La Morning note de Mirabaud Securities - Update de l'après-midi

lundi, 13.02.2017

Aujourd'hui, la Morning note de Mirabaud Securities surveillera avec attention l’évolution des prix de gros en Allemagne.

John F. Plassard*

Commentaires américains Mirabaud Securities

Les futures sur les indices américains sont en légère hausse après les nouveaux records historiques pour les 3 principaux indices (américains) vendredi. Si aucune statistique économique américaine ne viendra perturber les marchés cet après-midi, il y avait cependant plusieurs éléments intéressants à noter.

Tout d’abord sur les flux des ETFs en Europe. On a appris que le marché des ETF européen avait commencé l'année 2017 de manière extrêmement forte.

Selon le baromètre mensuel de Lyxor, les nouveaux actifs nets se sont élevés à 10,8 milliards d'euros sur le mois, au plus haut depuis deux ans. L'encours total sous gestion est ressorti en hausse de 2% par rapport à la fin de l'année 2016, s'élevant à 525 milliards d'euros, malgré un effet marché négatif de -0,31%.

Dans un contexte plus favorable au risque, les ETF axés sur les actions des pays développés, la dette émergente et les obligations d'entreprises ont connu d'importantes entrées de capitaux selon la société Lyxor.

Sur le segment obligataire, les ETF ont enregistré des flux de trois milliards d'euros, soit la plus forte collecte en six mois. Cette quête de rendement a également permis aux ETF obligataires à haut rendement d'atteindre une collecte record sur 10 mois (776 millions d'euros).

Enfin, avec l'embellie conjoncturelle, les flux sont restés élevés sur les ETF indexés sur l'inflation (323 millions d'euros).

L’autre information du jour concernait les révisions de croissance de la part de la Commission européenne. Cette dernière a en effet rehaussé ses prévisions de croissance pour la zone euro en 2017 et 2018. Dans ses prévisions d'hiver, l'exécutif européen table désormais sur une croissance de 1,6% en 2017 et 1,8% en 2018, après 1,7% en 2016. Rappelons que le 9 novembre dernier, lors de ses prévisions d'automne, la Commission avait tablé sur une croissance de 1,5% en 2017 et 1,7% en 2018 pour les 19 pays ayant adopté la monnaie unique. La Commission européenne note que pour la première fois depuis la crise financière de 2008, la totalité des 28 pays membres de l'UE afficheront des taux positifs de croissance en 2017 et 2018. Dans son communiqué, l'exécutif européen souligne que ces prévisions sont entourées d'incertitudes bien plus fortes que d'habitude dont le Brexit, l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche et les élections aux Pays-Bas en mars, puis en mai-juin en France et en septembre en Allemagne.

Concernant le chômage, la Commission européenne est légèrement plus optimiste dans ses prévisions d'hiver que dans celles de l’automne : elle table désormais pour la zone euro sur un taux de 9,6% en 2017 et 9,1% en 2018, après 10% en 2016. Sur l’inflation l'exécutif européen table en effet désormais sur un taux de 1,7% en 2017 et 1,4% en 2018, après 0,2% en 2016.Dans ses prévisions d'automne, il prévoyait un taux de 1,4% en 2017, comme en 2018, contre 0,3% en 2016.


Record en clôture mais record d’inactivité aussi. Tel pourrait-être le résumé de la séance américains de vendredi soir. Sur l'ensemble de la semaine, le Dow a gagné 1%, le S&P 0,8% et le Nasdaq 1,2%.

Fondamentalement nous sommes dans un cycle haussier assez classique où les investisseurs regardent les indices monter sans oser prendre part à la fête.

Dans ce type de cycle, le jour où les investisseurs voudront participer à la hausse il sera malheureusement trop tard.

Notre (premier) objectif de 2'400 sur le S&P 500 est en ligne de mire.

Au niveau des indices, à l'exception des biens de consommation essentiels, tous les indices sectoriels ont fini dans le vert, les produits de base et les biens de consommation non-essentiels en tête. L'indice S&P 500 des sociétés financières a terminé en hausse (+0,24%), après l'annonce de la future démission de Daniel Tarullo, l'homme clé de la Réserve fédérale (Fed) pour la régulation du secteur bancaire (voir Point 2). Le secteur industriel, l'un des plus grands bénéficiaires du précédent rallye post-électoral, a gagné 0,75%.

