une filiale à un fonds de capital investissement pour 2,5 milliards de dollars.

Les cours du pétrole ont terminé en hausse hier soir, rebondissant grâce aux espoirs de voir les stocks de brut reculer aux Etats-Unis.

Les rendements des emprunts d'Etat américains ont chuté hier à un bas de 7 mois, les investisseurs se précipitant vers les actifs les plus sûrs à deux jours du témoignage de l'ancien directeur du FBI devant le Congrès, de la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) et du vote britannique pour des élections législatives anticipées.

Le taux à 10 ans américain dont le rendement est tombé à 2,14% est en recul de 3,7 points de base et au plus bas depuis l'élection de Donald Trump, le 4 novembre dernier.

Avant lui, le rendement de son homologue allemand à 10 ans avait inscrit en Europe un plus bas de six semaines.

Au niveau des devises, le dollar est revenu à des bas niveau d’il y a 8 mois face à un panier de devises et n’a pas évolué depuis 12 mois….

Enfin, la volatilité (VIX) est quelque peu remontée (+5.5%), mais reste à des niveaux toujours extrêmement bas en-dessous de 10.45….

1. Statistiques américaines

Il y avait hier des statistiques économiques importantes, voici ce que nous avons relevé :

a. Hausse du moral des PDG

Le moral des PDG américains est au plus haut depuis trois ans grâce notamment aux promesses contenues dans l'agenda économique de Donald Trump, indique une étude publiée par le lobby patronal du Business Roundtable. Les promesses de baisses d'impôts contribuent notamment à encourager les dirigeants d'entreprise, qui préviennent toutefois que, si elles ne se concrétisaient pas, cela pourrait se traduire par des suppressions d'emplois et un moindre investissement.

L'Economic Outlook Index établi par l'organisme et qui se base sur les intentions d'embauche et d'investissement sur les six prochains mois s'est établi au 2ème trimestre à 93,9 points, soit son plus haut niveau depuis le 2e trimestre 2014. L'indice s'est établi au-dessus de 80 points sur les deux derniers trimestres. Les intentions de dépenses d'investissement ont progressé de 4,6 points par rapport au trimestre précédent mais les intentions d'embauches ont baissé de 3,3 points.

b. L’indicateur de Janet Yellen

D'après le rapport du Département américain au travail, les ouvertures de postes aux États-Unis pour le mois d'avril 2017 sont ressorties (le fameux rapport JOLTS considéré comme le préféré de Janet Yellen) au nombre de 6,044 millions, contre 5,7 millions de consensus et 5,79 millions un mois auparavant. Un record historique.

2. La Fed n’est pas si seule que cela

Comme vous le savez, nous vous parlons souvent du bilan des banques centrales et notamment de celui de la réserve fédérale américaine (Fed). Les membres de l’institution américaine ont d’ailleurs plus ou moins convenu de commencer à le réduire dès la fin de l’année (n’hésitez pas à nous demander notre rapport spécial sur le sujet).

Cependant, il y a une autre banque centrale qui commence aussi à voir son bilan exploser et atteindre des niveaux stratosphériques : La Banque Centrale du Japon (BoJ). Le risque est-il le même que pour son homologue américain ?

Synthèse et analyse.

a. Les faits

Des données publiées par la BoJ montrent que le total de ses actifs s'est établi à 500’800 milliards de yens à fin mai, contre 425’700 milliards un an plus tôt.

b. Si proche de la Fed

Le bilan de la banque centrale japonaise est presque aussi élevé que celui de la Fed américaine - actuellement de 4’510 milliards de dollars - et représente plus de 90% du PIB du Japon, soit le ratio le plus élevé des quatre plus grandes banques centrales mondiales.

c. Un phénomène expansionniste

La BoJ a vu son bilan dépasser la barre des 500’000 milliards de yens (3.992 milliards d'euros), soit un niveau presque équivalent à celui de la Fed, le total ayant été multiplié par plus de trois depuis que la banque centrale japonaise a lancé son programme d'assouplissement quantitatif en 2013.