Concernant les résultats d’entreprises, alors que plus de 70% des sociétés du S&P ont déjà publié, les résultats trimestriels affichent à ce stade une hausse de 8,4%, leur meilleure performance depuis le troisième trimestre 2014, selon les données publiées par l’agence Thomson Reuters.

Sur le front macroéconomique, les prix des biens importés ont augmenté de 0,4% en janvier, progressant pour la troisième fois en quatre mois, principalement sous l'effet d'un renchérissement des cours du pétrole qui renforce l'inflation aux Etats-Unis.

L'indice de confiance des ménages de l'Université du Michigan a quant à lui reculé en février par rapport à son plus haut de dix ans atteint en janvier, ce qui pourrait témoigner d'un retour à la normale après l’euphorie qui a débuté le 9 novembre 2016.

Les cours du pétrole ont terminé en nette hausse vendredi soir, grâce à une confiance revenue sur le respect des quotas de l'Opep, ce qui permettait au baril d'être proche de l'équilibre sur la semaine. L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a rassuré les investisseurs en faisant état vendredi d'un "taux de conformité initial record" avec les niveaux de production que l’Opep s'était fixé.

En terme de volatilité des indices, cela fait maintenant 85 séances de suite que le S&P 500 n’a pas baissé de plus de 1% et 39 séances de suite que le S&P 500 n’a pas connu une variation journalière de plus de 1%.

Le dollar a fini en hausse face à un panier de valeur et connu son premier gain hebdomadaire depuis le début de l’année….

Le rendement des bons du Trésor à 10 ans montait un peu à 2,408%, contre 2,393% la veille, et celui des bons à 30 ans à 3,006%, contre 3,004% précédemment.

Statistiques américaines

Nous avions vendredi des statistiques économiques intéressantes aux Etats-Unis, voici notre synthèse :

Hausse des prix à l’importation

Les prix des produits importés aux Etats-Unis ont poursuivi leur hausse en janvier. Ils ont progressé de 0,4% sur un mois après avoir avancé de 0,5% en décembre. Très volatil au cours des récents mois, l'indice a été de nouveau porté par une forte hausse des prix des produits pétroliers importés (+5,8%) portant leur hausse sur un an à 57,6%. En excluant les produits pétroliers, les prix à l'importation s'affichent en janvier en baisse de 0,2% sur un mois. Sur un an, l'indice a bondi de 3,7%, a précisé le ministère mais est resté stable si les prix pétroliers sont exclus. Par zone géographique, les importations venues du Canada se sont appréciées de 1,8% en un mois, tandis que celles venant de l'Union européenne ont vu leurs prix reculer de 0,1% tout comme celles venant du Mexique (-1,3%). Les prix des produits importés de Chine ont également diminué de 0,1% et n'ont pas connu un seul mois de hausse depuis décembre 2014. Les prix des produits importés influencent les chiffres de l'inflation aux Etats-Unis et sont donc scrutés de près par la banque centrale américaine (Fed) qui vise une hausse annuelle des prix à la consommation de 2%. Le ministère a par ailleurs indiqué que les prix américains à l'exportation avaient également progressé (+0,1%) après avoir déjà avancé de 0,4% en décembre.

Baisse de la confiance

La confiance des ménages a chuté aux Etats-Unis en février, par rapport au haut niveau atteint en janvier, ce qui pourrait témoigner d'un retour à la normale après l’élection présidentielle. L'indice de confiance publié vendredi par l'Université du Michigan s'est établi à 95,7 en février, en première estimation, après avoir atteint 98,5 en janvier, son plus haut niveau depuis plus d'une décennie. Le consensus tablait sur un chiffre de 98. Le sous-indice mesurant les anticipations des consommateurs quant à l'évolution de l'économie américaine a plongé de 4,6 points en février, par rapport à janvier, pour tomber à 85,7. La composante évaluant leur vision des conditions économiques actuelles a fléchi de 0,1 point dans le même intervalle, à 111,2.