Rappelons que lorsque le gouverneur actuel Haruhiko Kuroda avait été nommé, en mars 2013 le bilan était de 164’800 milliards de yens.

d. Toujours pas de résultats

Soyons honnête, malgré les injections massives de liquidités l'inflation n'a été que de 0,3% en avril et ne devrait pas atteindre l'objectif de 2% dans un horizon proche. Si l'économie japonaise a enregistré au premier trimestre son rythme de croissance le plus rapide depuis un an, ceci a surtout été le fait d'une demande mondiale robuste. Rappelons ici que la consommation de ménages n’évolue toujours pas.

Même la modification par la BoJ en septembre du cadre de sa politique monétaire, mettant davantage l'accent sur les taux d'intérêt que sur les rachats d'actifs, n’a rien donné.

e. La Boj est pourtant bornée

Le gouverneur Haruhiko Kuroda ne cesse de répéter que l'institut d'émission est encore en mesure d'acheter quantité d'obligations et qu'il est prématuré de débattre publiquement d'une stratégie de sortie du programme d'assouplissement quantitatif. Mais jusqu’à quand ?

f. Conclusion

On ne peut constater l’échec cuisant de la Boj. En plus de n’avoir pas pu faire redémarrer l’inflation, l’institution a totalement asséché le marché des Obligations du gouvernement Japonais (JGB) puisqu’elle en détient plus de 42% de la totalité du marché ….

3. Et pendant ce temps là…

L’Afrique du Sud est officiellement rentrée en récession, soit une première depuis 2009. Une surprise qui pourrait en amener d’autres. Explication.

a. Les faits

Le PIB de l'économie sud-africaine a reculé de -0,7% au premier trimestre 2017, après s'être contracté de 0,3% au quatrième trimestre 2016. Lors des trois premiers mois de l'année, la croissance a été minée par les faibles performances de la production électrique (-4,8%) et manufacturière (-3,7%) et le recul du secteur tertiaire (-2%). Seul les secteurs miniers (+12,8%) et agricoles (+22,2%) sont dans le vert. L’annonce de cette déception a bien évidemment fait chuter la devise nationale. Le consensus s’attendait à une … hausse de +1% !

b. Un précédent

Lors de la crise financière de 2008-2009, l’Afrique du Sud avait déjà connu trois trimestres consécutifs de récession, une première depuis la fin du régime raciste de l'apartheid en 1994.

c. Un pays qui souffre

Si on croyait l'économie la plus industrialisée du continent africain sorti d’affaire, il y avait pourtant des signes avant-coureurs.

En effet, le taux de chômage du pays a atteint au début du mois son plus haut niveau depuis 2004, avec 27,7% de la population active officiellement sans emploi.

d. Une tension politique à son apogée

Ces mauvaises nouvelles surviennent deux mois seulement après le limogeage controversé du ministre des Finances, Pravin Gordhan, remplacé par un proche du président Jacob Zuma.

La pression devrait donc s’accentuer sur les épaules de président controversé (à cause notamment des rumeurs de corruption à son encontre). Rappelons aussi de plus en plus de voix se font discordantes au sein de son parti politique (ANC).

e. Les agences de notation à l’affût

Il y a deux mois de cela, l’agence de notation Standard & Poor’s (S&P) avait annoncé avoir abaissé la note de la dette de l’Afrique du Sud en catégorie spéculative, de « BBB – » à « BB + », jugeant que le limogeage de son ministre des finances, Pravin Gordhan, créait un risque de dérapage de la situation budgétaire du pays.

De son côté, Moody’s avait placé la note de l’Afrique du Sud sous surveillance négative, justifiant elle aussi sa décision par les changements au sein du gouvernement. La note de Moody’s est « Baa2 », soit tout juste deux crans au-dessus de la catégorie spéculative.

f. Conclusion

Tout l’espoir était basé sur la reprise de ce fleuron du continent Africain, mais c’était sans compter sur une nouvelle dérive des dirigeants politiques comme cela est le cas au Brésil. Parier cependant contre l’indice sud-africain serait cependant une erreur. On a vu à plusieurs reprises que récession ne rimait pas forcément avec un effondrement de l’indice boursier. Nelson Mandela doit cependant se retourner dans sa tombe….

4. Aujourd’hui

Aujourd’hui, nous surveillerons avec attention les crédits à la consommation aux Etats-Unis, la réunion de la banque centrale en Inde ainsi que les PMI des ventes au détail en zone euro.

Les indices européens devraient ouvrir sans réelle tendance dans le sillage de la clôture des indices américains. Les investisseurs seront cependant nerveux à la veille d’une journée potentiellement « explosive » avec le témoignage de l'ancien directeur du FBI devant le Congrès, la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) et le vote britannique pour des élections législatives anticipées.

Tendance asiatique

Les indices asiatiques sont en légère hausse ce matin dans le sillage de l’accalmie sur le dollar. En effet, le Yen peu enfin souffler et revient sur ses niveaux de début de semaine (cependant en dessous de 110). À noter que les indices chinois ont « tourné » en cours de séance et sont repassés dans le vert dans des volumes extrêmement important (40% au-dessus de la moyenne) propulsant tous les secteurs vers le haut.

À noter que la croissance annuelle australienne a ralenti au premier trimestre, à 1,7%; soit la plus faible depuis celle de 1,2% du troisième trimestre 2009.

Actualité

Standard & Poor's a annoncé qu'elle confirmait la note de crédit AA+ des Etats-Unis en lui conservant une perspective stable. L'agence de notation a évoqué, à l'appui de sa décision, une économie résistante et diversifiée, flexible et jouissant du statut unique d'émetteur de la première monnaie de réserve mondiale. S&P estime que le ratio de la dette au PIB restera assez stable jusqu'en 2020 après quoi il pourrait nettement se dégrader en raison des variations démographiques. S&P anticipe par ailleurs une croissance de 2,3% environ cette année pour les Etats-Unis après 1,6% en 2016, et une croissance moyenne de 2,2% sur la période 2018-2019.

L'US Air Force a bombardé les positions de miliciens alliés de Damas soutenus par l'Iran, que Washington juge menaçants pour les soldats américains et les forces soutenues par les Etats-Unis dans le sud de la Syrie.

La Mauritanie, pays membre de la Ligue arabe, a rompu ses relations diplomatiques avec le Qatar, imitant l'Arabie saoudite, l'Egypte et des émirats du Golfe.

Le bloc chrétien-démocrate de la chancelière Angela Merkel creuse encore l'écart sur les sociaux-démocrates du SPD dans les intentions de vote en vue des élections législatives du 24 septembre en Allemagne. Un sondage de l'institut Forsa crédite le bloc CDU-CSU de 39% des intentions de vote, en progression d'un point par rapport à la précédente étude du même institut, parue le 31 mai. Le SPD de l'ancien président du Parlement européen Martin Schulz recule dans le même temps d'un point à 24%. Cet écart de quinze points est à comparer à une différence de six points qui existait entre les deux camps dans une enquête du même institut publiée le 19 avril.

Energie / Utilities

► EDF Energy Services (groupe EDF) a annoncé l'acquisition du groupe britannique Imtech auprès de la société de capital-investissement Endless, basée au Royaume-Uni.

Prix du baril

Le prix du baril de pétrole évolue sans tendance ce matin en Asie dans l’attente d’informations émanant du Golf. Rappelons que l'Energy Information Administration (EIA) américaine a abaissé hier soir sa prévision de croissance de la demande mondiale de pétrole en 2017, de 20.000 barils par jour à 1,54 million de bpj. Dans son rapport mensuel, l'agence a aussi réduit sa prévision de croissance de la demande mondiale en 2018 de 10.000 bpj à 1,62 million de bpj.

Industrie / Minières / Automobile

► Selon les derniers chiffres publiés par les constructeurs et compilés par le cabinet Motor Intelligence, les ventes automobiles aux Etats-Unis ont baissé de 1% sur un an en mai à 16,66 millions d'unités.