Excédent budgétaire

Les Etats-Unis ont dégagé un excédent budgétaire en janvier, ce qui aidera à réduire le déficit budgétaire fédéral au deuxième trimestre de l'exercice fiscal en cours, trimestre qui a débuté le mois dernier. L'excédent budgétaire des Etats-Unis s'est élevé à 51,26 milliards de dollars en janvier, contre 55,16 milliards un an plus tôt. Les recettes ont atteint 344,07 milliards de dollars le mois dernier, alors que les dépenses n'ont pas excédé 292,81 milliards de dollars. Du 1er octobre, date du début de l'exercice fiscal 2016-2017, à la fin janvier, le déficit budgétaire des Etats-Unis a atteint 156,94 milliards de dollars. Ce montant représente un repli de 2% par rapport à la même période de l'exercice précédent. Plus globalement, les dépenses du gouvernement américain ont excédé ses recettes au cours des quinze derniers exercices fiscaux. Cette tendance devrait se poursuivre, le vieillissement de la population entraînant une hausse des dépenses de sécurité sociale et d'assurance-santé.

Le loup dans la bergerie

Surprise de taille et qui pourrait avoir des répercussions majeures sur la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed) ces prochains mois : Daniel Tarullo, gouverneur de la Fed, a annoncé sa prochaine démission de la banque centrale américaine.

Si cela pourrait n’être qu’un désaccord parmi d’autres en cette période de changement de gouvernement aux Etats-Unis, cette démission laissera des traces.

En effet, Daniel Tarullo, ami proche de Barack Obama est le Monsieur Régulation de l’institution américaine.

Pourquoi un tel geste ?

Cette annonce intervient une semaine après la signature par le nouveau président américain d'un décret ordonnant une révision de la régulation du secteur financier aux Etats-Unis. Il quittera ses fonctions « le ou autour du 5 avril ». Son mandat devait en principe s'achever le 31 janvier 2022.

Qui est Daniel Tarullo ?

Daniel Tarullo a rejoint la Fed en 2009 et a contribué à réformer la réglementation après la crise financière et une profonde récession. La présidente de la Fed, Janet Yellen, a immédiatement évoqué le rôle majeur joué par Daniel Tarullo dans la création d'un nouveau cadre réglementaire et ses contributions inestimables (dans le texte) à la politique monétaire de la Fed. Outre les travaux sur la réglementation, Tarullo est aussi un membre votant du comité de politique monétaire de la Fed. Daniel Tarullo et Janet Yellen n’ont cessé de clâmer haut et fort que la loi Dodd-Frank (n’hésitez pas à nous demander notre récente analyse sur le sujet) de régulation du secteur financier américain adoptée en 2010, ne devait pas être allégée car elle avait contribué à réduire les risques au sein du système financier.

Qui sera le prochain membre ?

L'administration Trump a déjà fait savoir qu'elle nommerait un nouveau gouverneur de la Fed chargé de la réglementation financière, (titre non-officiel de Daniel Tarullo). Le nouveau gouverneur n'a pas encore été nommé mais David Nason, actuellement PDG d'une filiale financière de General Electric et ancien responsable au secrétariat aux Finances, tiendrait la corde.

Conclusion

A la Fed, il y a en principe sept gouverneurs. Mais seulement cinq, y compris Daniel Tarullo, y siègent actuellement car deux postes sont vacants. L'actuelle administration de Donald Trump est donc en mesure de désigner dans les prochains mois trois gouverneurs, dont la nomination devra toutefois être acceptée par le Sénat américain.

Si le nouveau président est en mesure d’imposer ses amis à la Fed, nous pouvons aisément conclure que c’est le secteur bancaire qui devrait continuer d’en bénéficier. Des élus démocrates ont d’ailleurs indiqué que …. Goldman Sachs serait un important bénéficiaire de ces efforts de dérégulation du secteur financier.

Attention toutefois à ne pas utiliser la mémoire courte car les excès ne remontent qu’à 9 ans….

Le Donald Trump allemand

Les derniers sondages se suivent et se ressemblent. Le Parti social-démocrate allemand (SPD) réduit un peu plus l'écart avec les conservateurs de la CDU-CSU de la chancelière Angela Merkel qui demeurent en tête des intentions de vote à 7 mois des élections législatives en Allemagne.

Le SPD, qui a désigné l'ancien président au Parlement européen Martin Schulz pour briguer la chancellerie, obtiendrait 32% des suffrages si le scrutin avait lieu aujourd'hui, indique une enquête de l'institut Emnid pour le Bild am Sonntag.