► Bayer a annoncé qu'il réduisait encore sa participation dans sa filiale de plastiques et de chimie Covestro au travers de trois transactions représentant au total 2,5 milliards d'euros. Dans un communiqué, le groupe pharmaceutique allemand a rappelé son intention de se désengager complètement, à moyen terme, de Covestro dont il détient actuellement 53,3% et qu'il avait coté en Bourse en 2015.

► Gurit a renouvelé jusqu'à fin 2020 l'accord de distribution passé avec la société italienne Maricell. Selon les termes du contrat, l'entreprise saint-galloise va continuer à distribuer les produits de son partenaire transalpin, spécialisé dans la mousse structurée en polychlorure de vinyle (PVC). Les détails financiers ne sont pas dévoilés.

► Sika fait à nouveau face à une contestation de certaines décisions prises en assemblée générale. La holding Schenker-Winkler (SWH), qui représente les intérêts des héritiers de la famille fondatrice Burkard, va recourir contre la réélection le 11 avril dernier des administrateurs Monika Ribar, Daniel Sauter, Ulrich Suter et Christoph Tobler, ainsi que celle du président Paul Hälg.

► Toshiba montait de près de 3,5% ce matin à la Bourse de Tokyo, sur la foi d'informations selon lesquelles deux candidatures seraient favorites pour le rachat de Toshiba Memory et une décision très proche.

► TechnipFMC a signé un contrat de trois ans avec Woodside Energy en Australie, pour des missions "RLWI". Derrière cet acronyme se cache le terme anglo-saxon "Riserless Light Well Intervention", pour "services d'intervention sans riser", les opérations d'ingénierie sous-marines consistant à intervenir sur les puits, de l'installation à l'abandon, en passant par le comblement. Il s'agit du second contrat "RLWI" remporté par le groupe en Australie.

Financières

► Eurazeo a annoncé le rachat par la famille Decaux de la totalité de la participation de 15,4% de Crédit Agricole dans son capital.

► L'Etat belge passe sous le seuil de 10% du capital de BNP Paribas (7.74%)

► La Bank of the Philippine Islands (BPI) a été frappée par une vague de transactions non autorisées, faisant craindre une opération de piratage, avant que l'établissement ne l'impute à une erreur informatique interne.

Informations et Technologies

► Kaspersky Lab, le spécialiste russe des logiciels de sécurité, a annoncé qu'il avait porté plainte contre Microsoft, qu'il accuse d'abus de position dominante dans le marché des systèmes d'exploitation pour PC parce qu'il propose son propre logiciel antivirus Defender avec Windows.

► Vivendi a annoncé la conclusion d'un accord avec le groupe Bolloré visant à racheter sa participation d'environ 60% dans le groupe publicitaire Havas au prix inchangé de 9,25 euros par action.

Consommation

► Le Mexique et les Etats-Unis ont trouvé le 6 juin un accord de principe sur l'épineux dossier du commerce du sucre, dégageant le terrain avant la renégociation de l'accord de libre-échange Aléna demandée par Donald Trump. Le ministre du Commerce américain, Wilbur Ross, a indiqué, lors d'une conférence de presse à l'issue des négociations à Washington, que les Etats-Unis ne mettraient pas à exécution leur menace d'imposer des droits de douane et des taxes antidumping sur le sucre mexicain.

► Bic a annoncé avoir signé un contrat pour céder les activités nord-américaines et de Sourcing en Asie de BIC Graphic à la société américaine de private equity H.I.G Capital pour 80 millions de dollars

► Le groupe chinois Fosun, lorgnerait lui aussi The Body Shop, le réseau de magasins de cosmétiques "nature" mis en vente par l’Oréal

Pharmaceutique

► Une cour d'appel fédérale américaine a paru laisser entendre qu'elle pourrait autoriser Sanofi et Regeneron Pharmaceuticals à vendre le Praluent, un traitement du cholestérol qu'Amgen a tenté de bloquer en évoquant une infraction au droit de la propriété intellectuelle, selon des avocats et des analystes qui assistaient aux plaidoiries



 

 
 



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