Les sociaux-démocrates ne comptent plus qu'un point de retard sur les chrétiens démocrates crédités de 33% des intentions de vote. Ce résultat marque une progression de trois points pour le SPD par rapport à un sondage publié la semaine passée et cela constitue son meilleur résultat depuis 2006.

Dans un face à face direct, Martin Schulz l'emporterait face à Merkel par 46% contre 40% (voir notre scénario qui ne devient plus si fictif que ça sur la victoire de Martin Schultz).

Signe de la nervosité du parti politique d’Angela Merkel, le ministre des finances Wolfgang Schauble vient de déclarer que Martin Schulz se comportait de plus en plus comme … Donald Trump ! Ce qui semble assez surprenant car le leader du SPD ne ratisse pas sur les mêmes terrains que l’américain.

En effet, lors de son premier grand discours de campagne Martin Schulz a promis justice sociale et fermeté contre la droite nationaliste et … Donald Trump accusé d'avoir brisé un tabou avec son projet de mur anti-migrants.

On comprend bien que les coups bas et les accusations de toute part vont commencer à pleuvoir ces prochains mois….

Le cygne gris

Dire que l’avenir de la Grèce pourrait perturber les marchés financiers en 2017 et précipiter la zone euro dans une nouvelle crise est lassant, rébarbatif et presque évident.

Cependant un nouveau scénario de défaut n’est pas encore consensuel puisque les investisseurs sont plutôt focalisés sur les futures élections au Pays-Bas, en France et en Allemagne.

Après les récentes déclarations du ministre des finances allemands Wolfgang Schauble concernant le fait que la Grèce n’avait qu’à quitter la zone euro, la tension est encore montée d’un cran ce week-end.

Alexis Tsipras a en effet répété que son pays n'accepterait aucune exigence « illogique »" de ses créanciers. Il a notamment conseillé à toutes les parties prenantes d'être plus prudentes envers un pays qui a été pillé (dans le texte) et un peuple qui a fait et continue de faire tant de sacrifices au nom de l'Europe.

Il a aussi accusé le FMI de se comporter lâchement et d'imposer de nouvelles exigences à la Grèce, absurdes, imaginaires, irréelles, peu importe, tant qu'elles permettent de faire croire que la Grèce était responsable de la décision déjà prise par le Fonds de ne pas financer le troisième plan d'aide à la Grèce.

Rappelons que l'Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI) demandent à la Grèce des nouvelles réformes représentant 1,8 milliard d'euros, l'équivalent de 1% du PIB, d'ici 2018 et 1,8 milliard supplémentaire après 2018, des mesures censées privilégier l'élargissement de l'assiette fiscale et la réduction du coût du système de retraites.

Un accord entre Athènes et ses créanciers faciliterait grandement le remboursement de 7,2 milliards d'euros de dettes publiques arrivant à échéance en juillet.

Les flux

Dans ces périodes de nouveaux records pour les indices américains, il est très intéressant de suivre la variation des flux. L’excellente étude de Bank of America Merrill Lynch (BAML nous apporte cette semaine plusieurs éléments intéressants sur la semaine écoulée.

Les investisseurs internationaux ont en effet favorisé les actions, les marchés émergents et les emprunts des entreprises, continuant de jouer le scénario de reflation associé aux promesses de relance de Donald Trump, susceptibles également de doper les actions américaines.

Les analystes de BAML notent que les flux montrent nettement que le rallye de reflation continue de mener la danse sans faiblir. En détail, les investisseurs ont injecté 6,3 milliards de dollars dans des fonds actions au cours de la semaine au 8 février, ces derniers étant en situation de collecte nette pour la sixième semaine d'affilée.

Si les fonds spécialisés dans les actions américaines ont globalement subi des sorties de capitaux, au sein de cette catégorie, les fonds orientés Value ont au contraire enregistré des entrées de 1,9 milliard de dollars, tandis que les fonds actions japonaises bénéficiaient d'un afflux de 3,4 milliards de dollars, le plus élevé depuis le 8 novembre 2016.

Les fonds de pays émergents ont également attiré l'argent des investisseurs, les fonds de dettes émergentes récupérant 2,5 milliards de dollars et les fonds spécialisés dans les actions de ces marchés un milliard de dollars. Ces deux types de fonds ont enregistré au total une collecte nette de 11 milliards de dollars depuis le début de l'année, période durant laquelle l'indice de référence des fonds actions émergents MSCIEF a atteint un pic de cinq mois.